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Edition du 02 septembre 2012 à 21h30

Le choix de la défaite / Annie Lacroix-Riz

En réponse à -26 -25 -24 -23 -22 -21 -20 -19 -18 -17 -16 -15 -14 -13 -12 -11 -10 -9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2
-1Rien n'est changé de CNE503

Ce que dit Lemay de françois delpla le dimanche 02 septembre 2012 à 20h33


Reprenons donc les pages sur "Otto" du livre de Lemay sur Manstein, entièrement fondées sur un autre livre censé exploiter des archives soviétiques, publié en 1999 par deux auteurs allemands :

En imputant l'intention d'attaquer l'Union Soviétique uniquement à Hitler, Manstein semble une fois de plus avoir cherché à passer sous silence le rôle central joué par l'OKH dans les préparatifs de l'opération "Barbarossa". L'étude récente de documents provenant des archives soviétiques a fait état de l'existence du "plan Otto" précurseur du "plan Barbarossa". A la lumière de cette découverte, l'OKH n'aurait apparemment pas hésité, après la campagne de France, à pousser un Führer hésitant à entreprendre l'attaque de l'URSS.

Dès la fin mai 40, alors que la victoire sur la France ne faisait plus aucun doute, le général Halder, chef de l' (sic) état-major général de l'armée de terre, envisageait d'amorcer les préparatifs pour une guerre à l'Est. A la mi-juin, avant même la conclusion de la campagne de France, il élaborait le "plan Otto" avec l'aide d'officiers de son état-major général. Achevé le 19 juin, ce plan prévoyait une guerre-éclair en URSS dès la fin de l'été 40, avec 80 divisions et 400 000 hommes placés en réserve. Halder projetait une campagne militaire de neuf semaines tout au plus, durant laquelle la Wehrmacht devait occuper, avant les premières boues automnales, les Etats baltes, la Russie blanche et l'Ukraine. Même s'il s'agissait d'une campagne limitée, le chef d'état-major général de l'OKH estimait toutefois que la Wehrmacht était en mesure de s'emparer de Moscou, de Leningrad et de Kharkov.

A l'instigation de Halder, le colonel-général Brauchitsch (sic), commandant en chef de l'OKH, entreprenait le 25 juin le redéploiement de la 18ème armée en Prusse-Orientale (...). Ainsi, le 4 juillet, l'état-major de Küchler assumait déjà le commandement de la 18ème armée à Bygdoszcz en Pologne, tandis que le gros des formations prenait position sur le front de l'Est dès la fin juillet. En tout, 600 000 hommes se trouvaient déployés à l'Est ou se retrouvaient à la disposition immédiate de l'OKH dans le cadre du "plan Otto". Deux groupes furent constitués : l'un devait attaquer en direction de Bialystok et l'autre en direction de Lvov.

Ces lourds préparatifs pour une agression militaire dans le cadre du "plan Otto" avaient commencé à l'insu du Führer qui n'en fut informé que le 21 juillet, c'est à-dire un mois après la conception du plan et la mise en branle de la 18ème armée. (...) Frappé de stupeur, le Führer apprenait alors de Brauchitsch que l'OKH avait déjà préparé une campagne militaire contre la Russie bolchevique. (...) il mentionnait à Hitler que la Wehrmacht pourrait entreprendre une guerre éclair contre l'URSS quatre ou six semaines plus tard.


Lemay ajoute encore, sans la moindre précaution (les "semble" et "paraît" du début sont loin) que ni Keitel, ni Jodl, ni les dirigeants de la marins et de l'aviation n'avaient été mis au courant avant le 21 juillet.

Tout cela est ahurissant, mais n'est pas sans intérêt. Il est clair que, par la crise "Blomberg-Fritsch" de janvier-février 1938 Hitler s'était assuré qu'au grand jamais l'OKH ne pourrait lui faire un petit dans le dos... et à plus forte raison un aussi robuste foetus de deux mois !

Ce qui peut se passer à la rigueur, c'est que Brauchitsch et Halder croient conspirer dans son dos et qu'il les suive à la trace grâce à divers informateurs. Par exemple il est plus que probable qu'il a connu le désaccord, né en novembre 1939, entre l'OKH et Manstein (en fait, le tandem Rundstedt-Manstein) sur le plan de la campagne de France bien avant qu'il ne fasse semblant de le découvrir, à la mi-février. Mais ici, non ! Il s'agit de déplacer des masses gigantesques sur de très longues distances, et vu son intérêt pour la chose militaire et son assiduité aux réunions d'état-major il est inimaginable qu'on ait pu le faire sans son aval. Sa fonction de chef des armées n'était pas théorique comme celle de Roosevelt, d'Albert Lebrun ou même de Staline ! De ce point de vue il était plus proche de Churchill, qui s'était fabriqué sur mesure un ministère de la Défense lui permettant d'avoir l'oeil à tout.

De toute façon il y a dans cette affaire un juge de paix sans appel : le journal de Halder, saisi intact par les Alliés. Il n'est pas fait pour être lu par la Gestapo et en a semble-t-il été préservé. Halder s'y exprimait fort librement. Le mot Otto apparaît... le 5 décembre 1940 ! Avant il n'est question que d'attaquer la Russie en 1941, et ce depuis le 21 juillet, en effet, mais sur l'initiative de Hitler, qui a commencé à préparer les esprits le 13 (en suggérant qu'il faudra y venir si l'Angleterre refuse la paix).

Quant aux mouvements de troupes vers l'est, des plus logiques puisque Staline bouge vers l'ouest (pays baltes et Bessarabie) et allonge la frontière commune, et aussi parce que le besoin de troupes diminue en France et qu'aucune invasion de l'Angleterre n'est véritablement préparée, il n'en est guère question dans le journal. En tout état de cause, ils sont moins précoces que Manstein ne l'indique en se fiant à ses informateurs allemands de 1999 : le 4 juillet, c'est Halder lui-même qui reçoit le général Küchler (et son chef d'état-major, nommé Marcks) et donne à l'état-major de la 18ème armée la mission de "veiller au contrôle des troupes, de fortifications et de l'administration à l'est". Rien de bien agressif !

Sous la date du 30 juillet, voilà une bien intéressante discussion entre Brauchitsch et Halder :

"La question de savoir si, au cas où la décision ne serait pas faite côté britannique, nous devrions, devant la menace d'une alliance anglo-soviétique et d'une guerre sur deux fronts, attaquer d'abord la Russie, doit être tranchée ainsi : nous devons rester en bons termes avec la Russie. Une visite de Staline serait souhaitable. Les convoitises russes en direction des détroits et du golfe Persique ne doivent pas nous déranger. Dans les Balkans, qui font partie de notre sphère d'intérêts économiques, nous pouvons éviter de nous marcher dessus. L'Italie et la Russie ne doivent pas s'affronter en Méditerranée. Moyennant quoi nous pouvons porter aux Anglais un coup décisif en Méditerranée, les chasser de l'Asie, aider les Italiens à bâtir leur empire méditerranéen et, avec l'aide de la Russie, consolider l'empire allemand que nous avons créé dans l'ouest et le nord de l'Europe. Une fois cela accompli, nous pourrons envisager avec sérénité la guerre avec la Grande-Bretagne, pour des années."


Voilà qui est diamétralement opposé au texte de Lemay, et rétablit dans toute sa splendeur la prééminence du fou nazi dans la décision de la guerre sur deux fronts... qu'il va s'efforcer de ne faire que sur un, mais en s'abouchant l'Angleterre (vol de Rudolf Hess, etc.) et non avec la Russie.

*** / ***

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