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Edition du 27 février 2010 à 21h30

Histoire élémentaire de Vichy / Amiral Auphan

En réponse à -6 -5 -4 -3 -2
-1Pétain et la France Libre de Boisbouvier

La "mission Rougier" vue par Michel Boisbouvier... de Nicolas Bernard le samedi 27 février 2010 à 20h46

> 1/ La mission Rougier. Rougier avait reçu mission de
> rencontrer Churchill mais aussi De Gaulle. C'est
> Churchill qui s'y est opposé...probablement à
> l'instigation de De Gaulle partisan d'une politique de
> rupture radicale vis à vis de Vichy, dès le départ.Seule
> façon d'amener la France au rang des vainqueurs.
> 2/ L'accord avec Churchill sur une renonciation de Vichy
> à reconquérir les colonies passées à la dissidence, et le
> renvoi de Laval, suite à cet accord.

Foutaises : la "mission Rougier" n'était qu'une vaste fumisterie, un coup d'épée dans l'eau de quelques pontes isolés du régime de Vichy qui trouvaient que Laval accordait bien trop de concessions au vainqueur allemand, sans rien obtenir en contrepartie. Rougier lui-même était un mythomane, un escroc et un faussaire, comme cela a été démontré depuis longtemps. A ce titre, un bref rappel des faits s'impose :

1) Dès la fin du mois d'août 1940, Vichy essaie d'obtenir des Britanniques un assouplissement du blocus - lequel s'avère en réalité une véritable passoire - décrété par Churchill. Le Ministre des Affaires étrangères, Paul Baudouin, mandate à cet effet l'ambassadeur français à Madrid, Georges de La Baume, pour approcher son homologue britannique Sir Samuel Hoare (partisan bien connu de l'appeasement avec l'Allemagne dans les années trente).

2) Dans le cadre de ces négociations, Londres, qui s'efforce de limiter la collaboration franco-allemande et espère encore (et en vain) un revirement pro-britannique de Vichy, propose en octobre 1940, après l'échec anglo-gaulliste de Dakar, de maintenir après la guerre la France dans son rang de grande puissance, de desserrer le blocus, en échange de garanties qu'aucun affrontement n'opposera la Marine française aux navires britanniques, que Vichy ne s'attaquera pas aux intérêts coloniaux et maritimes britanniques, et que Vichy accepte le principe du soutien anglais à De Gaulle. Pétain refusera en octobre, car il envisage au contraire de miser sur une collaboration avec l'Allemagne qui lui donnerait notamment la possibilité d'écraser la "dissidence gaulliste" en Afrique équatoriale.

3) Dans ce contexte (et si j'en crois François Delpla), le secrétaire général aux Affaires Etrangères, François Charles-Roux, et le général Weygand, proconsul vichyste en Afrique du Nord, s'alarment des initiatives prises par Laval. Sans s'opposer à une politique de collaboration avec le Reich, ils estiment qu'il serait imprudent de couper totalement les ponts avec la Grande-Bretagne, envisageant une stratégie davantage neutraliste autorisant un modus vivendi avec cette dernière.

4) En septembre 1940, le Ministre des Affaires Etrangères Baudouin confie à un professeur d'Université ambitieux, Louis Rougier, une mission en vue de compléter les négociations menées en Espagne à propos du blocus. Rougier, en effet, doit se rendre à Londres pour évoquer cette seule question avec le Foreign Office, et tel est son seul mandat officiel. Pétain appuie vaguement l'initiative de Baudouin, tout en accélérant son rapprochement avec l'Allemagne, sachant que pour lui l'essentiel, s'agissant du blocus, se joue à Madrid avec l'ambassadeur Hoare.

5) Charles-Roux et Weygand profitent de l'aubaine que Baudouin leur sert sur un plateau, et confient à Rougier, à l'insu du Maréchal Pétain, une mission bien plus précise : desserrement du blocus, armistice colonial en Afrique, et "pacte" de non-agression avec De Gaulle. Il s'agit pour eux de forcer la main à leur propre gouvernement, de ne pas s'engager dans une collaboration pro-allemande à sens unique, mais au contraire de se ménager quelques cartes pour l'avenir. Cette initiative, il faut y insister, Charles-Roux et Weygand la prennent seuls : ils sont parfaitement minoritaires, et agissent sans l'aval du Maréchal, dans le dos de Laval.

6) Rougier se rend donc à Londres en octobre, via Lisbonne, et présente cette offre de la "faction neutraliste". Il rencontre le sous-secrétaire permanent du Foreign Office, Alexander Cadogan, le 23 octobre. Le lendemain, alors que Pétain serre la main de Hitler à Montoire, il parlemente avec Lord Halifax, Ministre britannique des Affaires étrangères. Churchill, en revanche, refuse catégoriquement de le recevoir.

