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La description du livre

Silences meurtriers - Survivre - Tous coupables ? / Marc-André Charguéraud

En réponse à
-1Une trilogie de Francis Deleu

L'introduction de Christian Favre le dimanche 29 juin 2008 à 17h24

Il me paraît nécessaire de montrer l'introduction de "Silences meurtriers" puisque l'auteur y apporte des précisions importantes; la voilà:

INTRODUCTION

"Silences meurtriers, les Alliés, les Neutres et l'Holocauste, 1940-I945", fait suite à "Tous Coupables ?", les Démocraties occidentales et les Communautés religieuses face à la détresse juive, 1933-1940, publié en 1998. "Silences meurtriers" est le deuxième volume d'une trilogie qui se terminera par un ouvrage sur l'attitude des pays occupés et des satellites de l'Allemagne face à l'Holocauste. Les trois livres permettent de distinguer les périodes et les circonstances, et de rester aussi près que possible du contexte dans lequel vivaient les différents témoins de l'époque. Le premier volume s'arrête au début de la guerre ; personne ne soupçonnait qu'un génocide allait détruire les Juifs d'Europe, pas même les dirigeants nazis, à l'exception peut-être d'Hitler. Les comportements et les réactions des pays libres et des nations occupées ou dominées par les Allemands ne peuvent se comparer: la période 1940-1945 comprendra donc deux livres.
La lecture préalable de "Tous coupables ?" ne s'impose pas. Chaque ouvrage peut être lu indépendamment. Lire Tous coupables ? après la lecture de Silences meurtriers peut même se révéler un exercice particulièrement enrichissant.
Comme le premier livre, Silences meurtriers est un essai de science politique, une synthèse destinée à donner au lecteur des éléments de réflexion. Depuis quelque temps, les médias évoquent quasi quotidiennement des événements qui survin¬rent pendant l'Holocauste. II devient nécessaire pour les jeunes comme pour leurs aînés de posséder un ouvrage de référence, concis et facile à lire, qui permette de comprendre le contexte dans lequel s'inscrivent les différentes étapes de cette tragédie.
L'historien Richard Bolchover a écrit en 1993 que « l'ampleur et l'horreur de l'Holocauste sont si grands et l'événement est devenu si central dans la sensibilité du monde juif de l'après¬uerre, que tout essai d'étudier l'attitude des témoins du drame juif court le risque d'être taxé d'insensibilité' ». L'alternative à cette mise en garde serait le silence, qui progressivement laisse la mémoire disparaître et les responsabilités s'estomper. Ce silence est insupportable.
Certains contemporains et plus tard des historiens ont très souvent dénoncé « le silence » des acteurs de l'époque. Des cha¬pitres entiers, des livres même ont été consacrés à ce sujet. On parle des « silences » de Pie XII, c'est le titre d'un ouvrage de Carlo Falconi . Le jugement de Dietrich Bonhoeffer, célèbre théologien protestant, est sans appel : « Elle (l'Église) fut silen¬cieuse, alors qu'elle aurait dû crier parce que le sang des innocents hurlait dans les cieux . » Chacun a critiqué les « silences » de son voisin. On connaît la condamnation sans appel de François Mauriac : « Un crime de cette ampleur entraîne dans une grande mesure la responsabilité des témoins, qui, quelles que soient les raisons de leur silence, ne se sont jamais élevés contre lui. » On peut également parler des « silences » de la presse occidentale. « Les principaux journaux comme les magazines à gros tirage furent tout aussi discrets. Il faudra attendre l'arrivée des Alliés dans les camps (en 1945) pour que les médias se déchaînent... trop tard. »
Plus spécifique, Richard Lichtheim, le représentant de l'Agence juive à Genève, écrivait le 10 novembre 1941 au Congrès juif mondial à Londres que, curieusement, dans ses condamnations de l'oppression allemande, le président Roose¬velt ne mentionnait jamais les Juifs. Ce « silence étudié » ne rendait pas les choses plus faciles pour les victimes. Léon Kubowitzki, directeur du département européen du Congrès juif mondial à New York, critiqua « le silence persistant de la Croix-Rouge face aux différentes étapes de la mise en oeuvre de la politique d'extermination. (...) Un silence qui restera l'un des mystères les plus troublants et les plus pénibles de la Seconde Guerre mondiale ».
En novembre 1968, le Jewish Spectator soulignait que le silence, « l'indifférence et 1e manque de sensibilité des non-Juifs qui ne firent rien alors qu'ils pouvaient sauver les six millions de Juifs que l'on exterminait, ont été dénoncés et docu¬mentés. Mais qu'ont fait les Juifs américains pendant les années de l'Holocauste ? » En novembre 1977, Bernice Tannenbaum, présidente de l'Association des femmes sionistes Hadassah, écrivait à propos de ces mêmes Juifs ; « La principale leçon de l'Holocauste, c'est qu'ils furent silencieux alors qu'ils auraient dû hurler. »
