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Cinquante idées reçues sur la Shoah - Tome I / Marc-André Charguéraud

En réponse à -3 -2
-1très intéressant, sauf... de françois delpla

Le vote des pleins pouvoirs à Hitler de Francis Deleu le dimanche 16 mars 2014 à 17h41

Bonsoir,

Illustrons les propos de François Delpla en reproduisant le compte-rendu de la séance et du vote de la loi des pleins pouvoirs par André François-Poncet, ambassadeur de France à Berlin, Souvenirs d'une ambassade à Berlin, Flammarion, 1946.
"Le 23 mars [1933], l'assemblée est saisie du projet de loi des pleins pouvoirs. C'est la séance décisive. Hitler l'ouvre par un long discours-programme, qu'il lit, les sourcils froncés, d'une voix morne. Discours prudent, d'ailleurs, calculé pour embarrasser les catholiques et les obliger à se rallier, les communistes étant exclus des débats et les socialistes rejetés, d'avance, hors de la majorité. Hitler commence par un rappel de l'incendie du Reichstag et fulmine contre les incendiaires. Il exprime, de nouveau, sa volonté de réaliser l'unité de tous les Allemands. Il laissera aux Etats confédérés une certaine autonomie, mais déclare qu'à l'avenir leurs conflits ne s'étaleront plus en public. Au passage, il verse une douche froide sur les espoirs des monarchistes. Il fait allusion à d'éventuelles réformes du Reich et de la constitution, mais la question du retour à la monarchie, ajoute-t-il, n'est pas discutable à l'heure actuelle.

La cérémonie de Postdam recule déjà dans le lointain. Au reste, Hitler protégera les deux confessions religieuses, tenues pour des facteurs importants de la conservation nationale. Il respectera la propriété et l'initiative individuelle. Il s'abstiendra de toute expérience monétaire, accordera aux paysans endettés les moratoires nécessaires, aux classes moyennes l'aide dont elles ont besoin. Il fournira, sans dire comment, du travail aux chômeurs. Il pratiquera une autarcie relative. La Reichswehr bénéficie de ses éloges et de ses égards particuliers. Il proteste, enfin, de son attachement à la paix, mais à une paix qui ne connaisse plus ni vainqueurs, ni vaincus, et de son désir de vivre en bonne intelligence avec l'Angleterre, la France, le Saint-Siège, la Russie même. Sa péroraison vise nettement les catholiques; ils seront traités selon l'attitude qu'ils adopteront. La salle se lève et entonne le "Deutschland über alles". Pendant la suspension, j'entends, au-dehors, les pelotons hitlériens crier en chœur : " Nous voulons les pleins pouvoirs; sinon, gare à la casse ! "

A la reprise, Wels [1] demande la parole au nom des socialistes. Il présente la défense de son parti. Les socialistes ont pris leur part de responsabilités, au milieu de la situation tragique qui résultait de la défaite, et bien que la constitution de Weimar ne fût pas une constitution socialiste. Ils demeurent, quant à eux, fidèles aux principes de liberté, d'égalité, de droit social, d'humanité et de justice. On peut les persécuter, les priver de leur force; on ne les privera pas de leur honneur. Ils ne voteront pas les pleins pouvoirs. Wels a parlé avec une extrême modération, sur un ton d'excuse et de plaidoyer, un peu comme un enfant battu qui s'attend à recevoir des nouveaux coups. Son discours n'en est pas moins, en raison des circonstances, un discours hautement honorable, digne et courageux.

Pendant qu'il le prononçait, je voyais Hitler occupé à prendre fiévreusement des notes. Il demande, aussitôt, la parole pour répliquer et se dévoile, alors, tel qu'il est: un polémiste, un agitateur de réunion publique, un fanatique sans générosité.
Avec une extraordinaire passion, mordant, vibrant, vengeur, il foudroie son adversaire; il fonce sur lui, l'écrase, dans un réquisitoire véhément, rappelant les années de lutte, au cours desquelles le national-socialisme a été bafoué, malmené et persécuté. " Ne nous confondez pas, s'écrie-t-il, avec la société bourgeoise ! L'étoile de l'Allemagne se lève; la vôtre va disparaître, votre heure a sonné ! "
Après lui, Mgr Kaas [2], au nom du Centre, se montre humble et déférent; il marche sur des œufs; il invoque les exigences de l'union nationale; le Centre se dégagera des considération du parti; il tendra, quant à lui, la main à ses adversaires.
Brüning [3], qui est dans la salle, garde le silence.

Hitler a gagné la partie; les pleins pouvoirs lui sont votés par 441 voix contre 94, soit par plus des deux tiers des présents; seuls les socialistes ont osé voter contre. En vertu de ces pleins pouvoirs, accordés pour quatre ans et qui se fondent sur une apparence de légalité, Hitler est, désormais, le maître absolu du Reich. Il peut légiférer à sa guise, dans tous les domaines. La voie est libre devant lui. Ses décrets n'ont plus besoin, ni de la sanction du Reichstag, ni de la signature de Hindenburg.
"
Ce témoignage d'André François-Poncet est une belle illustration de la stratégie de Hitler, de son entreprise de séduction mais aussi d'intimidation ou comment il s'impose non seulement à ses alliés mais aussi à ses adversaires pour aboutir à faire de lui le maître absolu du Reich.
Pour nous cantonner aux catholiques, représenté par le Zentrum, Mgr Kaas, lors de son intervention, marche sur des œufs écrit François-Poncet. Le Zentrum est en effet sous la pression de la conférence des évêques qui a levé les condamnations contre le nazisme et apporté le soutien des catholiques au gouvernement dans l'espoir d'une rapide ratification du Concordat en cours de négociation.

Bien cordialement,
Francis.

[1] Otto Wels, président du SPD (Sozialdemokratische Partei Deutschlands / Parti social-démocrate d’Allemagne), fut le seul orateur à s'opposer à l'adoption des pleins pouvoirs.

[2] Mgr Ludwig Kaas : dirigeant du Zentrum (Parti du Centre), rassemblant les catholiques

[3] Heinrich Brüning : chancelier de la République de Weimar jusqu'en mai 1932. Il présidera le Zentrum avec Mgr Kaas.

*** / ***

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