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Pétain - Trahison ou sacrifice ? / Michel Boisbouvier

En réponse à -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2
-1Admettons ! de Jean

Le sauvetage des Juifs de France de Nicolas Bernard le vendredi 22 janvier 2010 à 20h13

"Non assistance à personne en danger ? Tous des complices du génocide ?" Pourtant, les Juifs de France purent bénéficier de l’appui de nombre de citoyens français...

Comme l'écrira Léon Poliakov en 1968, « il n’est pas facile de donner un compte-rendu de ces activités [de sauvetage], il s’agissait d’initiatives individuelles et spontanées, sans lien entre elles : de nombreux épisodes de cette épopée de fraternité et d’amour humains ne peuvent qu’échapper à tout jamais à l’historien. […] Réfléchissant à ces années et à ces tribulations, l'auteur de ces lignes croit pouvoir conclure que si les activités de sauvetage purent se poursuivre sur une si large échelle et avec relativement peu d'aléas, c'est qu'à partir de 1942 elles bénéficièrent de la complicité, au moins passive, de la grande majorité des Français, le rôle actif restant, naturellement, aux tempéraments capables d'enfreindre la loi au nom d'un impératif éthique et qui sortaient du commun. »

L’on a vu plus haut ce village de Chambon-sur-Lignon, qui servit de refuge pour près de 5.000 juifs. Au Préfet l’informant que des mesures de recensement des résidents juifs allaient être accomplies, le pasteur local, André Trocmé, aurait cette réplique restée fameuse : « Nous ignorons ce qu’est un juif, nous ne connaissons que des hommes. »

Après la guerre, les villageois de Chambon, à la question de savoir ce qui les avait poussé à agir ainsi, répondraient qu’ils n’avaient fait que suivre leur conscience. On leur demandait de l’aide ? Ils accueillaient les réfugiés. C’était tout naturel… Les Eclaireurs Israélites de France (E.I.F.) organisaient des évacuations vers les pays étrangers, réussissant le premier passage clandestin de Juifs vers l’Espagne le 22 décembre 1942. Ailleurs, d’autres laissèrent les Juifs s’enfuir, mais contre monnaie, comme ces multiples passeurs qui connaissaient bien les montagnes alpines et pyrénéennes ou les gendarmes qui daignèrent faire évader ou sortir des internés. Inutile de préciser que le risque de tomber sur des profiteurs sans scrupules doublés d’escrocs était hautement élevé.

Des réseaux se mirent en place pour venir en aide aux Juifs. Il semble que le premier réseau de ce type fut celui institué par l’Amitié Chrétienne, à la fin de 1940. Cette organisation animée par des catholiques et résidant à Lyon, avait pour objet de venir en aide aux Juifs et autres persécutés. Soutenue par les Eglises catholique et réformée, l’organisation éditait les Cahiers du Témoignage Chrétien, publication clandestine dont le premier numéro comprenait cette phrase du père Fessard, « France, prends garde de perdre de ton âme ». Dans le même temps, dans la banlieue de Lyon, l’abbé Glasberg vint en aide aux réfugiés allemands et créa des centres d’accueil destinés à leur assurer une discrète couverture par delà la vitrine légale.

Le sauvetage des enfants était, il est vrai, plus aisé que celui des adultes. Des organisations juives telles que l’œuvre de secours à l’enfance (O.S.E.), le Service d’Evacuation et de Regroupement des Enfants (S.E.R.E.) et les Eclaireurs Israélites de France décidèrent de répartir les enfants juifs dans des centres et des familles d’accueil. Elles reçurent l’aide des associations et réseaux catholiques. Ainsi à Vénissieux, où avaient été envoyés 1.100 Juifs arrêtés à Lyon en août 1942, dont une centaine d’enfants âgés de 2 à 17 ans : Vichy avait prévu d’accorder des exemptions de déportation, pour les couples ayant un enfant de moins d deux ans ou dont l’épouse était enceinte, les personnes âgées de plus de 60 ans, les intransportables. Une commission de tri fut instituée, comprenant des représentants du gouvernement de Vichy, des organisations juives (l’O.S.E. était une branche de l’U.G.I.F.), de l’Amitié Chrétienne, qui tentèrent de faire comprendre aux parents qu’ils devaient leur laisser leurs enfants. 550 personnes purent éviter ainsi la déportation, dont 108 enfants – Vichy avait annulé les exemptions, mais un agent de l’Amitié Chrétienne, Jean-Marie Sautou, avait réussi à subtiliser le télégramme annonçant la nouvelle… Alors que les enfants étaient envoyés dans un couvent de carmélites, le directeur de l’Amitié Chrétienne, le père Chaillet, était assigné à résidence à Privas. Il s’agirait là de la seule sanction prise par le gouvernement français.

