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Pétain - Trahison ou sacrifice ? / Michel Boisbouvier

En réponse à
-1Quatre fois réfuté de Boisbouvier

Réfutation par les faits ? Ben voyons ! de Nicolas Bernard le mardi 12 janvier 2010 à 11h40

> Ils sont patents.

Ils sont surtout déformés par l'ex-anonyme. Qui répète les mêmes inepties constamment réfutées, comme je vais le rappeler, liens html à l'appui.




> Les habiles négociations

Rappel de la réalité.





> menées par Bousquet le 7 mai 42
> à l’Hôtel Ritz avec Heydrich,

Il n'y a eu aucune "habile négociation" : les Allemands étaient résolus, avant de rencontrer Bousquet, de laisser à Vichy le contrôle de sa propre police. Bref, Bousquet n'a obtenu que ce que les nazis étaient déjà disposés à accorder.





> puis le 2 juillet 42 avec Oberg et Knochen au 72 avenue
> Foch,

C'est cette négociation qui consacre la collaboration de Vichy à la "Solution finale" !




> les accords d’août 42 appelés accords Bousquet –Oberg
> rendant son autonomie à la police française de zone
> occupée,

1) La police française avait conservé une réelle autonomie en zone occupée, sauf en matière de sécurité des troupes d'occupation (et la Judenfrage n'en relevait nullement) !

2) Ces accords du mois d'août ont été violés au bout de quelques jours par l'occupant !




> les refus réitérés de Laval en septembre 42

Rappel de la réalité - voir également cet article.



> et tout au
> long de l’année 43 de dénaturaliser des catégories de
> Juifs récemment installés sont des faits historiques que
> personne ne peut nier.

Rappel de la réalité.




> Les annotations des Allemands ou de certains
> collaborateurs parisiens sur des lettres de Laval où il
> refuse ces dénaturalisations sous divers prétextes disent
> mieux que tout la protection apportée par le gouvernement
> de Vichy : « renardise », « quand l’insolence devient une
> méthode ».

Là encore, l'ex-anonyme se moque allègrement de la chronologie. Ce mécontentement allemand intervient en août 1943, après que Laval, douché par les revers subis par l'armée allemande sur tous les fronts (Koursk, débarquement en Sicile, chute de Mussolini) a abandonné son projet initial de dénaturaliser les Juifs français ! (rappel des faits ici)

Quant aux mentions de "renardise" et d'"insolence", elles ne figurent que sur un seul document allemand, le rapport de Röthke, représentant d'Adolf Eichmann (chargé de la "question juive" au R.S.H.A.) en France, en date du... 15 août 1943 :

Le S.S. Hauptsturmführer Geissler ainsi que le soussigné se sont rendus dans la matinée du 14 août 1943 auprès de Bousquet et ensuite auprès de Laval, pour conférer avec tous les deux sur les détails de la publication de la loi projetée.

1. - Entretien avec Bousquet. Bousquet, qui devait quitter Vichy le jour même, et qui se rendra à Paris le 16 août, a déclaré que Laval lui avait fait récemment de violents reproches, parce qu’il lui avait fait signer un second projet de loi (le projet Darquier). Bousquet aurait alors rétorqué au Président qu’il ignorait tout d’un second projet. Il connaît, il est vrai, le premier projet, signé par Laval et Gabolde, qui est en sa possession. Au sujet de la publication, il ne pouvait rien dire, cette question étant de la compétence de Laval. (Bousquet a également fait observer qu’on avait insisté auprès de lui pour qu’il fasse reprendre leurs armes aux gardes champêtres et gardes - moissons. Une proposition aurait été faite dans ce sens par le général von Neubronn. Lui, Bousquet, considérait que cette mesure était très dangereuse, étant donné que dernièrement, il y avait eu de nombreux cas de sabotage aux machines moissonneuses et des incendies de silos.)

