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De Gaulle / Paul-Marie de La Gorce

 

De gaulle, son entourage et l'extrème droite de Laurent Laloup le lundi 22 janvier 2007 à 22h26

Bonsoir,

Un extrait du livre de de la Gorce:
C'est passage qui m'a particulièremnt interessé, j'espère qu'il en sera de même pour vous :


« De Gaulle pouvait-il être soupçonné de visées dictatoriales et de sympathies pour l'extrême droite, si l'on en jugeait par son entourage? On pouvait savoir, en tout cas, quand on était à Londres, qu'il n'avait pas attendu les chefs de file de la droite – bien que certains fussent déjà résolus à combattre l'ennemi Vichy, comme Louis Marin, par exemple, - mais des hommes politiques marqués davantage à gauche ou déjà engagés dans la lutte contre les États fascistes : Herriot et Jeanneney, Mandel et Reynaud. Personne n'était venu. Mais les premiers ralliés de la France libre témoignaient, pour le moins, de la plus grande diversité d'opinions. Certains, naturellement , n'avaient jamais eu à prendre position, comme la plupart des jeunes officiers et fonctionnaires, plutôt conservateurs ou modérés mais complètement absorbés alors par leur engagement sans retour dans le combat contre l'ennemi et Vichy. Le capitaine Dewavrin, futur « colonel Passy », qui devait être l'objet des attaques les plus impitoyables de la part des antigaullistes de Londres, n'avait jamais eu d'engagement politique et devait affirmer, plus tard, qu'il avait « pris parti pour la république espagnole et contre Munich » : jamais on n'a pu fournir le moindre argument justifiant les rumeurs qui le rattachaient à la Cagoule non plus qu'à toute autre organisation clandestine d'extrême droite, et ceux qui le connaissaient ne pouvaient tout simplement pas y croire. Parmi les agents qu'il envoya en France, il en est deux qui en avaient fait partie : le capitaine Fourcaud et le lieutenant Duclos – celui-ci le reconnaissant d'ailleurs plus franchement que celui-là. Mais c'est un fait qu'ils ne se virent confier aucune mission politique mais seulement des tâches de renseignements militaire, Fourcaud, toutefois, recherchant volontiers, lors de sa première mission en France, des contactes avec les milieux politiques d'avant-guerre, mais justement, comme on le verra, plutôt à gauche qu'à droite. Passy comptait parmi ses plus proches collaborateurs, le socialiste Pierre-Bloch, le socialiste Louis vallon, Stéphane Hessel, que ses sympathies situaient plutôt à gauche. Ses principaux interlocuteurs, durant toute l'histoire de la France libre , furent le socialiste André Philip, le socialiste Pierre Brossolette, l'ancien chef de cabinet de Pierre Cot, Jean moulin et tous l'apprécièrent, Brossolette devenant même son ami. On comptait, certes, auprès du chef de la France libre des hommes politiquement inclassables, comme l'ont toujours été d'innombrable Français : Claude Serreulles, lecteur, avant la guerre, de l'hebdomadaire « La Flèche », journal très lu dans la gauche intellectuelle, le diplomate François Coulet, délibérément non conformiste, le gentilhomme campagnard et fervent chasseur Hettier de Boislambert, sûrement très éloigné de la gauche, mais personnalité plus originale que conservatrice. A côté d'eux, René Cassin était l'archétype d'un homme de gauche. Maurice Déjean avait été chef de cabinet de Daladier. Pierre-Olivier Lapie était un député d'un groupe très proche du parti socialiste et ikl fut aussitôt désigné comme directeur des affaires politiques de la France libre. Georges Boris avait dirigé le cabinet de Léon Blum. Maurice Schumann était réputé pour être l'un des journalistes les plus antifascistes de l'avant-guerre . L'amiral Muselier, que l'on qualifiait, à tort, de « marin rouge » était, en tout cas, détesté des milieux les plus traditionalistes et conservateurs de la marine. Jules Hackin était syndicalistes et Henri Hauck de sensibilité socialiste. Jacques Soustelle avait été secrétaire général de la ligue des intellectuels antifascistes. Le général Petit, que de Gaulle a nommé chef de son état-major particulier, sera, comme sénateur, apparenté au groupe communiste.

Force est de conclure que de Gaulle avait autour de lui, dans son entourage, parmi ses compagnons et surtout parmi ceux auxquels il confia les tâches les plus importantes et les plus significatives, des hommes de sensibilité variées mais dont l'indiscutable majorité se situait à gauche. Rien, à cet égard, ne justifiait l'hostilité presque obsessionnelle du milieu antigaulliste de Londres . On doit en déduire que, les hommes les plus influents et les plus actifs s'inspiraient, par instinct plutôt que par expérience, de préjugés très fort qui , chez eux, renvoyaient à une certaine tradition politique, à certains ressorts psychologiques. De Gaulle était un général, un militaire qui, conformément à la loi et à l'usage, n'aurait pas dû « faire de politique » et n'avait, en aucun cas, aucun titre à exprimer le choix politique fondamental de la résistance à l'ennemi et à Vichy. Il portait un nom à particule : cela suffisait , dans ce milieu, pour le rendre suspect, et le situer dans les cercles habituellement peu favorables à la République. Si, de plus, on, avait entendu dire que ce général, apparemment d'origine noble et certainement catholique, pratiquait la religion, c'était assez pour le juger. Tout ce qui aurait pu contribuer à la connaître, tout ce ce qui révélait son état d'esprit, ses choix, l'origine de son engagement de 1940, ses penchants intellectuels, fut écarté, ignoré ou occulté.
Rien, à partir de là, ne pouvait changer le comportement du milieu antigaulliste de Londres. Mais rien, non plus, ne put empêcher qu'il eût quelques influence au moment où, en Angleterre, on, s'irritait de la rigoureuse indépendance et de l'intransigeance calculée dont de Gaulle faisait preuve et, plus encore, quand la politique américaine, déployant toute sa puissance, chercha à l'évincer ou à le tenir à l'écart, »


Cordialement
Laurent

*** / ***

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