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Réplique à l'amiral de Gaulle / Collectif

En réponse à -3 -2
-1Weygand et Pétain, d'accords pour l'entrée des Français Libres en Syrie ! de Jacques Ghémard

Armistice ou capitulation à merci de Jacques Ghémard le samedi 14 août 2004 à 17h48

Page 304 et suivantes du livre "Le Véritable Procès du Maréchal Pétain", à propos d'une lettre "Datée de Vichy, le 29 mai 1941, elle émane du professeur Basdevant, de la Faculté de droit de Paris, jurisconsulte du ministère des Affaires étrangères

" Monsieur le Maréchal,

J'ai l'honneur de vous rappeler que vos prédécesseurs ont bien voulu me désigner pour donner des consultations juridiques au ministère des Affaires étrangères, en qualité de jurisconsulte de ce département, et qu'en octobre
dernier, votre ministre des Affaires étrangères et votre secrétaire d'Etat à l'Instruction publique m'ont retenu à Vichy pour continuer à remplir ce rôle, plutôt que de me laisser reprendre mon enseignement : je me suis conformé à leur décision.
J'avais pensé alors que la Convention d'armistice et les principes du droit des gens limitant les obligations de la France à ce qui était clairement exprimé, il était permis de revendiquer pour elle tout ce qu'elle n'avait pas abandonné. J'avais pensé également que l'intérêt national nous recommandait, et que notre honneur nous imposait, d'une part, de tenir scrupuleusement tous les engagements exprimés dans la Convention d'armistice, d'autre part de n'accorder à la puissance avec qui la paix n'est pas conclue aucune assistance dans la lutte qu'elle poursuit contre notre alliée d'hier (...). Pour ma part, je place le respect du droit et le sentiment de l'honneur parmi les forces morales au secours desquelles la France ne devait pas renoncer.
C'est dans cet esprit que j'ai donné les conseils juridiques qui m'ont été demandés et par lesquels je crois avoir contribué à freiner les conséquences des abandons consentis pendant les premières semaines de la période d'armistice.
Sans revenir davantage sur le passé, je dois aujourd'hui constater que des interprétations officielles sont données qui, à un simple droit de surveillance, substituent, au profit de l'Allemagne, un droit de libre utilisation et disposition. Je ne vois pas comment ces interprétations, données pour la Syrie, ne vaudraient pas pour l'aérodrome de Vichy et pour le survol militaire de tout le territoire français métropolitain et colonial, transformé ainsi en théâtres des hostilités; je ne vois pas comment ces interprétations pourraient convaincre un lecteur impartial des conventions d'armistice; mais je vois très bien qu'elles nous retirent la possibilité d'opposer à d'autres empiètements les limites que comporte la Convention d'armistice interprétée selon les termes et les principes du droit des gens. Je ne puis, de bonne foi, me dissimuler par des artifices l'assistance que nous prêtons ou prêterons à l'Allemagne dans ses opérations militaires, ni que cette assistance rende impossible de placer, désormais, la France sous la sauvegarde des règles de la neutralité.
Les déclarations récentes du vice-président du Conseil présentent presque la situation de la France comme si elle était définie, non par une Convention d'armistice qui, si lourde qu'elle soit, comporte des limites à nos obligations et aux droits du vainqueur, mais, sauf une réserve, par une capitulation à merci.
Dans ces conditions, je ne vois plus comment un jurisconsulte pourrait en cette qualité, et en toute conscience, en conservant l'autorité qu'on veut bien lui reconnaître et qu'il a maintes fois mise au service du pays, jouer un rôle dans la défense des intérêts de la France.
Une capitulation à merci doit, elle-même, laisser au vaincu son honneur, et j'avais, dans ma tâche, trouvé un précieux appui dans l'appel que, le 7 avril 1941, vous avez si noblement fait à ce sentiment.
L'honneur est le patrimoine moral que, chef d'une famille qui comptait sept enfants avant qu'elle ne devînt une des plus éprouvées par la guerre, j'entends pour ce qui dépend de moi, conserver intact à ceux qui me restent.
La conception que j'ai de l'honneur ne me permet pas de me placer dans mes conseils sur le terrain occupé par votre gouvernement. C'est un point trop douloureux, qui a troublé trop de consciences, pour que j'y insiste davantage, mais il est, à mes yeux, capital.
La situation qui résulte des décisions de votre gouvernement me place ainsi dans l'impossibilité morale de prêter au ministère des Affaires étrangères le concours que, depuis de longues années, je lui ai apporté et je devrai donc m'abstenir de le faire.
Je manquerais, Monsieur le Maréchal, à mes devoirs de sincérité si, dépassant les préoccupations propres au jurisconsulte, je ne plaçais sous vos yeux cette phrase que prononçait le chancelier Hitler, le 30 janvier 1934 :
"L'expérience enseigne qu'une attitude d'humble sou-mission chez les vaincus, loin d'inciter les vainqueurs a l'apaisement, les encourage toujours plus à de nouveaux abus."
Jules Favre, dans les instructions qu'il donnait, en 1871, à M. de Gabriac, s'était inspiré de la même pensée.
Je vous prie, Monsieur le Maréchal, d'agréer l'assurance respectueuse qu'ayant eu, comme officier d'infanterie, l'honneur de combattre sous vos ordres, j' éprouve une grande tristesse à devoir prendre, après mûre réflexion, la détermination dont je viens de vous faire part."

