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Pie XII et la Seconde Guerre mondiale / Pierre Blet s.j.

En réponse à -13 -12 -11 -10 -9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2
-1Mais ce sont des otages ! des monnaies d'échange ! de françois delpla

Heydrich, Oberg, Laval, Bousquet de Nicolas Bernard le lundi 11 juin 2007 à 11h39

Sinistre jeu de dupes que les négociations entre Heydrich, Bousquet, Oberg, Laval de 1942.

Heydrich voulait renforcer l'emprise de l'Allemagne sur la France de Vichy, tout en améliorant la sécurité des troupes d'occupation en clarifiant le régime administratif très bordélique issu de 1940, au profit du R.S.H.A.. Oberg l'assistait dans cette entreprise, sachant qu'il fallait aussi obtenir le soutien de Vichy dans l'arrestation et la déportation des Juifs.

Laval, de son côté, avait une conception globalisante de sa politique. Il avait refusé de se lancer dans des tentatives de collaboration militaire, primo parce que Darlan avait essayé, et échoué, et secundo parce qu'il ne voulait pas non plus commetre l'irréparable et s'aliéner les Alliés, du moins si j'en crois Paxton (La France de Vichy, Seuil, 1973) et Fred Kupferman (Laval 1883-1945, Flammarion, 1988). Dingue mais authentique : il croyait encore pouvoir manoeuvrer tout le monde et mener une Realpolitik des plus moralement répréhensibles.

En 1942, l'option de Laval, c'est la collaboration économique. Il met l'accent sur la loyauté, le respect de la parole donnée. Dans le même temps, il s'efforce de négocier d'arrache-pied, d'obtenir des concessions. Sacrifier sur certains domaines (les juifs, notamment) et y gagner sur d'autres (territoire, prisonniers de guerre -cf. désastreuse politique de la Relève).

Un Bousquet songe également à d'autres considérations lorsqu'il négocie, au nom de Vichy, le rôle de la police française dans la déportation des juifs. Le 29 juillet 1942, le Secrétaire général obtenait des Allemands un accord portant sur la question des otages, qui agitait la Police française depuis des mois. Les autorités militaires allemandes d'occupation en France avaient promulgué le 30 septembre 1941 le fameux "Code des Otages" qui instituait certaines catégories de personnes relevant de la notion d'otages (ainsi les Français détenus dans un service allemand - Ordonnance du 22 août 1941 - et "les Français mâles qui se trouvent en état d'arrestation pour une activité communiste ou anarchiste, auprès des services français, ou qui s'y trouveront à l'avenir"). Ajoutons ces dispositions de l'avis du 16 juillet 1942 : "Les proches parents masculins et les beaux-frères et cousins des fauteurs de troubles, au dessus de l'âge de 18 ans, seront fusillés. Toutes les femmes parentes au même degré seront condamnées aux travaux forcés. Les enfants de moins de 18 ans de toutes les personnes désignées ci-dessus seront mis dans une maison de correction."

L'accord Oberg-Bousquet du 29 juillet 1942 prévoyait en effet que la police française ne serait plus tenue de désigner des otages et qu'aucune personne appréhendée par elle ne serait l'objet de représailles de la part des autorités allemandes. Seuls les tribunaux français auraient compétence pour juger des ressortissants français suspectés de délits politiques et de délits de droit commun. Les auteurs d'attentats visant les autorités allemandes pourraient être réclamés par ces mêmes autorités. Surtout, les individus arrêtés par les Allemands ne devraient jamais servir d'otages.

Cet accord serait violé par les Allemands deux semaines plus tard. Le 5 août 1942 s'était en effet produit un attentat particulièrement sanglant commis par la Résistance. Un Hongrois, Martuneck, et deux Roumains, Copla et Cracium, avaient lancé deux grenades sur un groupe d'une cinquantaine de soldats allemands, près du stade Jean-Bouin à Paris. Bilan : 8 morts, 13 blessés. Les trois partisans furent arrêtés le 19 octobre 1942 et exécutés le 9 mars 1943.

Et le 11 août 1942, 88 personnes allaient être exécutées par les Allemands au Mont Valérien. 70 Français et 18 étrangers. 3 appréhendés par la police allemande, 67 par la police française. 9 d'entre eux avaient effectivement participé à des actions contre les autorités allemandes. Un seul avait été condamné à mort (le 27 juin 1942) par un Tribunal allemand. 57 Français arrêtés par la police française avaient commis des délits politiques. L'accord Oberg-Bousquet avait subi le sort de la navette Challenger. (voir Jacques Delarue, Histoire de la Gestapo, Fayard, p. 371-378)

Bilan : la collaboration, qui avait sacrifié les juifs au nom d'intérêts prétendus supérieurs, avait mené à l'échec. La rafle du Vel d'Hiv' s'inscrit dans ce contexte où l'amoralité le dispute à la duperie.

*** / ***

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1 A propos du "code des otages" de Francis Deleu 11 juin 2007 17h12

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