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La description de ce livre


Edition du 16 mars 2010 à 10h08

Le choix de la défaite / Annie Lacroix-Riz

 

D'un autre côté... de Christian Favre le dimanche 25 mai 2008 à 08h36

J'ai vu les video conférences de l'historienne Annie Lacroix-Rizsur son livre "Le choix de la défaite" ainsi que celle du politologue et historien belge sur son livre "Le mythe de la bonne guerre". Ce qu'ils disent tous les deux c'est que le monde économique occidental avait de bonnes raisons de soutenir Hitler contre le communisme ou le bolchevisme si l'on préfère. Cette déclaration de l'ambassadeur aux Etats-Unis, Andrei Gromyko concorde parfaitement:

[…] II est curieux que Morgenthau ait pu faire des affirmations aussi catégoriques. Placé comme il l'était, il aurait dû savoir que durant toute la guerre les monopoles américains avaient mis leurs capitaux à la disposition de l'industrie allemande afin de lui permettre de produire des armements pour l'armée hitlérienne. Les preuves qui le confirment se sont étalées dans toute la presse des États-Unis dés la fin des hostilités, et l'on ne peut guère croire que Morgenthau l'ignorait pendant la guerre. Cependant, les méandres de la politique américaine d'alors étaient si tortueux que certains personnages, même haut placés dans l'appareil gouvernemental, n'ont peut-être même pas soupçonné le degré de collusion entre les États-Unis et l'Allemagne. En tout cas, si l'enquête entreprise par le Congrès au lendemain de la guerre sur cette collaboration a été rapidement close, nul ne saurait s'en étonner.

André Gromyko Mémoires p. 47 (ambassadeur soviétique auprès des USA pendant la guerre)


A ce sujet il faut préciser que les alliés de 14-18 avaient créé en Suisse, à Bâle, la Banque des Règlements Internationaux (BRI). Cette banque, pendant la guerre, était pro nazie et dirigée par un Américain, elle était hors législation suisse ! Marc-André Charguéraud a écrit "Le banquier américain d'Hitler"

Mais, comme cela se fait couramment en histoire, ces deux personnes ne montrent qu'une partie des archives qui les arrange du point de vue idéologique. L'autre partie ils la taisent: la voilà:

LA GUERRE A ÉTÉ GAGNÉE EN SUISSE Pierre Accoce & Pierre Quet p.75

Je ne reviens pas ici sur l'affaire Roessler qui a déjà été évoquée dans ce forum mais bien sur ce chapitre du livre qui me paraît être suffisamment intéressant pour le montrer.