La répartition des enfants dans les familles d’accueil, initiée véritablement en 1942, supposait la prise d’énormes risques de la part des responsables juifs et chrétiens. Il fallait confectionner des faux papiers, convoyer les enfants, contrôler leur évolution dans les familles ou les centres sélectionnés soigneusement… L’O.S.E. prit sur elle de rompre avec l’U.G.I.F., qui avait reçu la garde de plusieurs centaines d’enfants et qui, en tant qu’organisme officiel, était tenu de dresser des fiches destinées aux Allemands : l’Union Générale des Israélites de France avait les mains liées. L’O.S.E. pouvait compter sur les réseaux chrétiens.

La répartition des enfants juifs dans les centres et familles catholiques ne fut pas sans poser de sérieuses difficultés. Des cas de prosélytisme furent signalés – au contraire des protestants, qui s’attachèrent à respecter la foi des enfants dont ils recevaient la garde. Après la guerre, certaines familles d’accueil refusèrent de restituer « leurs » enfants aux parents d’origine – voir à cet égard la triste « affaire Finaly ». Les plus jeunes couraient le risque d’oublier leur ancienne identité – par mesure de prudence, les enfants avaient reçu des noms à « consonance aryenne » (les véritables identités étant parfois conservées par les organisations juives). Il convient cependant de ne pas exagérer le nombre de ces litiges, mais ils existèrent. Ce n’est que dans les années 60 que l’Eglise catholique renonça à la doctrine du peuple juif déicide. Cela étant, la même Eglise catholique parvint à sauver nombre d’enfants promis aux chambres à gaz. Selon Serge Klarsfeld, sur 75.721 déportés juifs de France, 10.147 avaient moins de 17 ans, soit 12,68 % des juifs de France de la même tranche d’âge (alors que 26 % des adultes furent déportés). Si autant d’enfants juifs furent sauvés, ce fut grâce à l’action de ces organisations juives, catholiques et protestantes.

Des Juifs adultes, pour leur part, ceux qui ne purent pas émigrer, ceux qui ne purent éviter l’internement, la déportation, ceux qui voulurent, d’une certaine manière, vendre chèrement leur peau et contribuer à la défaite de l’Axe, entrèrent dans la Résistance, dès 1940. On connaît le mot de De Gaulle en 1940 selon lequel il n’était entouré cette année là que des pêcheurs de l’île de Sein et des Israélites... Si des Juifs s’intégrèrent aux réseaux de Résistance, comme Raymond Samuel, plus connu sous le nom de Raymond Aubrac, ou encore l’historien Marc Bloch, qui paya son engagement de sa vie, d’autres fondèrent des réseaux et des maquis spécifiques. L’Armée juive, fondée en 1941 par de jeunes sionistes, devenue en 1944 l’Organisation juive de Combat, vint en aide aux réfugiés, aux enfants, aux autres réseaux et maquis de résistance. Le mouvement Main d’œuvre immigrée (M.O.I.), affilié au Parti communiste, recrutait de nombreux Juifs étrangers. L’on voit là que la résistance juive adoptait des motivations différentes, de l’assimilation à la nation française aux résurgences du sionisme.

Le monde de la Résistance ne résista pas à certaines ambiguïtés. Si la France libre, autour de De Gaulle, dénonça catégoriquement les premières mesures antisémites prises par le gouvernement de Vichy – Maurice Schumann, à la Radio de Londres, dès le 20 octobre 1940, fustigea cette « législation raciste, contraire à toutes nos traditions nationales et condamnée par l’Eglise » et René Cassin se répandit en imprécations le 12 avril 1941 contre la volonté nationale-socialiste de détruire « toutes les confessions, tous les principes, toute la civilisation pouvant s’opposer à la domination totalitaire » - d’autres mouvements alors en développement éprouvèrent parfois des difficultés à rompre totalement avec le Maréchal. Ainsi le mouvement qui allait devenir le prestigieux réseau Combat éditait-il clandestinement un manifeste fin 1940, n’autorisant l’accès des Juifs au réseaux que s’ils avaient combattu dans l’une des deux guerres mondiales, ce qui créait un parallèle fâcheux avec le Statut des juifs promulgué deux mois plus tôt… L’impact de la découverte de ce Manifeste à la fin des années 80 souleva une onde de choc chez les milieux d’anciens Résistants, au point que quatre membres de Combat le certifièrent faux alors que son authenticité fut depuis confirmée. Mais la Résistance, dans son ensemble, sut par la suite rattraper ces « péchés de jeunesse » qui en disaient long sur l’existence d’un courant xénophobe – même inconscient - en France à cette époque.

L’on reprocha également aux Résistants de ne pas être intervenus contre la déportation – or on sait que cette accusation n’est guère fondée. D’abord parce que de nombreux Juifs furent sauvés par les Français. Ensuite en ce que des opérations comme le déraillement des trains de déportés ou l’assassinat des leaders de la politique antisémite restaient extrêmement risquées sans forcément apporter des bénéfices militaires majeurs à la cause alliée. Les Résistants couraient d’énormes risques pour éviter les arrestations et monter des opérations clandestines. Il fallait certes gagner la guerre contre l’occupant.

En tout état de cause, comme l'écrit Serge Klarsfeld, « Vichy a contribué efficacement à la perte d'un quart des Juifs de France » mais « les Français ont puissamment aidé au salut de trois quarts des Juifs de France ».

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