2. - Entretien avec Laval. Le S.S. Hauptsturmführer Geissler et le soussigné ont conféré de 12 h 30 à 13 h 30 avec Laval. En outre, Guérard et le chef de cabinet de Bousquet assistaient à cette conférence. Laval, questionné au sujet de la situation, a déclaré ce qui suit :

Pétain avait pris connaissance des projets de loi. Il avait été très irrité d’apprendre que, conformément à l’un des projets, les femmes et les enfants seraient dénaturalisés eux aussi. Maintenant, Pétain voulait voir les originaux des deux projets. (Le projet Bousquet avait été rapporté par son chef de cabinet. Le projet Darquier, que Laval prétend avoir fait chercher pendant trois jours à Paris et à Vichy, a été enfin "retrouvé" par un secrétaire de Laval, pendant notre conférence, lorsque Laval lui eut demandé à trois reprises de chercher sérieusement).

Nous avons dit à Laval que nous désirions que le projet Bousquet soit publié d’urgence, et que je devais faire un rapport au BdS qui m’avait envoyé à Vichy à ce sujet.

Laval a déclaré alors ce qui suit :

a) Il n’avait pas songé, en signant le projet, que nous arrêterions en masse les Juifs touchés par la loi. Or, récemment le BdS le lui avait déclaré expressément. [note manuscrite de Knochen : "C’est typique. C’est le but de la loi, le renard le sait depuis longtemps"]

J’ai répondu à Laval que les ordres du Führer concernant la Solution finale de la question juive en Europe étaient sans équivoque. A ma connaissance, il avait été convenu, il y a un an, que la solution de la question juive en France aurait lieu par étapes. Voici une année, il avait également été question de la dénaturalisation des juifs naturalisés en dernier lieu, aux fins de leur arrestation et de leur déportation.

b) Laval a prétendu que le projet devait encore être discuté devant le Conseil des Ministres qui aurait lieu le 17 août 1943. Plusieurs ministres le questionneraient certainement, afin de savoir dans quel but une telle loi allait être publiée. Il lui faudrait alors répondre que les Juifs touchés allaient être internés et déportés.

c) Enfin, la loi était d'une telle portée, étant donné son contenu, qu’il fallait qu’elle fût signée par le Maréchal qui, en sa qualité de chef de l’Etat, avait seul le droit d’ordonner les naturalisations et les dénaturalisations. En outre le Maréchal s’intéressait déjà à ces lois ; il fallait donc qu’il en confère d’urgence avec le Maréchal.

Le S.S. Hauptsturmführer Geissler a répliqué à Laval que celui-ci avait signé lui-même les deux projets et qu’il avait déjà fait transmettre officiellement le projet Bousquet.

A ceci, Laval a remarqué qu’il avait des tas de dossiers à signer chaque jour; en particulier, en signant le projet Darquier, il n’avait pensé à rien, croyant que tout était en ordre.

d) Pour Laval, l’obstacle principal contre toute action à l’encontre des Juifs est l’attitude des Italiens. Il avait toujours pensé que nous pourrions déterminer les Italiens à changer d’attitude dans la question juive. Jusqu’à ce jour, rien n’avait été fait. Il fallait comprendre qu’en tant que chef du gouvernement, sa situation était délicate en ce qui concerne les mesures contre les Juifs. En France, il y a quatre réglementations différentes en vigueur contre les Juifs :

- L’ancienne zone d’occupation avec les lois allemandes et françaises ;

- la zone sud occupée par les Allemands, avec réglementation exclusivement française ;

- la zone d’influence italienne avec réglementation française et ordonnances spéciales italiennes ;

- et les départements du Nord, relevant du secteur du Militärbefehlshaber de Belgique et du Nord de la France.

Il a été répondu à Laval que le règlement de la question juive ne concernait pas seulement la France. Quant à l'attitude des Italiens, il pouvait compter avec certitude qu'un changement interviendrait, mais que toutefois, ce n'était pas une raison pour stopper complètement la solution de la question juive en France.

e) Laval a ensuite déclaré que la loi ne devrait être appliquée que de façon à laisser aux Juifs en question un délai de trois mois pour leur permettre de faire des demandes de dérogations prévues dans le texte [note de Knochen : "L'insolence devient une méthode !"]. En conséquence les mesures de police contre les Juifs touchés par la loi devaient n’être prises que trois mois après la date de sa publication. En zone sud il ne pouvait autoriser la police française à appliquer une autre procédure.

