Bonsoir Claire, bonsoir à tou(te)s,
Un exercice de comparaison post-coloniale entre l'Asie et l'Afrique n'a guère de sens. L'Asie pré-coloniale, héritière de riches civilisations, n'avait rien à envier à l'Occident. L'Afrique sub-tropicale sortait à peine de l'âge de la pierre et était seulement dépositaire de traditions ancestrales non écrites.
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Pour l'Afrique noire, on n'a pas demandé au dépanneur de mettre la clé sous le paillasson ! Le dépanneur est tout simplement rentré au pays natal - précipitamment bien souvent - pour mille et une raison dont, à sa décharge, l'instabilité politique.... faute d'encadrement... que le "colonisateur" n'avait pas prévu.
Pour poursuivre mes petites anecdotes qui font plaisir à Marc, en voila une autre qui illustre mon propos.
Pour faire face à la pénurie d'enseignants, l'Unesco eut l'idée "géniale" de former des enseignants africains aux techniques audio-visuelles. L'Unesco partait du principe que l'Afrique noire ne connaissait que la tradition orale. Dès lors, pourquoi ne pas franchir le pas et passer directement à l'audio-visuel. [L'Occident avant la lettre en quelque sorte §:-))]. Une école Normale située en pleine brousse fut désignée comme établissement-pilote. Et comme l'Unesco avait sous la main un olibrius, nommé Deleu, bardé de diplômes ad'hoc, celui-ci débarqua avec ses gros sabots et son matériel audio-visuel dans ce coin perdu de l'Afrique profonde. Mais voila ! Y avait un hic ! Y avait pas d'électricité ! Mieux ! Y avait pas de prof , Y avait pas un seul prof. Si tout de même ! Les quelques missionnaires d'une congrégation allemande, baragouinant un Français de cuisine, assuraient l'ensemble des cours de formation de futurs enseignants. [*]
C'était en 1964 ! En 1968, le problème n'était toujours pas résolu. Pas de prof ou très peu, pas de médecins, pas de... pas de volontaires.
A quand le service civique ?
Bien cordialement,
Francis.
[*] Marc ! Si tu entends un Bayaka prononcer l'expression "mettre un bâton sur la rue", (au lieu de "mettre des bâtons dans les roues"), je te jure que ce n'est pas moi, c'est le Père Hermann von Machinchose qui enseignait la langue française avant mon arrivée ! |