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Un crime de guerre / Sylvain Joubert

En réponse à -7 -6 -5 -4 -3 -2
-1mais en 2007... de steph2

Les enjeux mémoriels de Francis Deleu le vendredi 24 août 2007 à 20h58

Bonsoir Steph2, bonsoir à tou(te)s,

Steph2:
C'était en 1944, mais en 2007 pourquoi la thèse qui semble bien établie d'une planification en haut lieu a-t-elle mis 40 ans à faire surface? (ou peut-être le sait on depuis toujours et c'est moi qui ne le savait pas). On citait souvent la division montant au front harcelée par les résistants dont une unité de son propre chef fait des représailles.
Comme je le disais les sources de Nicolas Bernard me semblaient très récentes. Je me suis donc demandé si cette thèse établie était récente ou non
Vaste question qui mériterait de longs développements pour lesquels je n'ai pas beaucoup de talents ni de connaissances suffisantes. Je me propose donc de vous donner quelques pistes de réflexions.
Toutefois, notons d'emblée que la thèse d'une action planifiée dans le Limousin pour combattre la Résistance et semer la terreur dans la population n'a été remis en cause qu'au début des années 2000 par un escroc négationniste. Nous y reviendrons plus bas.

Dès la Libération, dans le climat de tensions politiques de l'époque, Oradour fut choisi comme symbole de la barbarie nazie avec comme conséquence que le massacre fut détaché de son contexte historique.
(...) la représentation de certaines populations en martyrs contribua à ennoblir l'expérience humiliante de la défaite et à dissimuler la passivité pendant l'Occupation. L'histoire d'innocents villageois massacrés par les nazis contenait le message implicite selon lequel, quel que fût le choix politique, tout Français était exposé ou était un martyr potentiel. Dans un pays où la Résistance avait reçu une sorte de consécration officielle, Oradour fournissait une autre possibilité: le martyre de Français pacifiques et sans défense. De ce point de vue, le symbole d'Oradour jetait un voile pudique sur la politique brutale du gouvernement de Vichy. Oradour peut être considéré sans exagération comme le temple d'un culte séculaire de la mémoire qui emprunte son imagerie au catholicisme.
(Sarah Farmer, "Oradour, 10 juin 44", Perrin 2007, p.17)
Jacques Delarue qui situent l'activité de la division "Das Reich" comme une action de représailles dans un contexte d'écrasement de la Résistance, note le phénomène constitué par l'oubli de ce contexte :
Le drame d'Oradour éclipsait tous les autres crimes de la division "Das Reich". Le nom du village martyr limousin était devenu un symbole, l'image du crime et de la douleur, et cela est bien compréhensible. Mais cette attitude, en isolant le crime de son contexte général, c'est-à-dire de la vague criminelle qui l'avait entouré, de la longue succession de meurtres, d'assassinats, d'incendies, de destructions (...) faisait d'Oradour un fait exceptionnel, une sorte d'incident, d'excès involontaire dû à la guerre, alors qu'il n'était que l'application, plus totale et complète que d'ordinaire, des méthodes quotidiennes de la division "Das Reich"
(Jacques Delarue, Trafics et crimes sous l'Occupation, p.473, Fayard, 1968).
En 1953, après bien de péripéties politiques, intervient le procès de Bordeaux. Nous ne nous y attarderons pas. Retenons seulement que 13 Alsaciens "Malgré-Nous" comparaissaient dans le box des accusés dans le cadre d'une loi sur la responsabilité collective. Ils faisaient partie de la 3e compagnie du régiment "Der Führer" de la division "Das Reich" qui perpétra le massacre d'Oradour. Que des "Malgré Nous" déjà victimes d'un enrôlement de force dans l'armée allemande pour être ensuite traînés devant un tribunal français provoqua un tel tollé en Alsace que l'Assemblée nationale, dans un souci de cohésion nationale, vota à la hâte une loi d'amnistie. Loin d'apaiser les passions, l'amnistie ne contenta ni les Limousins qui n'obtenaient pas le châtiment des coupables, ni les Alsaciens que l'amnistie des Malgré-Nous" n'exonéraient pas de leur participation directe ou indirecte au crime.

Enfin, nous en arrivons à ce qui me semble être au coeur de votre question ou est-ce que je me trompe : la remise en cause du massacre d'Oradour par le négationniste Vincent Reynouard ? Ce dernier distribua dans différents établissements scolaires une cassette-vidéo intitulée Tragédie d'Oradour-sur-Glane : 50 ans de mensonges officiels.
Pour commenter cette cassette, je cède la clavier à Stéphane Delogu. Administrateur du site "Le Débarquement en Normandie", Stéphane Delogu y publia un article exhaustif : Chronique ordinaire du négationnisme.

Dans ce même contexte, Nicolas Bernard démontait la supercherie négationniste : Suis tombé par erreur sur le site de Vincent Reynouard

Un extrait significatif :
Selon Reynouard - qui n'avance, contrairement à l'allure de son bouquin, aucune preuve à l'appui de ses dires, sinon en recourant à l'hypercritique, la falsification de texte et l'interprétation abusive des pièces, les S.S. n'ont pas massacré la population civile à Oradour. Ils se sont attaqués à une forteresse maquisarde, et ont tué quelques Résistants. Malheureusement, tous les civils ont été pris sous les tirs croisés, et sont tous morts. Plusieurs centaines de victimes, donc. Reynouard écrit ça.

Une version négationniste aussi délirante (normal, me direz-vous) répond au besoin de dédouaner les nazis d'un de leurs crimes les plus odieux : le massacre de tout un village (hommes, femmes et enfants). Curieusement, les négationnistes ne s'intéressent guère aux autres très nombreux Oradour commis sur le Front de l'Est par les soldats du Reich...

Première étape de la négation: faire de l'intervention des S.S. à Oradour un événement légitime. Comment? En niant l'innocence des victimes. Donc, en transformant ce paisible village en base secrète des maquisards (communistes, oeuf corse - même que la route du tramway servait de piste d'atterrissage pour les B-17, non ?). Problème : les preuves, on les attend encore...

Cette rumeur a été propagée... par les S.S., des années après la guerre. Par un officier S.S. en particulier, Otto Weidinger. Historiographe, ou plutôt hagiographe de la Das Reich, dont il a commandé un régiment, le 4e S.S. Der Führer. Inutile de préciser ses mobiles, assurément très nobles - qu'y a-t-il de plus noble que la virile camaraderie d'armes ?

Même l'administration de Vichy n'a rien remarqué, en matière de maquis. Ni les habitants d'Oradour (car on a retrouvé leurs lettres, leurs journaux, pas mal de doc', en fait : et aucune référence à un quelconque maquis). Ni les survivants du massacre. Les trois principaux chefs de la Résistance armée du département ont confirmé les documents de l'Etat français, ceux des habitants, et les témoignages des survivants : Oradour n'était pas "rempli de Résistants"
.


Bien cordialement,
Francis.

*** / ***

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1 Oui, c'est récent ! de françois delpla 25 août 2007 16h02
2 Tout à fait de Nicolas Bernard 26 août 2007 12h51
3 Histoire de guerre n°55 ! de steph2 28 août 2007 11h59

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