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Rommel / Dominique Lormier

En réponse à -10 -9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2
-1oui mais je maintiens. de 13emeDBLE

"Berlin" = O.K.H.... ou Hitler ? de Nicolas Bernard le dimanche 05 août 2007 à 13h03

> Je motiverai mieux mon argumentation lorsque j'aurai plus de
> temps

Pas la peine, ce que vous écrivez me convainc tout à fait. Encore que d'après le très intéressant message de David Zambon, les relations Rommel-Italiens apparaissent plus ambiguës. En d'autres termes, Rommel fait preuve d'un esprit trop frondeur et indépendant, ce qui déplaît au Commando Supremo mais plaît à la troupe et même à certains généraux. Il est vrai que les moeurs très "Ancien Régime" du Haut-Commandement italien n'étaient guère de nature à combler le fossé entre lui et ses soldats. Cela dit, la situation était encore pire dans les armées balkaniques, notamment les formations roumaines et hongroises sur le Front de l'Est.

Mais là encore, l'indépendance d'esprit - militaire, pas politique, du moins pas immédiatement - de Rommel était-elle de nature à sceller le destin de l'armée axiste d'Afrique ? A nouveau je n'en suis pas convaincu. Car cette indépendance n'existait que pour autant qu'elle ne gênât pas Hitler. Lequel, à mon sens, a utilisé Rommel, entre autres raisons déjà développées ci-dessus, pour contrôler l'Italie en Méditerranée, Kesselring jouant le rôle d'agent modérateur. Un genre de tactique du gentil et du méchant flic, si vous préférez - le Kremlin agira pareillement dans certaines crises des pays de l'Est, notamment en Pologne en 1956.

Sans vouloir jouer l'avocat du général du diable, je relativiserais assez vos reproches à l'encontre de Rommel : non qu'il n'ait pas commis d'erreur - vous démontrez justement le contraire - mais son attitude s'insère dans une stratégie plus vaste télécommandée par son Führer. Certes, c'est Rommel qui est à l'origine de sa plus terrible "faute", à savoir l'annulation de l'invasion de Malte au profit de son offensive en Egypte. Mais la décision ne lui appartenait nullement, et le vrai responsable n'est autre que son supérieur, Adolf Hitler. Lequel a, c'est vrai, été convaincu par les arguments de son "enfant chéri", mais doutait également de la fiabilité des Italiens s'agissant d'une opération aussi complexe, à la fois aéroportée et amphibie (voir Philippe Masson, "Intervention Malte", in La guerre en Méditerranée 1939-1945, C.N.R.S., 1971, p. 338). Comme face au Caucase et à Stalingrad deux mois plus tard, le dictateur nazi va prendre un risque. Le risque, dans son esprit, est-il au demeurant si élevé ? A supposer que Rommel échoue à s'emparer d'Alexandrie, il y aura toujours la possibilité de le voir accomplir des miracles, outre que l'effondrement éventuel de l'Union soviétique pourra permettre au Reich de concentrer son effort dans la Mare Nostrum.

On touche là un aspect intéressant du système hiérarchique germano-italien. Officiellement, Rommel doit obéir au Commando Supremo, avec la bénédiction de l'O.K.H.. Dans les faits, les réalités stratégiques et diplomatiques l'emportent. L'Italie ayant été considérablement affaiblie par ses désastres libyen et éthiopien, l'Allemagne a pris la relève en assure une position dominante sur ce théâtre d'opérations. De fait, et également parce qu'il nourrit une relation personnelle avec Hitler, Rommel ne s'estime dépendant que du dictateur et de lui-seul. Le Commando Supremo et l'O.K.H. peuvent aller voir ailleurs... Il est intéressant, à ce propos, de savoir que l'officier d'ordonnance de Rommel était en contact direct avec Goebbels, point qui n'a pas attiré l'attention des historiens, et de nature pourtant à éclaircir les positions hiérarchiques de chacun, de même que la nature médiatique de la guerre du Désert.

A ce titre et dans ce contexte, il s'agit bel et bien du heurt entre deux conceptions stratégiques, d'un côté l'esprit de Blitzkrieg, l'audace et la témérité, de l'autre la prudence. D'un côté un Hitler qui aime les coups de maître et compte à ce sujet sur Rommel, de l'autre des généraux, allemands et italiens, plus timides. Le Commando Supremo était naturellement trop statique, mais il est faux d'écrire que l'O.K.H. maîtrisait à fond le concept de "guerre éclair". Si la tactique était maîtrisée, la stratégie du même nom ne l'était pas du tout. Halder et Brauchitsch faisaient en effet partie de la "vieille école", et n'ont de manière générale jamais formellement approuvé les initiatives stratégiques de leur patron - sauf, paradoxalement, s'agissant de la Russie. De même Halder s'était-il inquiété, pendant la bataille de France, de l'avance prise par certains généraux, tels que Guderian et Rommel précisément. Mais l'O.K.H. ne comptait pas, seul comptait le Führerprinzip.

Un tel système de commandement, basé sur un rapport personnel entre Hitler et Rommel et court-circuitant et l'O.K.H. et le Commando Supremo, n'avait de chaotique que l'apparence. Il avait déjà fonctionné avec succès (voir François Delpla, La ruse nazie, France-Empire, 1997, pour l'exposé de ce réseau au cours de la bataille de France), et fonctionnerait encore de la même manière par la suite. Hitler laissait l'O.K.H. fixer des directives générales, puis gardait le contact direct avec certains généraux pour mieux imposer ses vues et modifier, le cas échéant, ses plans d'opérations - j'en avais déjà causé dans le H.S. de Batailles & Blindés consacré à Stalingrad, p. 16.

Bref, pour résumer : Rommel éprouvait des difficultés à s'intégrer dans une coalition, mais ce n'était pas là le rôle que le Führer lui avait attribué. Rommel devait incarner la foudre hitlérienne en Afrique, pour faire rêver le peuple allemand et déstabiliser la Grande-Bretagne. Tant pis si le Commando Supremo pleurnichait, de même que les bougons stratèges de l'O.K.H.. Les règles du jeu étaient fixées par Hitler.

*** / ***

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