***

A chacun sa manière de traduire un semblable sentiment : après le professeur Basdevant, le général Weygand.
Il a bien fallu le mettre au courant et, cette fois, sans observer "cette plus extrême discrétion" recommandée le 9 mai au général Bergeret ! Il était, au surplus, difficile de ne pas soumettre au délégué général du maréchal Pétain en Afrique des textes qui concernaient Bizerte et Dakar.
Le général Weygand venait d'écrire une lettre où il mettait le Maréchal en garde contre l'effet que produirait la nouvelle d'une collaboration militaire franco-allemande en Syrie quand il fut avisé d'avoir à se trouver à Vichy le 3 juin 1941, pour assister à un conseil des ministres. Il y entendit l'exposé de l'amiral Darlan sur "les Protocoles de Paris" dont, personnellement, il ignorait tout. Sa réaction fut brutale : "A politique nouvelle, homme nouveau", et il offrit sa démission, que le maréchal refusa.
Le lendemain, le gouverneur général Boisson, convoqué à son tour, fut mis au courant de la situation par le commandant Gasser, officier d'ordonnance du général Weygand, et il se rendit, en même temps que ce dernier, à une nouvelle réunion des ministres : ce fut pour offrir, à son tour, sa démission.
C'est à ce deuxième conseil des ministres que fut réglé le sort des "Protocoles de Paris" lorsque le général Weygand conclut "Rien de changé ; si les Allemands viennent à Bizerte, je leur fous des coups de canon."
Le gouverneur général Boisson ajouta "Moi, de même, s'ils viennent à Dakar."


Que dit plus précisément Weygand dans "Rappelé au service" ?

Page 431 :
- Je ne discute pas la politique du gouvernement, je n'en ai pas le droit. Mais c'est une autre politique que celle que j'ai été chargé de faire en Afrique. Elle me ferait mentir à tout ce que j'ai affirmé d'accord avec le gouvernement. Le gouvernement change de politique; à politique nouvelle, homme nouveau.
- Ce n'est pas une politique nouvelle, c'est celle de l'armistice, répond l'amiral (Darlan).
- Non, les deux politiques n'ont aucun rapport. L'armistice n'a pas dit : collaboration militaire avec l'ennemi.
- Ce n'est pas une collaboration militaire.
- Voilà bien l'équivoque qui fait que personne ne peut plus avoir confiance dans le gouvernement.


Page 435 :
Tenant à ne pas demeurer dans l'équivoque, je précisai les conditions dans lesquelles je rejoindrai le lendemain mon poste. Rien n'était changé à ma mission: défendre l'Afrique contre quiconque, aucune base ne serait cédée à qui que ce soit.
- Oui, répondit l'amiral.
- Par suite je ne verrai arriver à Bizerte ni matériel, ni personnel, ni fourrier d'aucune sorte.
Acquiescement d'un geste de tête, qui me parut insuffisant.
- Parce que si quelqu'un veut venir à Bizerte je le jette à l'eau à coups de canon.
- Vous n'en avez pas le droit. Nous avons signé un armistice qui interdit tout acte d'hostilité contre les Allemands.
- Mais dans ce cas ils auraient violé l'armistice, et j'en aurais le droit et le devoir.
Je continuai, précisant que rien ne devait être exécuté de ce qui avait été signé concernant Bizerte. D'ailleurs j'avais lu le protocole, c'était un marché de dupes. Pour l'armée d'Afrique en particulier, on nous promettait ce qui nous était dû, et que jusque là on avait empêché de venir. J'avais donc raison de prendre mes précautions et de réclamer du gouvernement des instructions fermes. "On vous les donnera", me répond l'amiral. Gomme je n'avais pas confiance, je fis te ferme propos de me les donner à moi-même et de les laisser au gouvernement en partant.


Page 438
Le soir même, je mis l'amiral Abrial au courant des récents événements. J'appris l'entrée des forces anglaises en Syrie et la résistance de nos troupes. Je savais que le général de Gaulle s'était engagé, par l'accord à Londres, à ne jamais entrer en lutte contre des forces françaises. Si j'avais pu croire que l'angoisse de voir deux parties de mon ancienne armée de Syrie s'aborder en frères ennemis me serait épargnée, je fus, hélas, vite détrompé.

Au vu de ce qu'il écrit plus haut, je comprends que Weygand n'aurait pas fait comme Dentz, et qu'il aurait fait tirer sur les avions Allemands au lieu de les accueillir. Il regrette mais ne condamne donc pas l'entrée des Britanniques en Syrie. Il croit pouvoir reprocher à de Gaulle de ne pas avoir respecté l'acte d'engagement des Français Libres qui stipulait effectivement qu'ils n'auraient pas à combattre d'autres Français. Mais il ignore probablement que chaque français libre a pu choisir à la veille de l'entrée en Syrie et que ceux qui, comme François Garbit, avaient refusé de combattre mais avaient choisi de jouer malgré tout un rôle actif en étant parlementaires, se sont fait tirer dessus.

Pour en revenir au 2e chapitre de "Réplique à l'Amiral de Gaulle", je me demande bien pourquoi Georges Hirtz tente de nous montrer la guerre Franco/Britannico-Française en conséquence d'une simple crise de jalousie gaullienne. Cette guerre est pourtant bien la conséquence des accords Darlan qui, nous dit le professeur Basdevant, transforme l'armistice (dont Georges Hirtz nous dit le plus grand bien) en "capitulation à merci". Et Weygand qui s'opposa à cet accord (pour malgré tout en appliquer une partie en livrant à Rommel camions et canons) a probablement lui aussi compris la cause réelle de cette guerre en Syrie.

Pourquoi donc ne pas reprendre les arguments de Weygand pour défendre Weygand ? Parce qu'ils sont embarrassants pour Pétain ?

Amicalement
Jacques

*** / ***

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