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Histoire(s) de la Dernière Guerre / collectif

En réponse à -3 -2
-1Le retour... de 

Totalement inexact de Nicolas Bernard le dimanche 04 octobre 2009 à 18h55

La thèse d'"Ollivier", à savoir que le compte-rendu de la conférence tenue par Hitler le 5 novembre 1937 rédigé par un l'attaché militaire du dictateur, Friedrich Hossbach, et tel que produit au procès de Nuremberg serait un faux, ne repose sur rien, ne serait-ce que parce qu'une copie réalisée en 1943 dudit compte-rendu, saisie en 1945 par les Britanniques, et déclassifiée de leurs archives en 1989, révèle la totale correspondance entre les deux versions. Bref, le document cité à Nuremberg, d'ailleurs authentifié par Hossbach lui-même, est parfaitement authentique, et le contester est totalement ridicule.

Le second angle d'attaque d'"Ollivier" (cumulé avec le premier alors qu'il le contredit, on n'est jamais trop prudent...), est de soutenir que le document a altéré la teneur de la conférence du 5 novembre 1937, Hossbach étant lui-même assimilé à "un opposant à Hitler, très proche du général Beck et de l'amiral Canaris qui, à l'époque, préparaient un coup d'Etat destiné à renverser Hitler".

Or, l'assertion est tout aussi fausse.

Pour rappel, le compte-rendu d'Hossbach a été enregistré aux archives du Ministère allemand des Affaires étrangères le 10 novembre 1937. Hossbach l'a également présenté au Generaloberst Beck dans le même laps de temps, à tout le moins avant le 12 novembre 1937 (Peter Hoffmann, La Résistance allemande à Hitler, Balland, 1984, p. 61-62).

A en croire "Ollivier", 1) il existait donc, avant la première semaine de novembre 1937, une conjuration préparant un coup d'Etat contre Hitler, 2) Hossbach en faisait partie.

Ce qui est manifestement inexact.

Je passe sur la seconde affirmation, réfutée depuis longtemps, et renvoie le lecteur à mon article, qu'"Ollivier" a cru bon de contester en usant d'un procédé usé jusqu'à la corde, et qui se passe de commentaires : "Faute de temps, je ne peux relever toutes les erreurs de la contribution de Bernard". Naturellement, aucune desdites "erreurs" ne sera décortiquée, voire même exposée (et l'on risque d'attendre longtemps).

Ne perdons donc pas de temps, et revenons à la première affirmation : existait-il une conspiration suffisamment organisée en 1937 pour planifier un coup d'Etat contre le Führer ? La réponse, formulée par tous les documents, par tous les témoins, par tous les historiens, est unanime : non. D'après Peter Hoffmann lui-même, "il semble qu'on ait commencé à discuter dans le détail d'un coup d'Etat dans les derniers jours d'août [1938]" (op. cit., p. 115). Ce n'est qu'à l'occasion de la crise des Sudètes, en effet, que la conjuration va élaborer sérieusement son projet de putsch - non sans appréhensions et réticences (op. cit., p. 113-133).

La conjuration de 1938, regroupant quelques politiciens, tels Gördeler, et des militaires démissionnaires (Beck) ou en poste (son successeur à l'état-major de l'armée de terre, Halder), avait atteint un stade de développement qui n'était qu'embryonnaire l'année précédente. Ce qui n'empêche pas "Ollivier" d'écrire : "Non seulement, les différents cercles de l'opposition entretiennent des relations étroites mais surtout une partie des plus hauts dirigeants de l'armée de terre et de l'Abwehr sont on ne peut plus clairement dans le camp de l'opposition" [en 1937, donc]. Ce qui ne répond pas à la question. Que certains haut gradés de l'Abwehr s'engagent avec le très isolé Ludwig Beck ainsi que quelques politiciens tels que Gördeler dans une stratégie d'opposition ne saurait valoir preuve de l'existence d'un vaste complot déterminé à passer à l'action en 1937 et ayant les moyens de le faire.

