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Pie XII et la Seconde Guerre mondiale / Pierre Blet s.j.

En réponse à -13 -12 -11 -10 -9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2
-1Pie XII et la Croatie de Nicolas Bernard

Le vatican et la Croatie de Francis Deleu le lundi 11 juin 2007 à 18h16

Bonsoir Léon, bonsoir Nicolas, bonsoir à tou(te)s,

C'est détaillé par Blet in Pie XII et la Seconde Guerre mondiale d’après les archives du Vatican, Perrin, 1997, p. 203-206 (pour un point de vue favorable au Pape), (...) écrit Nicolas Bernard.

Et comme LdG ne recule jamais devant l'obstacle et que son serviteur Deleu dispose de quelques loisirs, pourquoi ne pas vous proposer ces pages soigneusement scannées et OCRisées :

********************
L'État indépendant de Croatie, qui commença d'exister en 1941, était encore plus soumis au Grand Reich que la Slova­quie. La situation des Juifs, dont le nombre était évalué à 40.000, y devint rapidement menaçante. Le 14 août 1941, la Delasem demanda au cardinal Maglione s'il y avait moyen d'entrer en contact avec les Juifs en Croatie, et d'assurer leur transfert en Italie. Le 6 septembre, Mgr Rozman, évêque de Ljubjana, exprimait son inquiétude et demandait que les Juifs baptisés, qui s'étaient enfuis dans la province de Ljubjana, annexée à l'Italie, ne fussent pas renvoyés en Croatie, où ils seraient exposés à un traitement rigoureux. Le 21 avril 1942, le cardinal Maglione, répondant à un appel de Juifs améri­cains, résumait la situation :

Le rév. abbé Marcone, envoyé du Saint-Siège en Croa­tie, a de fait plusieurs fois attiré l'attention de diverses per­sonnalités de Zagreb sur les conditions imposées aux non­ aryens. Son secrétaire et celui de l'archevêque de Zagreb [Stépinac] ont pu visiter divers camps de concentration et y porter un mot de réconfort et de secours. Pour ceux qui s'étaient réfugiés en territoire occupé par les troupes ita­liennes, la Secrétairerie d'État a obtenu qu'ils ne soient pas refoulés dans leur pays d'origine.