[…] Depuis un mois, Joseph Staline, le rusé Géorgien, nouveau secrétaire général du parti communiste, chargé de l'exécution des plans de Lénine, assume les destinées de l'URSS. A Rapallo, vieille cité thermale du golfe de Gênes, sur la Riviera, ce 17 avril, l'Allemagne et la République des Soviets signent un traité, rétablissant des relations diplomatiques entre les deux nations. Nicolas Krestinski, ex-avocat au regard fuyant, représentera les Soviets à Berlin. Le distingué comte Brockdorf-Rantzau viendra à Moscou, en qualité d'ambassadeur de la frêle république de Weimar, présidée par Friedrich Ebert.
L'Allemagne vient de perdre la Première Guerre mondiale. Une grave crise la menace. L'inflation galope tant que la Reichsbank ne cesse d'imprimer des billets de plus en plus grands, aux zéros de plus en plus nombreux. Le dollar finira par valoir 4 200 milliards de marks, avant que Luther, ministre des finances, et Schacht, président de la Reichsbank, parviennent à stabiliser la monnaie allemande, en 1924, Dans l'ensemble du pays, les « réparations », exigées par les Alliés, allument amertume et protestations...
L'URSS, coupée du monde depuis la création de son régime communiste, ne se trouve guère mieux lotie. Elle refuse d'avaliser les obligations de l'ancienne Russie impériale, d'endosser les dettes du tsar Nicolas II. Elle suffoque. Car l'Occident, après avoir vainement espéré la renverser par une intervention militaire, tente de l'étrangler par le blocus.
Cette Allemagne vaincue et hargneuse, cette URSS aux pieds d'argile, se reconnaissent des droits égaux, à Rapallo. Elles décident de s'accorder, mutuellement, la priorité dans tous leurs échanges commerciaux. L'Amérique, l'Europe raillent cette union de l'aveugle et du paralytique. « L'alliance des pauvres diables », a écrit Paul Carell, dans Opération Barbarossa.
Pourtant, Rapallo brise l'isolement diplomatique, économique des clochards de l'Europe. Leurs transactions vont bon train, les aideront à surmonter les heures sombres. Les Soviétiques achèteront des machines aux firmes allemandes. Leurs ingénieurs, leurs agents d'affaires feront la navette Moscou-Berlin. Les techniciens allemands obtiendront de belles situations dans les mines, dans les entreprises d'électrification soviétiques. Rapidement, les Alliés jugeront ce pacte moins fou qu'il ne paraissait. Ils frémiraient s'ils découvraient ce qui se trame entre l'Allemagne et la Russie.
Puisque Rapallo permet de briser la quarantaine pratiquée par les nantis, pourquoi ne pas appliquer l'esprit et la lettre du traité à des choses plus sérieuses ? Le blocus militaire en ce qui concerne l'URSS. Les interdictions du traité de Versailles, pour le compte de l'Allemagne. L'Armée Rouge manque de cadres, d'une doctrine. Aucune école militaire n'acceptera de lui distiller l'enseignement nécessaire. L'Allemagne, elle, ne peut posséder ni chars, ni canons lourds, ni avions, ni marine. On l'empêche d'entraîner efficacement sa Reichswehr, cette armée lilliputienne, limitée à cent mille hommes. A Moscou, Radek va imaginer une coalition clandestine, qui fera sauter, subrepticement, les verrous de l'Occident :
« Mettre l'expérience des officiers allemands au service de la jeune armée soviétique ; pour reconstruire aussi l'industrie de guerre russe, complètement abattue. En échange, la République des Soviets fabriquera les armes interdites à la Reichswehr. Et cette même Reichswehr les essaiera, s'entraînera à loisir en terre russe.
Karl Radek, journaliste aux Izvestia. Un apatride, né en Pologne. D'épaisses lunettes. Une brillante intelligence. Léon Trotsky le considère comme son meilleur collaborateur. On vient de nommer Radek directeur, et principal protagoniste, de la propagande rouge. Il se réclame de « la lutte du Komintern contre le traité de Versailles et contre l'offensive capitaliste ».
A Moscou, les partisans de Staline murmurent que le colonel Nicolai, chef du S.R. de la Reichswehr et grand ami de Léon Trotsky, a soufflé à Karl Radek sa brillante initiative. Trotsky et Radek étaient déjà fortement suspectés de déviationnisme. Mais qu'importe pour l'instant les divergences politiques. L'Armée Rouge doit posséder, au plus vite, les cadres qui lui manquent si cruellement. A Berlin, donc, l'ambassadeur Nicolas Krestinski approche discrètement le général von Seeckt, maître de la Reichsvvehr, ainsi que Gessler, ministre de la Défense nationale. Une cascade d'accords occultes en découle.
La Reichswehr financera. Et confortablement. Chaque année, jusqu'en 1930, un tiers de son budget annuel, plus de 120 millions de marks « stabilisés », sera absorbé par un singulier cartel : la Gesellschaft zur Fiirderuag geiver-blichen Unternehmen, c'est-à-dire, la Société pour l'exploitation d'entreprises industrielles. Cette compagnie possède deux bureaux. L'un à Berlin et le second, plus important, à Moscou. Elle traite directement avec le gouvernement soviétique, entretient dans toute l'URSS de nombreuses filiales sous-traitantes. On construit des avions Junkers à Fili et à Samara, à la frontière de la Sibérie centrale ; des obus à Toula et à Slatoust ; des gaz toxiques à Krasnogvardeisk ; des sous-marins et même un cuirassé dans les chantiers navals de Leningrad.
On aménagera également trois grandes bases de manœuvres pour l'Allemagne. L'une à Lipezk, destinée à l'aviation. La seconde à Voronej, toujours pour l'aviation. La dernière à Kazan, sur le cours moyen de la Volga, pour les blindés. Là, viendra s'exercer la Reichsmehr noire, forte de vingt mille hommes, au total, choisis parmi les meilleurs combattants de la Première Guerre mondiale, futurs sous-officiers et officiers de la Wehrmacht. Avant de partir pour la Russie, chacun de ces militaires sera congédié, rayé des rôles de l'armée allemande, de façon fictive. Dés son retour, on le réintégrera, tout bonnement. Astucieux et excellent camouflage.
