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Edition du 03 mars 2013 à 15h41

Réplique à l'amiral de Gaulle / Collectif

En réponse à
-1Je ne sais pas si j'irai jusqu'au bout ... de Jacques Ghémard

“ Réplique à l’amiral ”. Chapitre 1er de Serge Desbois le dimanche 01 août 2004 à 17h09

L’amiral a écrit page 376: “ le lieutenant-colonel Pétain …aurait été mis à la retraite...si la Grande Guerre ne l’avait pas fait automatiquement promouvoir colonel”. Il y a un soupçon de vrai là-dedans mais ce n’est pas tout à fait exact. Nous pouvons nous demander quel crédit accorder au livre du fils du général De Gaulle si des inexactitudes nombreuses sont susceptibles de se répéter tout au long de ses centaines de pages. Quelques unes dont certaines sont indiscutables, ont été relevées dans la préface du livre “ Réplique…” par le petit-fils du général Giraud .

D’ailleurs un fils peut-il écrire un livre d’histoire objectif sur un père illustre puisqu’il est moralement bridé. Michelet, le promoteur de l’Histoire moderne qui essaye de rechercher la vérité à tout prix ne disait-il pas : “ le respect tue l’Histoire”.

À l’inverse, le général Le Groignec qui fait la réplique à l’amiral au chapitre 1er page 40, a tendance à enjoliver la carrière militaire de Pétain avant 1914.

En effet, il faut bien reconnaître que Pétain avant 1914 avait eu un avancement très moyen bien qu’il eut occupé des postes importants à partir de 1900 : professeur adjoint à l’ École de guerre, puis titulaire de la chaire, auditeur du centre des hautes études militaires.

Certes à cette époque un lieutenant pouvait attendre 12 ans avant de passer capitaine, qui lui pouvait attendre 15 à 20 ans avant d’arriver commandant. Il n’était pas rare qu’un saint-cyrien prenne sa retraite avec ce grade. Pétain a été nommé colonel le 31 décembre 1910 à l’âge de 54 ans. C’était tard pour un officier qui avait la responsabilité de participer à l’élaboration de la doctrine pour la prochaine guerre si nous comparons avec ses contemporains en particulier ceux qui étaient couverts de la gloire coloniale : Gallieni (colonel à 43 ans), Joffre ( colonel à 45 ans ), Franchet d’Esperey (colonel à 47 ans), Lyautey( colonel à 46 ans) et même ceux qui n’avaient pas bougé de la métropole comme Pétain, Foch ( colonel à 52 ans).

C’est qu’en effet Pétain était un cas. Au mépris de son avancement, et ceci est plutôt un versant sympathique du personnage, lors des entretiens avec ses supérieurs aussi bien qu’avec ses subalternes, il avait l’habitude de sortir de son mutisme qui lui était habituel, en“balançant” des réparties désagréables vers ses interlocuteurs. La plupart des généraux l’avaient dans le collimateur d’autant plus qu’il contestait leur doctrine sur le plan militaire dont il était qualifié d’hérétique ( Paul valéry). Ce comportement était appelé “ la balançoire” qu’il gardera jusqu’à la fin de ses jours y compris vis à vis de son entourage à Vichy. Finalement ce bon grand-père d’allure débonnaire était dans l’intimité assez antipathique. Seul l’avait en amitié le général Franchet d’Esperey qui était allé plaider sa cause au ministère au début 1914. Le ministre de la guerre Messimy lui avait dit que tant qu’il serait ministre, jamais Pétain ne deviendra général.

Arrive la limite d’âge de colonel, 58 ans le 24 avril 1914. Il se prépare à la retraite. Sans doute il va acheter une ferme dans son pays de Saint-Omer car il a un vieux compte à régler avec lui-même et les siens. En effet sa mère étant décédée peu après sa naissance, son père lui a donné sa part avec laquelle vont être payées ses études lorsqu’il va quitter sa famille à l’âge de 11ans pour toujours, pour rentrer dans un collège religieux. Antoine Pétain, fils du 2ème lit, né en 1861, héritera de la ferme. Henri-Philippe (car il ne se prénomme pas Philippe), n’a pas aimé. Un jour il en aura une, une ferme quand il sera “ chef de l’État ”, à Villeneuve Loubet. Mais une ferme comme il se l’imaginait en 1860 avec 2 ou 3 vaches et quelques poulets et qui fera faillite car déjà au milieu du 20 ème siècle, les temps avaient changé en 80 ans. La ferme de papa n’était plus viable.

Avril 1914. Pétain était destiné à devenir un colonel en retraite parfaitement inconnu des historiens et de tous les Français. Et voilà qu’une note du ministre bloque tous les départs en retraite car les bruits de botte des Prussiens comme on continuait à dire depuis 1870, sont de plus en plus perceptibles.
Et puis encore après, c’est la ruée sur la Marne, Joffre et le pouvoir politique se fâchent : il faut éliminer une centaine de généraux du temps de paix parfaitement incapables. Joffre relève de leur affectation à partir du 2 août 1914, 2 généraux d’armée, 9 généraux de corps d’armée, 38 généraux de division. Quant aux généraux de brigade, ils ne sont pas comptés…Ils sont affectés pour la frime à Limoges. Les Français créent immédiatement un nouveau mot :“ limoger”.

Et c’est alors la formidable aspiration des colonels au grade de généraux. Pétain en quelques mois passe de colonel à général de brigade puis de division. En 1917, il sera général d’Armée et commandant en chef. Ce non-conformiste avait tout de même atteint le sommet à la suite de circonstances heureuses pour lui.

En conclusion cet homme a toujours été “ trop vieux”, trop vieux colonel, trop vieux Maréchal. En 1931, à 75 ans, Pétain grand patron de l’Armée française “rend son tablier”, trop vieux. Le pouvoir politique ne savait pas quoi faire de lui et le nomme inspecteur général de …la défense aérienne du territoire.

Trop vieux en juin 1940, l’assemblée du front populaire élue en 1936 lui refile le bébé, à lui âgé de 84 ans alors qu’il n’a plus qu’une heure de lucidité par jour et qu’il pense comme un homme du 19ème siècle. A-t-on déjà vu depuis 2000 ans, un grand pays subissant un désastre terrible comme celui qui s’est abattu sur la France en 1940, gouverné par un homme de 84 à 89 ans !

Trop vieux en 1945 pour intégrer sa condamnation à mort. Rencontrant un homme de justice en sortant du prétoire qui se présente : “ Mr. Amor ”. “Tiens, réplique Pétain, à mort comme moi ”. Mais ceci est-il vrai ?

Entre autres références, le meilleur bouquin à mon avis, parmi la centaine écrits sur Pétain : “ Un certain Philipe Pétain ” par Pierre Bourget. Édition Castermann, 1966.

*** / ***

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