A ce propos, citons donc l'un de ces officiers de la conjuration, Fabian Von Schlabrendorff, l'un des auteurs de l'attentat manqué du 13 mars 1943 (Officiers contre Hitler, Self, 1948, p. 22-23) : "Lorsqu'en 1938 je regagnai Berlin, la situation avait évolué. Tandis qu'autrefois l'opposition allemande contre Hitler offrait autrefois l'image d'une mosaïque informe des forces qui avaient dirigé la politique d'avant 33, on voyait naître maintenant, sinon une organisation cohérente, du moins une action concertée où ces forces trouvaient la possibilité de se développer." Encore n'y a-t-il point de centralisation, précise Schlabrendorff : "Il existait une multitude de cercles qui, par leur action, empiétaient les uns sur les autres ; c'était tantôt l'un, tantôt l'autre qui passait au premier plan." (ibid.) Bref, ce n'est qu'en 1938, après la conférence du 5 novembre 1937, que se met en place une opposition davantage structurée et unifiée (voir également Gerd R. Ueberschär, Für eine anderes Deutschland. Der deutsche Widerstand gegen den N.S.-Staat 1933-1945, Fischer Verlag, 2006, p. 32-34).

S'agissant du projet de coup d'Etat, élaboré avec l'appui d'une partie de l'O.K.H. (dont le Generaloberst Halder, chef d'état-major de l'armée de terre, et successeur de Beck à ce poste) à partir du mois d'août 1938, "Ollivier" ajoute cette perle : "les conjurés militaires n'ont aucunement l'intention de prévenir une invasion de la Tchécoslovaquie puisqu'ils comptent justement sur une déclaration de guerre à l'Allemagne par les puissances occidentales consécutive à l'invasion de la Tchécoslovaquie pour réaliser leur coup d'Etat."

On sait en effet que le plan des conjurés militaires était de frapper sitôt l'ordre d'attaque de la Tchécoslovaquie formulé par Hitler, et que les civils (notamment Gisevius) ne souhaitaient pas attendre plus longtemps, recommandant une action intervenant plus tôt (voir Peter Hoffmann, op. cit., p. 118-120 et 132-133, ainsi que Joachim Fest, La Résistance allemande à Hitler, Perrin, 2009, p. 84). Devait-on agir avant l'ouverture du conflit ? Initialement, oui chez les conjurés de l'armée (Gerhard Ritter, Echec au dictateur, Plon, 1956, p. 121) mais l'hypothèse sera mise en débat. Finalement, l'opération prévue était posée, comme l'écrit Fest, par l'alternative "entre la guerre et le coup d'Etat" (op. cit., p. 84). Dans la version définitive du projet, il s'agissait d'agir avant le déclenchement du conflit par Hitler, mais après l'acquisition de la certitude que le dictateur oserait sauter le pas, de manière à prévenir l'invasion de la Tchécoslovaquie et donc la guerre avec les puissances occidentales (Ueberschär, op. cit., p. 38). D'après Hoffmann (op. cit., p. 119), Halder, cheville ouvrière du plan chez les militaires, "semblait néanmoins prêt à s'opposer à une guerre, et cela avant le début des hostilités", après avoir envisagé d'agir après la déclaration de guerre. Finalement, "il envisageait de donner le signal de la rébellion dès que Hitler donnerait l'ordre de marche" (ibid.). Ce sera l'option retenue.

De fait, le 27 septembre 1938, les conjurés, tant militaires que politiques, avaient obtenu confirmation de la volonté de Hitler de lancer l'offensive, et allaient intervenir le lendemain 28 ou le 29 septembre, avant l'attaque qui devait se déclencher le 30 - nonobstant d'ultimes scrupules de Von Brauchitsch, chef de l'O.K.H. (voir Peter Hoffmann, op. cit., p. 132-133 et William Shirer, Le Troisième Reich. Des origines à la chute, Stock, p. 441-442). L'acceptation par Hitler, à la dernière minute, de la médiation italienne, ôtera toute volonté d'agir aux conspirateurs de l'armée.

L'affirmation d'"Ollivier" selon laquelle les conjurés passeraient à l'action après le déclenchement des hostilités est donc, elle-aussi, erronée.

En toute hypothèse, ce n'est qu'en 1938, pas en 1937, qu'un tel projet de putsch sera élaboré et prêt à intervenir. La conférence du 5 novembre 1937 aura contribué à inquiéter les généraux allemands sur les volontés expansionnistes de Hitler. Les déclarations de ce dernier ce jour là ne constituent donc nullement l'invention d'une conjuration qui ne se mettra véritablement en oeuvre... que l'année suivante. Elles contribuent en revanche à en être l'un des facteurs déclencheurs.

*** / ***

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