Une fabuleuse aventure. Les prototypes d'avions, de chars, mis au point dans les laboratoires secrets de l'Allemagne, filent, en pièces détachées, vers l'URSS, par le port franc de Stettin. On les débarque à Leningrad. Après montage, essais, ils donnent naissance, dans les ateliers soviétiques, à des séries industrielles. Les premiers chasseurs bombardiers « Jabos », les premières formes des « Stukas », les futurs Focke-Wulf ont évolué, ainsi, au-dessus du Don, accompagnant les exercices de l'Armée Rouge.
C'est aussi de Stettin que partiront les troupes de la Reichsmehr noire. A Stettin enfin, reviendront les restes de tous les militaires allemands tombés au cours des rigoureux entraînements qu'ils subiront. On les transportera dans des containers en zinc, hermétiquement clos à la soudure. Une organisation remarquable, montée par le général Kurt von Schleicher. Elle ne grippera pas. Sans Lipezk, Hermann Goering n'aurait jamais pu rassembler tous les pilotes d'élite dont disposera la Luftwaffe, la transformant en arme redoutable... Sans Iiazan, les divisions blindées de Guderian, de Hoepner, de Hoth n'auraient jamais acquis le mordant qui les fera considérer comme le fer de lance de la Wehrmacht...
En contrepartie, les jeunes soldats soviétiques, sélectionnés pour devenir officiers d'état-major, et les commissaires politiques, élus pour les mêmes raisons, s'assoient sur les mêmes bancs que les préposés de la Reichswehr. Ils apprennent avec ces derniers l'art guerrier de Moltke, de Clausewitz, de Ludendorff ! Les gouvernements des deux nations poursuivent des objectifs politiques divergents mais, sur le terrain, leurs militaires s'entendent fort bien.
Le général Hans von Seeckt, ulcéré par le traité de Versailles, « une calamité » il ne le cache pas, caresse un projet de revanche ; frapper la Pologne. Avec ce pays, une position avancée de la France en Europe, un des piliers importants de cette paix honnie tomberait. Pour cela, von Seeckt a besoin des Russes.
Ce plan, la tournure d'esprit fortement antioccidentale qu'il dénonce, enchantent le chef de l'Armée Rouge, le maréchal Mikhaël Toukhatchevsky, et son embryon d'état-major, les généraux Yakir, Iiork, Ouborévitch et Feld-nran, qui tomberont plus tard avec lui, sous les coups de Staline. Toukhatchevsky croit von Seeckt, le suit sans retenue. Parce que la Pologne gêne aussi la Russie, d'abord. Parce que son état-major, qui professe avec lui une admiration presque servile pour le militarisme allemand, juge qu'il importe avant tout d'empêcher, par tous les moyens, une alliance entre l'Allemagne et les Alliés. Une nouvelle intervention armée de ce genre contre la Russie, constituerait un péril mortel...
On comprend mieux pourquoi aucun chef militaire russe ni allemand n'a envisagé la possibilité, encore moins le plan, d'une guerre germano-soviétique, avant l'arrivée de Hitler au pouvoir. Un tel conflit aurait semblé fratricide aux deux états-majors qui s'étaient nourris du même lait.
Un homme fera un constat objectif des sentiments prorusses des milieux de l'armée allemande, parmi la caste des junkers et le corps des officiers, après la Première Guerre mondiale : Walter Schellenberg... En 1937, Heydrich, maître du Sicherheitsdienst, qu'il remplacera cinq ans après, lui donnera mission de réaliser une étude (les relations passées, entre le Reichswehr et l'Armée Rouge.
« Elles furent marquées, a constaté Schellenberg, de ce que j'appellerai l'esprit de Tauroggen. Par allusion à l'alliance dirigée contre Napoléon, en 1812, signée au village de Tauroggen, Prusse-Orientale, entre le général prussien Yorck von Wartenburg et l'armée russe, en dépit des ordres exprès du roi de Prusse. I1 est intéressant de noter que l'organisation militaire de la Prusse contre Napoléon avait été préparée de Russie où ils avaient trouvé refuge sous la protection du tsar, par le baron von Stein et par Clausewitz... La poursuite de la politique de coopération avec la Russie a été d'importance vitale pour la conduite imprimée par Bismarck aux Affaires étrangères. Le traité de Rapallo marqua un retour à cette politique. »
L'esprit de Tauroggen... Voilà le moteur qui animera cette poignée d'Allemands qui, de Suisse et du sein de l'Oberhommando de la Wehrmacht, lutteront contre Adolf Hitler, voudront la mort du nazisme. Ils sont onze, en tout. Des Bavarois. Tous protestants. Issus de familles où, par tradition, on ne conçoit pas d'autre métier possible que celui de haut fonctionnaire ou d'officier !
Quelques très rares personnes connaissent leurs noms. Les donner au grand public signifierait, encore aujourd'hui, exposer ces résistants et leurs familles à de sérieux dangers, voire les désigner à des représailles haineuses dont on n'ose prévoir la gravité. Nombreux pourraient être les extrémistes en République de Bonn à considérer que ces hommes, qui entravèrent les opérations de la Wehrmacht -- par hostilité au nazisme - en trahissant les secrets de ces opérations, en sabotant ainsi sa puissance militaire, ont frappé les combattants allemands du front dans le dos, et causé d'innombrables sacrifices, en hommes et en matériel.
Voilà pourquoi nous ne donnerons que les initiales de ces farouches ennemis de la Révolution brune, ne confirmant que l'identité de leur chef. Parce qu'il a accepté, lui, tout au long de sa vie, de combattre cette mystique sinistre à visage découvert. Un héros. Ne vaincra-t-il pas ? Le IIIè Reich, qui devait durer mille ans, n'existe plus. Et Wotan, dieu de la vaillance, le sait, il y est pour quelque chose !
Pas plus que ses dix compagnons, rien ne prédispose cet homme, Hudolf Roessler, à la conjuration. « A la trahison », estimeront certainement quelques esprits logiques.


cordialement
CF

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