7) Ce n'est qu'à l'annonce de la rencontre de Montoire que le Premier britannique accepte finalement d'accueillir Rougier, le 25 octobre. Il redoute alors une paix vichysto-allemande qui forgerait une alliance anti-britannique, et cherche à profiter le moindre occasion pour amener Vichy à davantage de modération en matière diplomatique. Or, la mission Rougier lui fait comprendre qu'une possibilité de dissidence de l'Afrique du Nord, sous la férule de Weygand, mérite d'être exploitée (mieux encore, que le gouvernement français pourrait éventuellement rallier l'Afrique du Nord). Dès lors, il se sert de l'émissaire français pour approcher Weygand : Rougier rédige un projet d'entretien avec ce général et repart pour l'Afrique du Nord rencontrer Weygand

8) Entre-temps, Pétain se satisfait de la rencontre de Montoire et remanie son gouvernement : Baudouin perd le portefeuille des Affaires Etrangères (mais devient Secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil), au profit de Laval, tandis que Charles-Roux se retire, définitivement. Bref, l'option exclusivement pro-allemande, incarnée par Laval, triomphe.

9) Mais les jours passent, et aucune concession allemande n'intervient. Au contraire, les nazis expulsent plusieurs milliers de personnes, notamment juives, d'Alsace-Lorraine. Pétain, le 9 novembre, paraît réaliser que la politique de Laval n'est pas aussi efficace que prévu. Il doit en outre rassurer personnellement Weygand, qui préfère s'en tenir à une lecture stricte de la convention d'armistice et réfléchit à une dissidence, que Churchill alimente via Rougier.

10) Rougier, après son détour africain, est de retour à Vichy le 8 novembre. Il n'est reçu par Pétain qu'au bout de deux ou trois jours. "Le Professeur Rougier m'a été annoncé, écrit-il à Weygand le 9 novembre, mais je ne l'ai pas encore vu. On le considère ici comme un agent anglais". Pétain, en tous les cas, se révèle, au cours de la conversation, on ne peut plus vague. Ce qui l'intéresse touche à ce qu'il croit être la véritable mission de Rougier : négocier le desserrement du blocus.

11) Les négociations menées entre Vichy et les Britanniques s'agissant du blocus n'aboutiront pas. Churchill, après avoir pris Rougier au sérieux, va abandonner l'exploitation de cette voie. Vichy s'en tient obstinément à une politique totalement neutraliste envers Londres, et collaboratrice avec l'Allemagne. Laval, à ce titre, est écarté le 13 décembre 1940 parce que sa politique est allée trop loin sans rien rapporter, ce qui n'empêchera pas ses successeurs, Flandin puis Darlan, de persister puis d'aggraver l'entreprise de collaboration.

12) En 1945, Rougier n'en va pas moins glorifier son action, prétendant avoir agi au nom du Maréchal Pétain (premier mensonge) en vue d'une stratégie de double-jeu (deuxième mensonge) et que Churchill l'aurait reçu le jour même de la rencontre de Montoire (troisième mensonge). Pour ce faire, il va falsifier le projet d'entretien avec Weygand réalisé à la suite de sa rencontre avec Churchill, effaçant notamment le nom du général français sur le titre du document ("Entretien avec Weygand"), pour faire croire à l'existence d'un pacte avec Churchill, pacte matérialisé par ce projet bâclé. Rougier se bornera également à ne produire qu'un photostat de la première page, "oubliant" la seconde, et lui faisant dire n'importe quoi, alors que l'exemplaire retrouvé aux archives britanniques ne portait que sur ce qui devait être un entretien avec Weygand... Bref, Rougier a fait la preuve qu'en plus d'être mythomane, il n'était qu'un minable faussaire doublé d'un escroc.

Sur ces éléments, voir François Delpla, Montoire, Albin-Michel, 1996, ainsi que le livre du général Gaston Schmitt, Les accords secrets franco-britanniques de novembre-décembre 1940. Histoire ou mystification, P.U.F., 1957 (qui explose les allégations de Rougier sans toutefois chercher à cerner ce qui s'est réellement passé), et Robert Frank, "Vichy et les Britanniques 1940-1941 : double-jeu ou double-langage" (qui apporte la preuve documentaire de la falsification de Rougier), in Jean-Pierre Azéma & François Bédarida, Vichy et les Français, Fayard, 1992, p. 144-163. Sur le blocus, voir Bernard Costagliola, La Marine de Vichy. Blocus et Collaboration, Tallandier, 2009, qui anéantit la thèse du double-jeu vichyste s'agissant des rapports maritimes anglo-français et exposé excellement les négociations de 1940-1941.

*** / ***

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1 Compléments plus ou moins inédits de françois delpla 27 févr. 2010 21h36

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