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Edition du 24 juillet 2013 à 20h23

La guerre des ondes / Divers

 

Jacques Duchesne de Christian Favre le samedi 06 juillet 2013 à 07h20

Trouvé dans le blog de Gilbert Salem:



De Gaulle, Radio-Londres et la Suisse
Le 27 novembre 1941, il y a septante ans, une voix cabrée de comédien grésille dans les postes à galène clandestins de l’Hexagone: «Que peuvent donc faire les Français qui savent qu’ils n’ont plus de chef? Tout naturellement, ils se tournent vers ceux d’entre eux qui les représentent dans le monde des pays libres, c’est-à-dire vers les Forces françaises libres et vers le général de Gaulle.» L’homme qui parle ainsi dans le micro de Radio-Londres, pour confondre les propagandes vichyssoises et allemandes, signe ses billets Jacques Duchesne. Un pseudo qui évoque celui d’un farouche pamphlétaire de la Révolution de 1789. Michel Saint-Denis de son vrai nom, ce responsable de la section en langue française de la BBC, est le neveu de Jacques Copeau, le fondateur du Théâtre du Vieux-Colombier, à Paris, dont il fut le bras droit dès 1922. Créant à son tour un peu plus tard la troupe itinérante des Copiaus, dans laquelle étincela un grand Vaudois: Jean Villard-Gilles… Entre notre lumineux chansonnier et le futur «speaker» gaulliste de la BBC, s’était nouée une connivence de saltimbanques qui s’exprima longtemps sur des tréteaux et dans des scénarios de spectacle cosignés. Or, en cette fin de 1941, le premier se trouve dans son cabaret lausannois du Coup du Soleil à ridiculiser le nazisme par des chansons qui déplaisent à l’ambassadeur du Reich. Le second est à Londres, dans l’ombre de son général, animant la chronique quotidienne «Les Français parlent aux Français» (1940-1944).
Soixante-sept ans après, tous les rendez-vous radiophoniques de Jacques Duchesne ont été transcrits sur du papier bible des Editions Omnibus*, dont un deuxième tome vient de paraître. On y trouve des signatures plus illustres encore: celles d’un Maurice Schumann, d’un Georges Bernanos, d’un Jules Romain… Ce sont des recueils protéiformes (composés de commentaires, d’analyses, de diatribes, mais aussi de témoignages directs) qui nous éclairent sur des années qui assombrirent toute l’Europe. Un continent en pleine dépression, bien plus intensément qu’aujourd’hui, mais au cœur milieu duquel la Suisse représentait pareillement un havre irrégulier de tranquillité. L’œil d’un cyclone.
De grands écrivains fuyant le régime pétainiste et ses censures s’y réfugièrent. Parmi eux le symboliste unanimiste Pierre-Jean Jouve (1887-1976). L’auteur de l’«Paulina» participa activement aux Cahiers du Rhône qui furent, à Boudry une plate-forme fertile pour une France libre littéraire. Aux bons soins d’Albert Béguin y parurent des textes sublimes d’Aragon, de Pierre Emmanuel, de Jean Cayrol…

A moins d’être très ingénieusement outillé, il était impossible de capter les voix de Radio-Londres depuis la Suisse. Toutefois, le notaire français Jacques Fourny et l’historien neuchâtelois Christian Rossé ont exhumé récemment des archives fédérales de Berne une preuve que les services d’écoute de nos armées y parvenaient aisément, et pas la moindre: rien moins que le fameux appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle! L’unique retransmission sur papier de l’émission la plus célèbre de Radio-Londres a été effectuée le lendemain à 6 heures du matin, par la Division Presse et radio de l’état-major helvétique…

Cela dit, Charles De Gaulle ne tenait pas la Confédération en grande estime. Jamais, il ne s’y est rendu en visite officielle, alors qu’il en était un peu originaire par sa mère (lire encadré) et que deux de ses neveux étudièrent à Fribourg. Explication de son historiographe Jean Lacouture: «Il avait du mal à comprendre comment on pouvait rester neutre dans le monde de l’époque.» Et, selon le Franco-Suisse Alain-Jacques Tornare, il «se faisait un point d’honneur de payer sa propre facture d’électricité à l’Elysée et n’aimait probablement pas que nos banques servent à dissimuler les richesses des grandes fortunes françaises.»

Les Français parlent aux Français, tome II, Ed. Omnibus, 1580 p.


***

De Gaulle n'aimait pas la Suisse.
Peut-être

Pourtant plusieurs membres de sa famille se réfugièrent en Suisse, dont ses deux frères.

Il connaissait aussi la collaboration (j'utilise exprès ce mot...) de l'armée avec la Résistance. C'était évidemment plus avec la composante de droite que la communiste.
Il y a eu le problème de l'or belge que le gouvernement de Pétain avait donné aux Allemands et que la France, à la fin de la guerre, proposa qu'il fut restitué par la Suisse. Ce que le tribunal de Nuremberg refusa.

Disons que de Gaulle aurait eu autant de raisons d'en vouloir à la Suisse que de raisons à n'en pas vouloir....

*** / ***

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