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Ce que savaient les Alliés / Christian Destremau

En réponse à -13 -12 -11 -10 -9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2
-1Inexactitudes de Boisbouvier

Sur les premières déportations de 1941-1942 de Nicolas Bernard le mercredi 02 décembre 2009 à 12h08

Sur les prérogatives réelles de l'occupant, et les négociations franco-allemandes de mai-juillet 1942, voir mon article.

Quant aux premières déportations, vos affirmations sont tout aussi délirantes.

Dès 1941, Dannecker avait conçu l'idée de créer des camps d'internement en France pour les Juifs de zone occupée. Il se basait sur le fait qu'en zone libre les camps d'internement français avaient déjà regroupé 20.000 en exécution de la législation antisémite.

Dannecker parvint à imposer ses projets de "regroupement" à l'armée allemande : à dire vrai, la tâche fut bien plus difficile qu'avec Vichy (le gouvernement français ayant cédé aux demandes de l'Ambassade, par laquelle devait transiter le S.S.). Le 27 mars 1941, l'armée apprenait que le gouvernement de Vichy allait interner les Juifs étrangers de zone occupée et qu'instructions seraient données en ce sens aux Préfets : les militaires allemands se devaient donc d'appuyer la démarche des Préfets...

Paris, 14 mai 1941 : "En accord avec la Délégation générale du Gouvernement français dans les Territoires occupés et sur la demande des Autorités d'Occupation, la Préfecture de Police a procédé ce matin, sur convocation, à la concentration de ressortissants polonais juifs, âgés de 18 à 40 ans, et de ressortissants tchécoslovaques et ex-autrichiens, âgés de 18 à 60 ans. Sur 6.494 personnes convoquées, 3.747 ont été dirigées par quatre trains spéciaux sur les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande (Loiret). Ceux qui, bien qu'ayant été touchés par une convocation, ne se sont pas présentés dans les centres de rassemblement feront l'objet de recherches ultérieures. Les opérations n'ont donné lieu à aucun incident."(rapport de la Préfecture de Police de Paris du 14 mai 1941)

Ces camps d'internement, appelés à connaître, comme ceux de la zone dite "libre", une triste notoriété, étaient administrés par des services français, également. La rafle du 14 mai 1941, première du genre à être effectuée par la police française sur demande allemande et avec plein accord vichyste, suscita de fort mauvaises réactions au sein de l'opinion. Néanmoins, en termes de statistiques, c'était un succès. Les forces de répression s'étaient basées sur le "fichier juif", résultat des opérations de recensement effectuées en 1940 par le gouvernement de Vichy. Ce fichier était remarquablement complet, une véritable merveille statistique, appelée à resservir.

La deuxième opération de Dannecker fut effectuée du 20 au 23 août 1941. Elle se distinguait à plusieurs titres de la précédente. Liée pour partie au projet de colonisation des Ardennes, elle avait été acceptée par l'armée allemande pour cause de déchaînement de la guerre à l'Est : il s'agissait de lutter contre la guérilla judéo-bolchévique... Autant disposer d'otages pour mieux exercer des réprésailles. Et Dannecker de faire montre d'intelligence : pourquoi ne pas rafler des Juifs, tous des agents de Moscou ?

Cette fois, Vichy ne fut averti que postérieurement à la rafle : il faut dire qu'en l'occurrence, il s'agissait d'une action propre à l'armée allemande, qui n'avait pas de compte à rendre au gouvernement français dès qu'il s'agissait d'assurer la sécurité de ses troupes. La police municipale parisienne (2.400 agents) fut réquisitionnée : tous les Juifs français et étrangers de 18 à 50 ans circulant sur la voie publique, à l'exception des ressortissants américains, furent arrêtés ce jour, après le blocage du XIe arrondissement dès 5 h 30. La rafle fut étendue à toute la capitale. Sur 5.784 personnes à arrêter, les forces de répression n'en arrêtèrent "que" 4.232. Là encore, mauvaise humeur de l'opinion française. Des protestations de Vichy ? Réduites à l'extrême. Sur le principe, l'Etat français ne désapprouvait pas. D'ailleurs, il fit envoyer les victimes au camp d'internement de Drancy, où les conditions de vie des détenus virèrent à l'horreur. En novembre 1941, dans les 3 camps de la zone occupée, l'administration française détenait 7.443 juifs, dont 1.602 juifs français. Himmler avait déjà réglé leur sort : Dannecker fut informé le 8 octobre 1941 que le Reichsführer S.S. avait personnellement assuré à Abetz que les Juifs internés en zone occupée seraient "déportés à l'Est dès que les moyens de transport le permettr[aient]"...