À cette époque, le spectre de la déportation disparaissait derrière le souci des mauvais traitements infligés aux détenus des camps de Croatie. Mais le 17 juillet, Marcone disait que lorsque l'on avait demandé des nouvelles, les autorités croates s'étaient dans les derniers mois renfermées « dans un silence inexplicable ». Les réponses n'étaient fournies qu'à la suite de protestations réitérées. Dans une autre relation du même jour, 17 juillet, il donnait l'information de loin la plus lourde de signification qu'eût encore reçue le Vatican. Il était allé trouver le chef de la police, Eugène Kvaternik, et s'était plaint de la cruauté dont étaient victimes les Juifs de tout âge et de toute condition. Kvaternik lui avait répondu que le gou­vernement allemand lui avait imposé l'obligation de trans­férer tous les Juifs en Allemagne "où, selon ce que m'a rap­porté Kvaternik lui-même, on a fait périr, dans ces derniers temps, deux millions de Juifs. Il paraît que le même sort attend les Juifs croates, spécialement s'ils sont vieux ou inca­pables de travailler".
La sinistre information avait aussi atteint les milieux juifs de Zagreb. Le chef rabbin Salom Freiberger était souvent allé visiter Marcone pour lui parler des menaces qui pesaient sur sa communauté, et il écrivit au pape le 4 août, en lui deman­dant de venir au secours de son peuple.
Les efforts du Saint-Siège n'obtinrent qu'un succès limité. Le 30 septembre, Marcone référait: « Malheureusement, nous n'avons pas réussi à changer le cours des événements. Cependant, beaucoup d'exceptions que nous avions propo­sées dans la déportation des Juifs ont été concédées, et les foyers formés par des mariages mixtes entre Juifs, même non baptisés, et catholiques, ont été épargnés sans exception. » Et à la suite de nouvelles instructions de la Secrétairerie d'État, le délégué du Saint-Siège écrivait le 8 novembre qu'il avait fait tout son possible pour adoucir le sort des Juifs croates, qu'il en avait souvent parlé avec Pavelic et avec le chef de la police, avec peu de succès: « On a obtenu quelque chose, mais peu. » Un nouveau chef de la police, fonctionnaire de la vieille école autrichienne, lui avait dit ouvertement « qu'il ne pouvait pas changer substantiellement les mesures adoptées contre ces malheureux et que, tôt ou tard, tous devraient être transportés en Allemagne ».
L'année 1943 s'ouvrit cependant sous des auspices favo­rables avec un rapport de Marcone du 23 février, communi­quant les remerciements du grand rabbin de Zagreb, Frei­berger, pour l'aide apportée par le Vatican à l'émigration des enfants juifs vers la Turquie.
Mais la menace de la déportation planait toujours sur la communauté juive. Une ordonnance de la police, qui enjoignait à tous les Juifs de se présenter en personne, avait excité de nouvelles alarmes. Marcone retourna voir le chef de l'État, qui aurait déclaré devant le représentant du Reich, Siegfried Kasche, qu'il n'entendait pas persécuter les Juifs baptisés, et une proclamation en ce sens avait été affichée. À la suite de quoi ledit Kasche se serait exclamé: « Le Saint-Siège commence à devenir trop puissant en Croatie. Je veux voir cette fois si c'est lui ou moi qui l'emportera. » Marcone de conclure: « Je prie le Seigneur de concéder au Poglavnik la force de résister. »
Ces informations étaient du 13 mars. Le 30 mars, à la suite de nouvelles alarmantes, Maglione télégraphiait à Marcone de faire toutes les démarches possibles pour empêcher la déportation qui menaçait les Juifs croates, dont quatre-vingts pour cent étaient baptisés. Marcone répondit le lendemain qu'il suivait continuellement la situation des Juifs, qui eux-­mêmes le tenaient sur le qui-vive en venant chaque jour lui demander des nouvelles. Du côté du gouvernement, il rece­vait l'assurance qu'il n'y avait rien de nouveau par rapport aux Juifs et qu'en tout cas les couples mixtes et les Juifs bapti­sés seraient épargnés.
Néanmoins, Marcone se méfiait, non sans raison. Six semaines plus tard, tous les Juifs, excepté, pour un temps, ceux qui étaient mariés à des catholiques, furent arrêtés et transportés en Allemagne. Même les Juifs baptisés depuis longtemps avaient été enlevés. Au milieu de la nuit, tandis que tout le monde dormait, les policiers s'étaient présentés chez ces Juifs et ils les avaient pris sans égard pour l'âge, la condition sociale ni le baptême. L'un des plus vieux était mort de peur. Ni les protestations du représentant du pape, ni les sermons et les protestations de l'archevêque de Zagreb, Stépinac, n'avaient prévalu contre l'influence de l'Allemagne national-socialiste.
Pourtant, le 31 mai, Marcone pouvait communiquer les assurances du ministre des Affaires étrangères que les mariages mixtes étaient « protégés » et qu'aucune mesure ne serait jamais prise contre eux :

Des quantités de personnes, qui avaient depuis des années contracté le mariage mixte et jusqu'à hier vivaient dans la hantise perpétuelle d'être prises d'un moment à l'autre, envahirent notre logis et, les larmes aux yeux, remerciaient le Saint-Siège qui, seul en cette triste époque, prend encore soin des fils d'Israël.

En accusant réception de cette bonne nouvelle, Maglione répondait « qu'il souhaitait que ce gouvernement s'abstînt de quelque mesure que ce fût contre les Juifs, même ceux qui ne sont pas engagés en des mariages mixtes ».
Moins de quinze jours plus tard, le 11 juin, une lettre était adressée au délégué apostolique d'Istanbul par un membre d'une commission de secours des Juifs européens, Meir Touval-Weltmann. Il exprimait à Mgr Roncalli des remercie­ments « pour toute aide précieuse de la part du Saint-Siège, de Votre Excellence et celle de Mgr Righi [secrétaire de la délégation] ». Sa lettre était accompagnée d'un mémorandum qui priait cette fois le délégué d'exprimer la reconnaissance des Israélites à l'archevêque de Zagreb, car ils savaient « que Mgr Dr Stépinac a fait tout son possible pour aider et faciliter le sort malheureux des Juifs de Croatie ». Le mémorandum ajoute que les Juifs en Croatie ne dépassent plus le nombre de 2 500. Ils priaient enfin Mgr Stépinac de continuer son action pour sauver une centaine de Juifs, dont le grand rab­bin, arrêtés le mois précédent, et d'intervenir pour faciliter le voyage des Juifs de Croatie vers la Hongrie et l'Italie, d'où ils espèrent les transporter en pays neutre ou en Palestine.

(pages 203 à 206)
********************

Bien cordialement,
Francis.

*** / ***

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