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Site personnel de F. Delpla, Historien 1939-45 / François Delpla

 

Sur ma "théorie entourant le pacifisme de Hitler" (sic) de françois delpla le dimanche 30 septembre 2007 à 19h46

C'est du Nicolas, ici

et puisqu'il me laisse le cinquantième et dernier mot de ce fil en s'abstenant de me répondre depuis une semaine, je risquerai une petite conclusion.

Le pacifisme de Hitler... Il vaut mieux en sourire.
Remarquez, je dois avouer, mais sans me couvrir la tête de la moindre cendre, que je lui ai attribué un tel sentiment contre l'avis d'autres spécialistes... vers 1905. Son camarade d'enfance Kubizek raconte dans son livre de souvenirs au début des années 50 qu'il s'était indigné que les frères Whright aient mis un fusil sur leur avion à peine inventé, en clamant que les hommes décidément ne pouvaient renoncer à donner à leurs progrès une finalité destructrice. Cela ne ressemble pas au Hitler que nous connaissons et nous ne voulons connaître que lui, ont dit la plupart des rares qui ont bien voulu commenter la chose, drivés par l'essayiste autrichien Jetzinger (un modèle d'antinazi primaire et grincheux). Pour ma part, je trouve l'anecdote crédible et intéressante.

Mais en 1940, non et non ! Coup foireux et défendu ! Tout ce que je dis, et que je suis obligé de dégager des torrents de fange qu'on a jetés sur mes propos, c'est que le très subtil manoeuvrier des années 30 n'a pu disparaître et se muer en brute aveugle et téméraire.

C'est aussi que ce providentialiste avait toutes raisons d'y croire, à sa victoire sur toutes les autres puissances par échec et mat sur le sable de Dunkerque (une paix générale et "généreuse", conclue très vite fin mai 40 sans que quiconque ait le temps de réfléchir à ses implications), puis, la présence paradoxale de Churchill à la tête de l'Angleterre ayant provoqué un contretemps, il avait toutes raisons de penser que c'était reculer pour mieux sauter et que, la City faisant les comptes, Churchill allait quitter le pouvoir fin juin-début juillet.

J'invite tous les lecteurs du débat à oublier les moments pénibles pour se concentrer sur cette leçon, qui me semble très utile : le journal de Halder, qui permet de suivre à la trace la façon dont le Führer réoriente son haut commandement vers l'est entre le 13 et le 31 juillet 1940 (un document longtemps négligé par ceux qui voulaient, pour une raison ou pour une autre, qu'il ait d'abord été battu lors d'une "bataille d'Angleterre" avant d'y songer, mais mis au centre de l'analyse notamment par Lukacs et résumé par exemple ici : ), a fait l'objet d'une mise à la question (au sens moyennâgeux du terme) pour lui faire avouer que Hitler songeait peut-être dès le mois de mai à une opération ressemblant comme une soeur jumelle à Barbarossa, calendrier et génocides inclus, et qu'en tout cas juré craché il avait branché le haut commandement sur l'affaire au plus tard le 2 juin.

Je tire de tous les éléments permettant de décrypter le jeu de cet homme, je le rappelle, très comédien et très secret (mais peu de gens, au fond, en conviennent vraiment, encore aujourd'hui, tant l'habitude est prise de le peindre en brute primaire; beaucoup, devant certaines évidences, en conviennent cinq minutes, puis rechutent dans la caricature), je tire, dis-je, de toutes les informations disponibles une impression très forte : ce grand adversaire de la guerre sur deux fronts, qui avait pris un grand risque en faisant de la chose son principal grief contre Guillaume II, change d'avis subitement quelques jours après l'agression anglaise de Mers el-Kébir. Cela, c'est une certitude, sauf si précisément des documents surgissaient, du genre de ceux qu'on a voulu à toute force faire exister, et j'ai assez bourlingué pour douter qu'il existent. Bref, pas trace d'une confidence de Hitler sur Barbarossa avant le 3 juillet, après une enquête suffisamment longue et ample pour conclure, en tenant compte aussi de la personnalité du bonhomme, de sa stratégie et de sa façon de préparer ses coups, que cette absence de trace vaut absence d'événement.

A cette affirmation nette et tranchée, je juxtapose une hypothèse qui m'intéresse, me semble tenir la route et que j'expérimente dans cet espace et quelques autres : Mers el-Kébir fait comprendre à Hitler que Churchill risque de rester un certain temps au pouvoir et il essaye de faire sortir d'un mal un bien, du point de vue nazi comme il se doit.

Le mal, c'est ce Churchill qui le prive d'un sans faute. Le bien, c'est que cet "enjuivé" lui permet d'accélérer la mutation du monde, en jouant sur une prétendue volonté juive d'encerclement de l'Allemagne. Il lui met par là en main des cartes qu'il n'aurait pas eues en cas de paix fin mai ou même fin juin. Il s'apprêtait à partir vers l'est à pas mesurés, en dosant sa violence. Il va pouvoir y aller carrément, et dresser à la dure la "race supérieure", en mouillant la moindre famille allemande dans une violence de race contre les Slaves et les Juifs.

Pacifisme de Hitler... Vraiment c'est dégoûtant, et je ne suis pas ravi d'être laissé seul devant cette imputation. Personne ne m'a lu, fût-ce un peu, fût-ce seulement sur les fils de ce site ?

Si quelqu'un est en position d'accusé, ce n'est évidemment pas Churchill -autre monstruosité faisant fi de tout ce que j'écris. Ce sont tous les autres, des nationalités les plus diverses, qui ont permis à Hitler d'approcher de si près son but.

*** / ***

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