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Le procès de Riom / Pierre Béteille

En réponse à -5 -4 -3 -2
-1Décollons ! de Francis Deleu

extrait à paraître de françois delpla le dimanche 04 mai 2008 à 13h30

Bcp à faire aujourd'hui, alors joker : voici ce que je dis dans le futur Mandel du bobard suivant lequel Pétain était assailli de demandes de "l'opinion" pour qu'il trucidât Reynaud, Blum et Mandel entre autres seigneurs.

En outre, un entretien de Laval avec un diplomate américain, Robert Murphy, le 29 juillet, expose la philosophie qui inspire ces diverses mesures. L’Américain télégraphie aussitôt à son gouvernement :

"Laval insista ensuite sur les « responsabilités » de ceux qui voulurent la guerre : il me révéla que Mandel, Blum, Reynaud, Daladier, Léger et tant d’autres seraient incessamment jugés. « Je n’exige pas leurs têtes, c’est le pays qui demande que les responsables soient identifiés et punis ! » dit Laval."

Il apparaît donc :

1) qu’Abetz a donné le branle à la mise en jugement des « responsables de la guerre » lors de sa première rencontre avec Laval, le 19 juillet ;

2) que Vichy a obtempéré en traînant un peu les pieds, par la formulation alambiquée de l’objet des poursuites : les accusés ne seront pas poursuivis pour avoir déclaré la guerre –ce serait embrasser d’emblée la thèse allemande suivant laquelle le Pologne n’a pas été agressée, mais a subi les conséquences de son attitude belliqueuse, offensante et même offensive , encouragée par les puissances occidentales- mais pour avoir « trahi les devoirs de leur charge » au cours de cette crise, ce qui est une manière floue de dire la même chose, tout en laissant la porte ouverte à des condamnations modulées suivant le degré d’enthousiasme guerrier manifesté par les prévenus ;


3) que ce même gouvernement a aussitôt entrepris de se défausser de ses responsabilités, et de dissimuler les pressions allemandes, en prétendant qu’un puissant courant d’opinion réclamait instamment ces poursuites.

Car c’est dans cette conversation du 29 juillet entre Laval et Murphy, apparemment, que le transfert de la responsabilité du sort de Mandel sur l’opinion publique, désignée comme « le pays », commence son interminable carrière. Or ce n’est pas la France qui demande, c’est Abetz qui exige, ou plutôt, et plus subtilement, fait comprendre que la stigmatisation de ces personnes (ou, s’agissant de Léger comme plus haut de Cot, leur condamnation par contumace, puisque tous deux résident aux Etats-Unis) serait reçue par Berlin comme un geste amical. Puisque les Allemands sont en position de force, leurs désirs sont des ordres et leurs suggestions des oracles qu’on s’efforce fébrilement de déchiffrer et d’exaucer. L’intérêt de la patrie, croit-on comprendre, réside dans ces condamnations : c’est donc que le pays, même s’il n’en manifeste rien, les « demande » ! Parmi les innombrables échos de ce langage dans la littérature pétainiste, voici ce que Louis-Dominique Girard ose encore écrire en 1948 :

"Il avait même fallu protéger Daladier et Blum contre les risques d’une justice privée, sommaire et peut-être injuste ."

Admirable « peut-être » ! A Riom, sans doute, la justice d’Etat allait être moins sommaire et plus juste ? Mais par malheur, du moins pour le raisonnement de Girard, ces personnes, ainsi que Reynaud, Gamelin et tous les futurs inculpés, avaient joui pendant les premières semaines de l’occupation, qui auraient dû être à cet égard les plus dangereuses, d’une liberté absolument paisible. Le surgissement de nombreux véhicules de police autour de leurs résidences en cette fin d’été ne doit rien au souci de traquer des rôdeurs patibulaires qui auraient menacé leurs jours. Les Français se remettaient du choc de la défaite sans songer à la conjurer par des vengeances.



*** / ***

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