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Les carnets secrets de La Cagoule / Dagore

En réponse à
-1La Cagoule. Une chambre de torture qui n’a jamais fonctionné. de Serge Desbois

Eugène Deloncle - Ambiance de Serge Desbois le jeudi 19 avril 2012 à 13h33

Écrits de Édith Cahier sur ce qui a précédé la guerre (elle devait avoir 16 / 18 ans), à propos de sa tante Mercedes Marie-Claire Cahier et de son oncle Eugène Deloncle. :

" Le seul horizon social qui m'est laissé, ce sont les déjeuners du dimanche chez mon oncle Eugène Deloncle, beau-frère de mon père dont il a épousé la soeur Mercedes. Leur fille, ma cousine germaine Claude, a le même âge que moi. Douce et affectueuse, elle est ma seule amie. Pourtant là encore l'ambiance que je trouve n'est pas tout à fait celle à laquelle je pourrais aspirer. Mon oncle est un homme hors du commun, charmeur, féru d'histoire, d'une grande culture, qui pourrait répondre à ma soif de connaissance. Mais autant je passe, l'été, quelques jours de vacances agréables dans sa maison du Touquet, à faire des courses de char à voile sur les plages immenses avec Claude et des jeunes gens « bien sous tous rapports », tandis que mon oncle, toujours gai, chante des airs d'opéra d'une belle voix de basse et nous accompagne dans nos jeux d'enfants, autant, pendant l'année, ce que je découvre auprès de lui est au contraire un climat de suspicion et de fanatisme violemment antisémite et anticommuniste, où reviennent sans cesse les mots à vrai dire incompréhensibles pour moi de « rastaquouères », « métèques », ou encore « youpins », les supposés ennemis de la « vraie France ». Où l'on parle d'assassiner Blum, d'autres encore. La haine qui anime les conversations est inouïe.
Mon oncle a, en rupture avec l'Action française, en février 1934, fondé le Comité secret d'action révolutionnaire, le CSAR, la fameuse « Cagoule ». Des hommes très différents, soucieux de lutter contre le communisme et de renverser la Gueuse, la république du Front populaire, adhèrent à cet organisme proche du fascisme : Abellio * que je retrouverai beaucoup plus tard, écrivain reconnu, un certain docteur Henry Martin, particulièrement redoutable de violence dans ses propos. Les autres sont essentiellement des hommes de main. Parmi eux se trouve Jacques Corrèze, le bras droit de mon oncle Eugène, qui s'enrôlera plus tard dans la LVF (Légion des volontaires français contre le bolchevisme). C'est un très beau garçon, grand et puissant, conscient de son physique avantageux et de sa force. Il a vingt-cinq ans, un zèle à toute épreuve, toujours prêt à en découdre. Au square de la place Rodin
( appartement que Deloncle occupait avant le 7 rue Le Sueur) où nous nous retrouvons pour le déjeuner dominical, on commente en détail la confrontation des vendeurs de L'Action française et de L'Humanité, à la station de métro Rue-de-la-Pompe. Les affrontements se terminent souvent par des bagarres. Jacques se révèle indispensable dans ces stratégies misérables où les enfants sont enrôlés. Après l'assassinat de mon oncle par la Gestapo en 1944 dans un règlement de comptes entre factieux, et bien des années de tumulte et de prison, il épousera ma tante Mercedes dont il était sans doute l’amant depuis longtemps sans que l’oncle Eugène ait jamais paru sans offusquer.
Malgré l'affection qui me lie à ma cousine Claude, aussi peu avertie que moi-même, j'espace bientôt mes visites chez mon oncle. Si l'attitude étouffante de mon père envers moi m'empêche de me forger une opinion personnelle, j'éprouve néanmoins auprès de cet oncle dont même le charme me paraît inquiétant un sentiment de révolte quasi instinctif. Les slogans, la même folie, les mêmes mots me reviendront plus tard et laisseront dans ma mémoire des blessures jamais cicatrisées. Mon père n’ait d’ailleurs pas en reste des opinions de son beau-frère. Je l'entends parfois se vanter d'avoir refusé « de serrer la main d'un juif» dans une réception, et il persévérera dans cette attitude, bien après la guerre, lorsque ma mère voudra lui présenter le docteur Bleckman, l'adorable pédiatre de mes enfants. J'aurai cependant alors assez d'indignation en réserve pour qu'il cesse de se glorifier de ce genre d'avanies ".

*Raymond Abellio écrivain et philosophe, réfugié en Suisse après guerre, précepteur des enfants de Jean Jardin, ancien directeur de cabinet de Laval.

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