Vichy, après tout, s'efforçait de faire "mieux". Le Commissariat Général aux Questions Juives avait été créé le 9 mars. Le 29 juillet 1941, instructions furent faites aux Préfets de constituer des fichiers départementaux sur le modèle de celui de la Préfecture de Police de Paris. L'administration française n'exécuta que partiellement ces mesures, même si le C.G.Q.J. eut accès aux fiches. Rattaché le 1er septembre au Ministère de l'Intérieur, le C.G.Q.J. put compter le 19 octobre 1941 sur une Police aux Questions juives, organe autonome d'abord rattaché au cabinet du Ministère de l'Intérieur puis au 1er janvier 1942 au Secrétariat Général de la Police, et remplacé en juillet 1942 par la Section d'Enquête et de Contrôle (S.E.C.), de sinistre mémoire. Ces réorganisations administratives, ordonnées pour la plupart par le Ministre de l'Intérieur Pierre Pucheu, avaient pour but de soustraire à l'autorité allemande les services de police de zone occupée. Un Service de Police AntiCommuniste (S.P.A.C.) et un Service des Sociétés Secrètes (S.S.S.) avaient été institués.

Ultime rafle de l'an 1941, le 12 décembre 1941 : il s'agissait de riposter aux attentats de la Résistance en faisant porter le chapeau aux "fauteurs de guerre internationaux" qu'étaient les Juifs (l'Allemagne avait déclaré la guerre aux Etats-Unis la veille). Les autorités militaires allemandes d'occupation en France avaient promulgué le 30 septembre 1941 le fameux "Code des Otages" qui instituait certaines catégories de personnes relevant de la notion d'otages (ainsi les Français détenus dans un service allemand - Ordonnance du 22 août 1941 - et "les Français mâles qui se trouvent en état d'arrestation pour une activité communiste ou anarchiste, auprès des services français, ou qui s'y trouveront à l'avenir").

260 agents de la Feldgendarmerie (police militaire) aidés de 200 membres du R.S.H.A. associés à la police française arrêtèrent 743 juifs masculins. 300 autres Juifs furent saisis à Drancy, et un total de 1.043 Juifs furent envoyés au camp de Compiègne. Le 14 décembre, l'administration militaire allemande placarda l'avis suivant : "une amende de un milliard de francs est imposée aux Juifs des territoires français occupés", "cent juifs, communistes et anarchistes qui ont des rapports certains avec les auteurs des attentats seront fusillés". 53 Juifs furent exécutés au Mont-Valérien le lendemain. Et les autres, du camp de Compiègne ? L'on manquait de trains : le R.S.H.A. se devait d'abord d'"évacuer" vers l'Est, pour les confier aux mitrailleuses des Einsatzgruppen, les Juifs du Reich.

En février 1942, Dannecker se rendit à Vichy, pour contacts diplomatiques. Le 28 février 1942, son adjoint Zeitschel précisa que le consul allemand à Vichy, Krug Von Nida, croyait que "le Gouvernement français serait disposé à faire les concessions les plus larges dans la Question juive, si on lui faisait des propositions complètes et claires". Il suffirait de faire déporter 1 000 à 1 500 juifs par mois : "Le Gouvernement français serait heureux, poursuivait le consul, d'être débarrassé des Juifs d'une manière quelconque, sans faire trop de bruit". Problème : les 1.000 Juifs de Compiègne y étaient toujours bloqués, pour cause de pénurie de moyens de transports...

Dannecker obtint de son supérieur Eichmann l'examen de la situation et la garantie que ces Juifs seraient déportés. Le 4 mars 1942, au cours d'une conférence interne du R.S.H.A. à Berlin, le chef de la section antijuive de France fit "ressortir la nécessité de proposer enfin au Gouvernement français quelque chose de vraiment positif, la déportation de plusieurs milliers de Juifs par exemple". Eichmann fixa le chiffre à 5.000 personnes concernées. Total : 6.000 Juifs à déporter (en incluant donc ceux du camp de Compiègne). Avantage énorme : les camps d'internement français, ainsi vidés, pourraient accueillir d'autres Juifs.

Le R.S.H.A. consulta pour accord le Ministère des Affaires Etrangères. Celui-ci, depuis la conférence de Wannsee, ne pouvait plus formuler d'objection (et d'ailleurs n'en avait absolument pas la volonté). L'Ambassade à Paris donna son accord. La Préfecture de Police fournit policiers et véhicules de transport. Le 27 mars 1942, un convoi de 1.112 juifs parqués dans des wagons à bestiaux partit pour les camps d'extermination. Ce convoi comprenait pour moitié des Juifs français... Le 5 juin 1942, un convoi supplémentaire quittait Compiègne, emportant à son bord un millier de Juifs pour Auschwitz. Protestations de Vichy ? Nulles. L'administration française avait collaboré à ces déportations sans le moindre état d'âme.

Mais il restait à s'occuper des Juifs qui, eux, n'avaient pas encore été arrêtés, à quelque titre que ce soit. Vichy entendait bien maintenir de nouveau sa souveraineté : les rafles seraient le produit d'une politique de collaboration avec les Allemands, et non l'exécution d'un ordre de leur part.

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