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Site personnel de F. Delpla, Historien 1939-45 / François Delpla

 

Lettre d'information n° 105 de Francis Deleu le vendredi 20 février 2015 à 12h08

Progrès et régressions dans l'écriture de l'histoire

Si haute que soit leur tour, si dur l'ivoire dont elle est faite, les historiens sont les plus terre à terre des savants, les plus immergés dans la glaise de leur époque.

Ma spécialité, l'histoire du nazisme et de sa guerre, avec une focalisation particulière sur l'année 1940 (Doumenc *1992, Churchill et les Français 1993-2000-2005-2011, Montoire *1996, La Ruse nazie / Dunkerque 24 mai 1940 *1997, L'Appel du 18 juin 1940 *2000, La Face cachée de 1940 / comment Churchill réussit à prolonger la partie *2003, Mers el-Kébir *2010) n'en finit pas de faire la Une des journaux et d'être invoquée par des clans actuels.

Si l'idée de progrès, actuellement impopulaire, doit être maniée avec précaution, c'est bien dans ce domaine : certains ouvrages qui passent d'abord pour des avancées sont en grande partie régressifs, au point de donner un bain de Jouvence, des années plus tard, à des productions antérieures qui, comme il est logique, commencent à sentir le moisi. C'est ainsi que Robert Aron, le premier historien de Vichy (1954), fort complaisant envers son objet, connaît une seconde jeunesse à mesure qu'apparaissent les limites de son contradicteur Robert Paxton (1972). Pire : le livre gravement inexact, du moins sur son sujet principal (la campagne de mai 1940), de Karl-Heinz Frieser (1995), traduit en français en 2003 sous le titre Le Mythe de la guerre-éclair, ressuscite pêle-mêle de nos jours Goutard (1957) et Truchet (1955), voire de Gaulle (1953) -ce dernier, en ses Mémoires de guerre, non dépourvu de valeur historique, mais au carrefour de l'histoire, de la fresque épique et du tract électoral.

Enfin Ian Kershaw, qui a tant fait dans son Hitler (1999-2001) pour arracher le personnage à une sous-estimation générale de ses capacités et de sa cohérence, reste trop prisonnier de sa formation "fonctionnaliste" et d'une méfiance envers l'histoire "complotiste" pour aller au bout de ses découvertes. Voilà qui autorise l'un des analystes les plus récents et les plus cultivés du nazisme, Johann Chapoutot, à disserter savamment, et de façon novatrice, sur les ramifications de l'idéologie nazie, en estompant hélas ce qu'elle doit à son créateur. Il l'attribue tout entière à la culture germanique, avec des accents parfois dignes d'Edmond Vermeil (1938) qui présentait sur le même plan une palette bigarrée de "doctrinaires de la révolution allemande".

Parmi les nombreux anniversaires à célébrer cette année, l'un des derniers sera celui de l'ouverture du procès de Nuremberg, en novembre. Relisant mon propre livre d'il y a dix ans, je me remémore à quel point ces assises, si éclairantes, nécessaires et justes qu'elles aient été dans leurs débats et leurs verdicts, ont écrit droit avec des lignes courbes. La préparation de la guerre, notamment, a été obscurcie par la notion de "complot contre la paix" alors qu'il n'y avait souvent, lors de chaque épisode, qu'un véritable comploteur (le chef) et deux ou trois complices (Göring, Himmler et le toujours sous-estimé Canaris étant aux premières loges). D'autre part le "complot", pour plus de sûreté, démarrait aux yeux du tribunal le 5 novembre 1937, date d'une réunion à la chancellerie, dont le procès-verbal montrait un Führer détaillant des projets guerriers... en partie mensongers. Les infortunés auditeurs, s'ils étaient encore vivants, ont payé cher, et plus cher que leurs coaccusés à criminalité égale, pour avoir entendu cela.

Ces approximations de prétoire ne sont point encore vraiment dépassées. Il nous incombe donc, mieux vaut tard que jamais, de regarder le nazisme tout entier comme un complot contre la paix, ordonné à la préparation d'une guerre la plus précoce possible, tout en avançant masqué pour que les ennemis soient les moins préparés et organisés possibles.

Ce dispositif est perceptible dès les premières heures du pouvoir de Hitler, l'après-midi du 30 janvier 1933 : .

Mon livre Une histoire du Troisième Reich a été chroniqué sur Hérodote et chez les Clionautes , où j'ai moi-même disserté sur un Darlan bien inté-récent .

A ce propos, je serai heureux de rencontrer les Tourangeaux, ou les vacanciers amateurs de périples sur la Loire, vendredi 27 à 18h 30 :

Enfin, la saison est propice à la collecte des perles : .

Bons périples !

fdelpla

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