Si, en zone ancienne d’occupation, nous agissions différemment, il serait obligé, en tant que chef gouvernement, d’élever une protestation. Il savait sans aucun doute ce que nous faisions de ses interventions... (Laval pensait évidemment, et avec raison, à la corbeille à papier.) C’est pour cette raison qu’en zone ancienne d’occupation, il ne pouvait non plus mettre la police française à notre disposition ; si nous voulions opérer avec nos propres effectifs, il ne pouvait pas s’y opposer. J’ai répondu à Laval que nous ne pouvions pas attendre un délai de trois mois. Du reste, suivant mon expérience, tous les Juifs touchés par la loi feraient, pendant ce délai, des demandes de dérogation dont l’examen exigerait un nouveau délai. D’ailleurs il devait être facile pour l’administration française d’établir quels étaient les Juifs qui avaient droit à une dérogation dans le cadre du statut du 2 juin 1941.

Laval pense qu’il ne pouvait s’agir que d’une trentaine de Juifs tout au plus. En tant que le chef du gouvernement, il sera obligé de s’en tenir à l’application exacte de la loi.

En conclusion, il faut constater que le gouvernement français ne veut plus marcher avec nous en ce qui concerne la question juive.

On peut même supposer que lors du prochain Conseil des Ministres, il y aura une telle opposition contre le projet Bousquet qu’il sera repoussé. De plus, on a l’impression que Pétain veut empêcher l’adoption de cette loi, étant donné qu’un grand nombre de Juifs ont mené une attaque en force contre ce projet.

Quelques minutes avant notre réception par Laval, celui-ci avait reçu le Juif Lambert, Président de l’U.G.I.F. en zone sud. Le Juif Lambert a déclaré au représentant de Darquier que Laval l’avait également reçu quelques instants auparavant, et "qu’il avait porté plainte" auprès du Président au sujet d’arrestation de Juifs en zone sud par des détachements de la Sicherheitspolizei (sur ce l’ordre d’arrestation contre Lambert a été lancé par télégramme).

Par ailleurs, on a l ’impression en l’espèce que Laval ne considère pas comme indésirable une intervention de Pétain. Il lui est très commode de se retrancher derrière Pétain, bien qu’il ait déclaré lors de cette conversation que tout en n’étant pas antisémite, il n’était pas non plus philosémite.

Il en est de même de la prétendue nécessité de soumettre au préalable le projet de loi au Conseil des Ministres. Il n’en a jamais été question auparavant. On a l’impression que Laval cherche par tous les moyens à empêcher la publication de la loi, et de toute manière à la retarder.

Laval fera savoir par l’ambassadeur De Brinon, mardi ou mercredi au plus tard, le résultat du Conseil des Ministres.

Il est proposé de réclamer immédiatement une compagnie de Schutzpolizei, étant donné qu’avec ou sans publication de loi sur le retrait de la nationalité française, il n’est plus possible de compter sur l’assistance à grande échelle de la police française pour les arrestations de Juifs, à moins que d’ici quelques jours ou quelques semaines la situation militaire de l’Allemagne ne change radicalement en notre faveur.


"Il faut constater que le gouvernement français ne veut plus marcher avec nous en ce qui concerne la question juive", note Röthke : ce qui signifie bien que jusqu'en août 1943, Laval avait collaboré avec l'occupant ! Ce sont les protestations de l'opinion en 1942 (voir mes articles supra) puis les défaites de l'Axe qui conduisent Laval à inverser la tendance. Ce qui, on le voit, mécontente considérablement les Allemands, lesquels réalisent que la collaboration en matière de "question juive" subit un coup très net, et qu'ils ne pourront compter aussi facilement qu'avant sur l'Etat français. Preuve que si Vichy avait agi plus tôt, dès 1940, les Allemands n'auraient jamais pu déporter et assassiner 75.000 Juifs de France.

Les Allemands ne vont pas pour autant se débarrasser de Pétain et Laval. Ils ont encore leur utilité en d'autres matières : maintien de l'ordre, déportation des travailleurs forcés. Preuve que les dirigeants vichystes n'avaient rien à craindre en cas de refus de collaborer à la "Solution finale".

*** / ***

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