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Edition du 18 janvier 2011 à 13h06

Juin 40 - La Négociation secrète / Jean-Pierre Besse - Claude Pennetier

En réponse à -3 -2
-1Où est le problème de Etienne Lorenceau

Nulle part de Nicolas Bernard le mardi 18 janvier 2011 à 13h00

L'intérêt de Staline, en 1940, est que la guerre opposant les Allemands aux Franco-Britanniques dure tant que l'Union soviétique n'aura pas complété son programme de réarmement. Il a beau envoyer un télégramme de félicitations à Hitler lors de la chute de la France, il ne s'en réjouit pas pour autant, bien au contraire. On peut même supposer que la réaction du Kremlin a été la complète panique, devant le fait que Hitler pouvait désormais se retourner vers l'Est dans les mois à venir. C'est pourquoi la politique soviétique de l'été 1940 se révèle des plus erratiques, et l'épisode de la reparution de L'Humanité doit être relu sous cet angle.

Premier point. Dans les jours qui précèdent l'armistice franco-allemand, le Komintern met un sérieux bémol à ce qui était, jusqu'alors, l'alpha et l'oméga de sa propagande depuis le pacte germano-soviétique, à savoir la dénonciation de la guerre impérialiste et une hostilité à peine voilée aux Alliés occidentaux sous couvert de renvoyer les capitalistes dos à dos. A Moscou, on a enfin pris conscience que la guerre à l'Ouest avait, à la suite du "coup de faux" allemand, connu un tournant, que l'Allemagne pouvait vaincre dans un proche avenir. Bref, en catastrophe, le Komintern s'efforce de réhabiliter le concept de mobilisation nationale.

Les 17 et 19 juin 1940 en effet, l'Internationale réfléchit à un projet de Déclaration du Parti communiste de France précisant notamment : "Désormais, il s'agit de l'existence même de notre peuple comme nation souveraine, de l'existence de la France comme État indépendant. L'impérialisme allemand est passé à l'exécution de son plan d'assujettissement de la France. [...] Dans la situation présente, les communistes s'affirment hautement pour la défense la plus énergique de la France contre l'invasion étrangère. [...] Le Parti communiste est prêt à soutenir le gouvernement dans la réalisation du programme proposé, prêt à le soutenir dans la, mesure où ce gouvernement mobilise effectivement toutes les ressources, toutes tes terres du pays, pour qu'il organise honnêtement la défense du peuple et de la France contre l'invasion." (cité dans Moscou-Paris-Berlin. Les télégrammes chiffrés du Komintern 1939-1941, Tallandier, 2003, p. 200)

Mais deux éléments vont susciter la confusion : la défaite française, bien trop rapide, prend Staline de court, et le paralyse, tandis que la direction du P.C.F. est alors éclatée entre des dirigeants dispersés, qui à Moscou, qui à Paris, qui en province. La thématique "résistante" du Komintern à destination de la France est intervenue trop tard pour être pleinement assimilée par les cadres du Parti, d'où les tentatives de Duclos et Tréand de faire reparaître L'Humanité, conformément aux précédentes directives qui, elles, intervenaient dans un tout autre contexte.

Or, le 22 juin 1940, Dimitrov (patron du Komintern) et Thorez (patron de la filiale française du Komintern) communiquent à Eugen Fried - responsable de la liaison entre le Komintern et le P.C.F. - la consigne "utilisez moindre possibilité favorable pour faire sortir journaux, syndicats, locaux, éventuellement Humanité", mais en apportant cette précision essentielle : ces journaux devaient rester "sur ligne défense intérêts sociaux et nationaux peuple et ne donne[r] aucune impression solidarité avec envahisseurs ou leur approbation" (ibid., p. 241-242). Il faut se garder de se compromettre avec l'occupant.

Un mois plus tard, de nouvelles directives tombent. Le 20 juillet : "Considérons juste ligne générale. Indispensable redoubler vigilance contre manoeuvre des occupants. Etait juste entreprendre démarches pour obtenir presse légale, mais entrevue Abetz est une faute, car danger compromettre parti et militants". Le 6 août : "Insistons catégoriquement faire cesser immédiatement pourparlers avec Abetz et ses agents" (ibid., p. 277). Motivation : "inquiets graves dangers qui menacent parti par suite manoeuvres autorités occupation" (télégramme du 7 août, ibid., p. 279).

Bref, cette affaire révèle davantage un profond cafouillage soviétique, aussi bien au Kremlin qu'au Komintern, chez les dirigeants du P.C.F. comme chez les militants, ce dans le contexte de la débâcle française. En prenant Moscou par surprise, l'effondrement de la France a bouleversé sa politique étrangère, condamnant le Komintern à modifier in extremis sa rhétorique. En désorganisant le P.C.F., la défaite a accentué la confusion régnant chez ses cadres, ôtant toute efficacité à la réforme idéologique décidée à la dernière minute à Moscou.

*** / ***

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1 Intéressante contribution: toutefois... de Etienne Lorenceau 18 janv. 2011 13h08
2 Les années vingt ne sont pas 1940 de Nicolas Bernard 18 janv. 2011 15h22

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