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Choisir / Pierre Mendès France

 

Le casse du siècle ! A qui profite le crime ? de Francis Deleu le lundi 24 octobre 2011 à 22h35

Bonsoir,

Le 26 juillet 1944, en gare de Neuvic-sur l'Isle, le train Périgueux-Bordeaux est stoppé par un groupe de résistants FFI. L'un des wagons du convoi avait été réquisitionné par la Banque de France pour un transport de fonds. Les maquisards s'en emparent et ce seront 150 sacs contenant pas moins de 2,8 milliards de francs qui disparaîtront dans la nature. Qu'est devenu cet énorme magot ou, en d'autres mots, à qui profita le crime ?

Diverses supputations sans fondement ont été avancées comme celle s'interrogeant sur le train de vie fastueux mené par André Malraux (colonel Berger dans la Résistance) après la guerre.

Avançons une autre hypothèse qui pourrait expliquer le refus d'une conversion monétaire ardemment prônée par Mendès France mais rejetée par une partie de la droite et le parti communiste.

Cette conversion monétaire fut préparée de concert par Camille Gutt et Mendès France. Quelques précisions déjà publiées sur notre site

- Le miracle belge - Extrait significatif :
"Mais en quoi donc consistait cette opération préparée par Camille Gutt ? Du jour au lendemain (ou presque), tous les billets de banque en circulation n'eurent plus cours légal c'est-à-dire perdaient toute valeur. Horreur et stupéfaction dans les chaumières belges et plus particulièrement dans les demeures des "nouveaux riches" du marché noir. Tout n'était pas perdu pour autant, rassurez-vous! Les anciens billets furent échangés contre de nouveaux mais... en quantité limitée et d'un montant égal pour tous. Le surplus fut converti en rente à long terme. Parallèlement, les dépôts en banque furent gelés et convertis grosso-modo de la même manière. D'un seul coup, la masse monétaire était réduite à un niveau acceptable, les risques d'inflation s'évanouissaient et l'économie belge pouvait redémarrer sur bases saines. Quant aux "richesses" mal acquises au marché noir, elles ne prirent pas le risque de s'exposer au grand jour.

Une petite parenthèse qui n'est pas sans importance pour nos amis français. Un autre grand homme, Pierre Mendès France, fut tenu dans le secret des dieux de la finance. Il batailla durement pour réaliser une opération similaire "socialement équitable (chacun recevait au départ la même somme), moralement juste (l'enrichissement douteux est démasqué) et surtout économiquement saine, car par cette épargne forcée, on proportionne la circulation monétaire à la production (les fonds sont débloqués au fur et à mesure des progrès de la reprise et on casse le processus inflationniste". On sait ce qu'il en advint. Seuls quelques socialistes, proches de Mendès France le soutiennent, la droite et surtout le Parti communiste (allez-savoir pourquoi?) est contre. Désavoué, P.Mendès France démissionnera.
"


- Ou encore en termes simples : Londres 1944 - Lorsque l'auteur rencontre Camille Gutt - Extrait :
"(...) [Gutt] ministre des Finances belges de 1940 à 1945, il sortit la fameuse loi Gutt en 1944 pour stopper l'inflation galopante et stabiliser et fortifier le franc belge. Ce fut un succès total même s'il se fit détester par un grand nombre de personnes car la totalité des avoirs fut déclarée et l'argent noir mis à jour ou perdu. Son système était simple mais radical. Tous les citoyens belges reçurent deux mille nouveaux francs belges (ou francs Gutt comme beaucoup les appelaient) en échange de leurs anciens billets. Le surplus fut bloqué de manière nominative en banque et comptes chèques postaux. Un déblocage progressif suivit en fonction de l'augmentation de la production. La masse monétaire passa de 140 milliards de billets de banque à 25 milliards. La production reprit rapidement et le franc belge devint à ce moment, un des plus forts du monde"