Le cri de désespoir d'Emmanuel Ringelblum, lancé du ghetto de Varsovie pendant l'été 1942, est infiniment plus pathétique : « Le monde connaît-il nos souffrances ? Et s'il les connaît, pourquoi est-il si silencieux ? Pourquoi le monde n'intervient-il pas, lorsque des dizaines de milliers de Juifs sont tués ? Pour¬quoi le monde est-il silencieux quand des dizaines de milliers de Juifs sont empoisonnés à Chelmo ? Pourquoi le monde est-il silencieux quand des centaines de milliers de Juifs sont massa¬crés en Galicie et dans les nouveaux territoires occupés » Le 6 octobre 1943, le jour précédant le Yom Kippour, 400 rabbins orthodoxes se rassemblèrent devant la Maison-Blanche. Le Yiddish Shtimme avait publié une page entière, ou l'on pouvait lire : « Le silence du monde alors qu'un peuple entier est assassiné est un crime dont sont coupables tous ceux qui le tolèrent". » Jugement terrible et définitif de l'époque, qu'Élie Wiesel exprime de façon implacable : « Demandez aux survivants : ils vous diront que l'indifférence des Alliés et de leurs amis les ont blessés aussi profondément que la cruauté de l'ennemi. Que les nazis les aient désirés morts, semble normal. (...) Mais com¬ment expliquer la passivité et le silence des autres ? »
Il y eut les ignorants qui ne cherchèrent pas à s'informer ; ils avaient d'autres préoccupations plus pressantes. Ce sont probablement les plus nombreux. D'autres ne réalisèrent pas ce qui arrivait, restant incrédules devant l'immensité des chiffres. 11 y eut ceux qui savaient, mais dont les priorités étaient ailleurs ou qui, pour des raisons politiques, firent même de l'obstruction à la diffusion de l'information. II y eut enfin ceux qui furent paralysés par la taille de l'événement.
Parmi ces derniers, certains réagirent par le « refus de la réalité, le rejet psychologique d'une information qui, pour une raison quelconque, est inacceptable Il ». Il y eut un blocage dans la prise de conscience de la catastrophe, un rejet inconscient destiné à se protéger contre une dérive psychologique destructrice. D'autres prirent la dimension de la tragédie, mais ils se replièrent sur eux-mêmes en réalisant l'impossibilité matérielle de secourir, leur incapacité d'entreprendre la moindre action concrète. Sévère, et il avait le droit de l'être, Samuel Zygelbojm, qui passa les premiers mois de l'occupation allemande à Var¬sovie, écrivait en février 1943 : « Le monde se cache derrière un masque d'incrédulité bien pratique et ne fait rien pour secourir ceux qui sont encore en vie. » Ce que Zygelbojm dénonçait, c'est le silence des contemporains qui engendra l'abandon des Juifs d'Europe à leur sort. C'est le sujet de ce livre.
On n'expliquera jamais l'inimaginable. « Le meurtre des Juifs par les nazis fut unique parce que jamais auparavant un État n'avait décidé et proclamé avec toute l'autorité de son chef responsable qu'un groupe spécifique d'hommes devait être tué (...) et n'avait ensuite exécuté cette décision avec tous les moyens à la disposition de l'État . »
Et pourtant des observateurs avaient déjà prédit à 1a fin 1938 que la communauté juive européenne allait disparaître. « Les Juifs en Allemagne sont condamnés à mort et leur exécution se fera lentement, mais trop rapidement probablement pour que le monde puisse les sauver. (...) Nous serons amenés à rompre nos relations avec l'Allemagne et devons nous préparer à rejoindre la guerre contre eux. (...) Les démocraties européennes ont perdu ta partie à Munich et la solution finale se prépare lente¬ment. Les années devant nous verront une grande bataille, dont le sort déterminera le sort de la civilisation pour des siècles . » Tels sont les propos de Raymond Geist, diplomate américain en poste à Berlin, dans une lettre du 5 décembre 1938. Il ne se trompait que sur les moyens utilisés par les nazis et sur l'extrême rapidité du génocide.
Ce livre apporte des éléments d'information permettant à chacun de se forger son opinion sur l'événement le plus horrible et le plus incroyable du XXe siècle. Nous devons rester profondément conscients de ne pas avoir suffisamment tendu la main aux désespérés. Silences meurtriers analyse l'attitude souvent trop passive des témoins occidentaux face à ce que l'on a appelé par la suite l'Holocauste ". Le génocide juif, il faut insister sur ce point, fut entièrement perpétré par l'Allemagne nazie. L'importante thèse engagée de Daniel Goldhagen, Les Bourreaux volontaires de Hitler, a traité amplement de la responsabilité allemande"'. C'est un sujet que n'aborde pas Silences meurtriers. Mais en aucun cas le rôle central de l'Allemagne hitlérienne dans sa politique d'extermination des Juifs ne doit être oublié au cours de la lecture de ce livre.



cordialement


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