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Edition du 22 décembre 2009 à 21h44

Vichy dans la "Solution finale" / Laurent Joly

En réponse à -4 -3 -2
-1Question de Boisbouvier

Erreurs à la chaîne ! de Nicolas Bernard le mardi 22 décembre 2009 à 21h40

> Sur quoi se base Poliakov pour dire cela ?

Sur l'évidence : sauf à être parfaitement imbécile ou de mauvaise foi, on n'envoie notamment pas des enfants en Pologne, séparés de leurs parents, pour les astreindre au travail forcé.

Par ailleurs, le simple fait d'interner les Juifs dans des camps d'internement, de Drancy au Vel' d'Hiv', devrait susciter chez vous quelques interrogations - voir mon article, ainsi que celui-ci, qui rappelle le sort infligé aux enfants juifs déportés




> Comment Laval aurait-il pu savoir en juillet 42 ce que
> tout
> le monde(ou presque) ignora jusqu'en avril 45 ?
> Churchill, Roosevelt,

Foutaises. De nombreux travaux d'historiens ont pu déterminer que les Américains et les Britanniques avaient eu les moyens de déterminer la réalité et l'ampleur du génocide - voir Richard Breitman, Official Secrets. What the Nazis planned, what the British and Americans knew, Hill & Wang, 1998 (trad. française : Secrets officiels, Calmann-Lévy) ; Laurel Leff, Relégué en page 7. Quand le New York Times fermait les yeux sur la Shoah, Calmann-Lévy, 2007 ; Martin Gilbert, Auschwitz and the Allies, Pimlico, 2001 ; David S. Wyman, L'Abandon des Juifs. Les Américains et la Solution finale, Flammarion, 1987 ; Walter Laqueur, Le Terrifiant secret. La Solution finale et l'information étouffée, Gallimard, 1981 ; Arthur Morse, Pendant que six millions de Juifs mouraient, Robert Laffont, 1968 ; David Bankier (dir.), Les Services secrets et la Shoah, Nouveau Monde Editions, 2007.




> De Gaulle,

Comme je l'ai déjà montré ici et , la Résistance était pourtant bien informée, dès 1942, sur le sort des Juifs déportés.




> Staline,

Foutaises. Le gouvernement soviétique a vite dénoncé les atrocités perpétrées par les nazis à l'Est. Contrairement à une idée reçue, la spécificité antisémite des massacres n’a pas totalement échappé aux autorités, et n'a pas toujours été passée sous silence (même si le Kremlin préfère souvent l'occulter). Un Comité antifasciste juif a ainsi été mis sur pied, pour acquérir le soutien financier des Juifs à l’étranger (!), et surtout dénoncer les meurtres de masse commis par les Allemands - cette mission sera à l'origine de l'élaboration d'un Livre noir par ce Comité, qui sera finalement interdit de publication en U.R.S.S.

Ce Comité prêtait en effet le flanc à la critique, en particulier vers la fin de la guerre, dans la mesure où il incarnera de plus en plus les revendications liées à la souffrance juive, à la vive inquiétude des "chargés de communication" soviétiques. Ces derniers, en effet, redoutaient que l'insistance sur la dimension juive de la catastrophe génocidaire pouvait faire le lit de la propagande allemande, encline à dénoncer le "judéo-bolchévisme". Paradoxalement, le Comité aura été trop efficace, dans son souci de désigner la spécificité du génocide. Il sera disloqué, ses membres arrêtés, quelques années après la guerre. Sur tous ces points, voir Antonella Salomoni, L'Union soviétique et la Shoah, La Découverte, 2008 ; Jean-Jacques Marie, L'antisémitisme en Russie. De Catherine II à Poutine, Tallandier, 2009, notamment p. 267-326.



> Pie XII,

Ah bon ? Le Vatican, sans être le premier ni même le mieux informé, a pu déterminer dès le second semestre 1941 que des massacres antisémites de grande ampleur étaient à l'oeuvre dans les territoires soviétiques occupés, avant de réaliser que ce génocide allait être effectué à l'échelle européenne. Il est vrai que le Vatican n'avait pas les moyens de réunir autant d'informations que les Alliés, occidentaux et soviétiques - voir, sur cette problématique, l'étude nuancée de David Alvarez, "Le meilleur service de renseignement d'Europe ? Les renseignements du Vatican et la Solution finale", in David Bankier (dir.), Les Services secrets et la Shoah, Nouveau Monde Editions, 2007, p. 247-278. Egalement, Pierre Blet, Pie XII et la Seconde Guerre Mondiale d'après les archives du Vatican, Perrin, 1997.