- Mendès France s'en explique dans son livre "Choisir" : Mendès France et Gutt : les occasions manquées pour l'Europe
"Il faut que je vous raconte une histoire assez extraordinaire. A Alger, au début de 1944, je m'occupais beaucoup des problèmes qui se poseraient à la France après la libération et dont, je dois le dire, peu de gens se souciaient. Ce n'était pas le cas des Belges et des Hollandais. Ils commençaient à ébaucher le futur Benelux et cherchaient des solutions pour l'après-guerre. Ils étaient venus en Tunisie, en Corse, pour analyser nos initiatives, voir comment s'était opéré l'échange des monnaies, des billets, etc. Nous avons eu, avec eux, des conversations précises sur ce qu'il faudrait entreprendre bientôt dans nos pays. Nos économies étaient ruinées par les bombardements, la sous-production; les spoliations; le ravitaillement alimentaire; il faudrait travailler dur, prendre des mesures pénibles. Ces mesures seraient peut-être mieux acceptées, si les nouveaux gouvernements arrêtaient leurs décisions ensemble, lorsqu'il s'agirait d'impôts, d'échanges de billets, de rationnement, de priorités pour la reconstruction de nos économies, etc. J'ai beaucoup réfléchi alors avec eux, et, par la suite, j'en ai souvent reparlé avec Camille Gutt."
- Mendès France s'en explique également dans sa lettre de démission adressée au général de Gaulle : La démission de Pierre Mendès France - Extraits :
"[...] le gouvernement avait décidé à Alger, et plus récemment depuis la Libération, de pratiquer une politique active de remise en ordre et d'assainissement de nos finances. A cette fin, il lui était apparu nécessaire, notamment, de s'attaquer sans tarder à la pléthore monétaire [...]. Quand vous m'avez demandé de prendre le portefeuille de l'Économie nationale, je pensais avoir, en plein accord avec vous-même et avec l'ensemble du ministère, préparé, sur le plan financier, la réalisation des conditions préalables du succès dans le domaine économique [...]. Or, le gouvernement a pris, depuis, une série de mesures qui sont en contradiction avec la politique que je lui avais proposée [...]. A la rigueur nécessaire, on a substitué la facilité [...].
M. Lepercq avait décidé que l'échange des billets serait possible dès le 15 septembre. M. Pleven assure qu'il ne le deviendra qu'en mars ou avril, par suite du manque de billets. J'affirme au contraire que l'opération est possible dès maintenant, à condition bien entendu qu'on s'en tienne [...] à un échange limité, avec blocage partiel (au moins temporaire). On se détourne avec horreur de cette méthode, qui priverait pour un temps les Français de ressources qu'ils peuvent seulement employer au marché noir; il parait que cette privation-là leur serait plus insupportable que toutes celles qu'ils sont en train de subir [...]. Plus on attend, moins l'opération peut avoir d'efficacité: chaque jour perdu laisse à l'ennemi la possibilité d'introduire dans la circulation des billets qu'il a emportés ou que ses agents ont conservés sur place. Chaque jour perdu fournit aux profiteurs du désastre de nouvelles occasions de dissimuler leurs avoirs [...].
[...] Cette politique porte un nom [...] , l'inflation (qui) gorge les spéculateurs qu'une hausse constante et assurée enrichit automatiquement [...]. Dans ce système, une classe est complètement sacrifiée, celle des petites gens à revenus fixes, sacrifices dont le courrier quotidien vous apporte certainement des témoignages pathétiques [...]. Distribuer de l'argent à tout le monde sans en reprendre à personne, c'est entretenir un mirage [...], mais plus on accorde de satisfactions nominales, moins on peut donner de satisfactions réelles [...]
"
Ceux qui s'opposèrent à ces mesures d'assainissement monétaire craignaient-ils pour leur magot amassé lors du braquage du fourgon de la Banque de France ?

Bien cordialement,
Francis.

*** / ***

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1 Train de Neuvic de Jean-Jacques Gillot 18 mai 2014 00h55

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