Un seul exemple permettra de déterminer que le Vatican avait réussi à cerner l'essentiel de la tragédie. Le 7 avril 1942, Giuseppe Burzio, chargé d'affaires du Saint-Siège en Slovaquie, met en garde le gouvernement fantoche local qui participe aux déportations de Juifs depuis le mois de mars 1942 : "Votre Excellence est assurément au courant des tristes nouvelles qui courent sur le sort atroce des Juifs déportés en Pologne et en Ukraine. Tout le monde en parle. En admettant pour un instant qu'un Etat puisse ne pas tenir compte du droit naturel et des exigences du christianisme, il ne me semble pas qu'il puisse, et pour son prestige, et pour le bien futur de la nation, se désintéresser de l'opinion publique internationale et du jugement de l'Histoire." (cité in Blet, op. cit., p. 198)



> la
> Croix
> Rouge,

Ben voyons. Selon L'historien Jean-Claude Favez, "il est certain que, si tous les membres du Comité international n'étaient pas en mesure de se faire une idée précise de ce qui se passait en Europe de l'Est en automne 1942, les principaux responsables disposaient, eux, d'assez de renseignements, d'intelligence, et d'imagination pour envisager dès ce moment les déportations et massacres dont témoignaient de plus en plus fréquemment rumeurs et récits" (Jean-Claude Favez, "1942 : le Comité international de la Croix-Rouge, les déportations et les camps", Vingtième Siècle, 1989, vol. XXI, n°21, p. 47-48).




> Albert Einstein, Raymond Aron, Robert Badinter...

Pourtant, Anne Frank note dans son Journal le 9 octobre 1942 : "Nous n’ignorons pas que ces pauvres gens [les Juifs raflés] seront massacrés. La radio anglaise parle de gazages ["De Engelse radio spreekt van vergassing"]... Peut-être est-ce encore le meilleur moyen de mourir rapidement. J’en suis malade..."

Mais il est vrai que vous avez contesté l'authenticité du Journal d'Anne Frank.



> Tous ces gens-là auraient eu tout intérêt à hâter la fin
> de la guerre en révélant au monde sur leurs radios
> respectives la démesure quasi démentielle du Führer.

Précisément. Contrairement à une légende tenace, les Alliés n'ont pas gardé le silence sur le sort des Juifs déportés, même si l'effort aurait pu être encore plus considérable - voir à ce titre Peter Longerich, "Nous ne savions pas". Les Allemands et la Solution finale 1933-1945, Héloïse d'Ormesson, 2008, et Adam Rayski/Stéphane Courtois, Qui savait quoi ? L'extermination des Juifs, 1941-1945, La Découverte, 1987.

Laurel Leff, dans une étude fascinante consacrée au rôle du New York Times dans la diffusion de l'information sur la "Solution finale", insiste sur plusieurs facteurs qui conduisent les Occidentaux à ne pas accorder officiellement à la Shoah l'importance majeure qui est la sienne au cours du conflit. De manière générale, et ce calcul se retrouve aussi bien au Vatican qu'à la Croix Rouge ou encore à Moscou, les rédacteurs du N.Y.T. ont, passé le premier sursaut d'incrédulité, cherché à ne pas insister sur la spécificité juive des atrocités allemandes, de manière à ne pas nourrir la propagande allemande dénonçant le complot "judéo-bolchévique", outre que des déclarations fracassantes ont été jugées moins efficaces que des opérations de sauvetage menées en coulisses.




> Qui peut croire que l'obéissance du corps des officiers
> de la Wehrmacht aurait été la même après de telles
> révélations ?

Pfff... La Wehrmacht est totalement impliquée, et depuis belle lurette, dans les persécutions et les massacres antisémites. Pas le temps de ressortir tous les titres allemands de ma bibliothèque - voir, pour une excellente synthèse de l'historiographie allemande sur ce thème, Wolfram Wette, Les crimes de la Wehrmacht, Perrin, 2009.

*** / ***

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1 Ne pas donner prise à la propagande de l'ennemi de Boisbouvier 23 déc. 2009 06h23
2 La dénaturation de mes propos ne vous rend pas plus crédible de Nicolas Bernard 23 déc. 2009 10h11

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