Robert arrive avec ses mémoires - Charles de Gaulle - forum "Livres de guerre"
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Charles de Gaulle / Eric ROUSSEL

En réponse à
-1L'exécution de Darlan : un acte d'intérêt public. de René CLAUDE

Robert arrive avec ses mémoires de Jacques Ghémard le jeudi 06 mars 2003 à 19h36

Voici quelques extraits du livre de Robert Murphy qui évoquent Darlan.

P126 Octobre 42
Et voilà que cet amiral me prévenait secrètement qu'il entendait jouer un rôle dans les opérations militaires franco-américaines. Sa proposition n'arriva d'ailleurs pas en coup de tonnerre: depuis treize mois, il nous faisait des appels discrets.
Je connaissais Darlan depuis plusieurs années, mais très superficiellement. Nos rencontres n'avaient été que fortuites. A Paris et à Vichy on le disait politicien plus que marin. Il avait pourtant réussi à s'assurer le respect et l'admiration de la marine française. S'il savait manoeuvrer dans les milieux politiques, cela lui avait permis d'obtenir les crédits nécessaires à la modernisation et à l'expansion de la flotte française, et c'est lui encore qui avait su persuader les nazis de libérer 60000 marins français prisonniers. Il était tout désigné pour être nommé ministre de la Marine par le maréchal Pétain, au moment de l'armistice.
Lorsque, en mars 1941, je revins à Vichy pour un bref séjour, ce ne fut pas à l'amiral, ministre de la Marine, que j'eus affaire, mais bien à l'héritier présomptif du vieux maréchal. Après avoir évincé son rival, Pierre Laval, Darlan était devenu vice-président du Conseil. C'est l'amiral Leahy qui, à cette époque, représentait les Etats-Unis à Vichy. Il a écrit, plus tard, ses Mémoires "Marins tous deux, nous avons naturellement parlé métier." En dépit de ce métier qui les rapprochait, l'ambassadeur américain me déclara qu'il tenait Darlan pour un dangereux arriviste. Leahy a aussi écrit : "Je ne pouvais avoir la moindre confiance en lui. Parfait opportuniste, Darlan faisait de la corde raide entre les différentes puissances en conflit." Cependant l'amiral me confia un jour que Si les alliés débarquaient en Afrique du Nord en force suffisante pour vaincre les nazis, il ne ferait aucune obstruction.

/***/ Une fois encore il affirma que la flotte française ne serait pas utilisée contre les Etats Unis. Darlan ajouta que personnellement il souhaitait maintenir des relations amicales avec l'Amérique. Il déclara avec une égale vigueur que de telles relations amicales ne lui paraissaient pas souhaitables avec la Grande-Bretagne

P144
Le rôle mélodramatique joué par l'amiral Darlan au cours de la campagne d'Afrique provoqua une des plus vives controverses de la guerre. Pendant plus de deux ans, Darlan avait fait à la radio de Vichy des déclarations anti-britanniques et anti-gaullistes et il donnait l'apparence de collaborer étroitement avec les nazis. Naturellement les propagandes britannique et gaulliste s'acharnaient à le discréditer.

P158 et suivantes
Quelles qu'aient été les faiblesses apparentes de Darlan pendant la période de Vichy, les dernières semaines de sa vie montrent que Darlan était patriote. En défendant les intérêts de la France, il apportait à la cause alliée une contribution bien plus importante qu'on ne le pensait à cette époque. Il m'invita parfois à suivre les conversations téléphoniques qu'il avait avec différents chefs militaires français, pendant la période critique qui suivit le débarquement. Il me faisait également lire certains de ses messages avant de les envoyer. Personne, hormis Darlan, j'en suis sûr, n'aurait pu à cette époque persuader aussi rapidement Noguès de mettre fin à la résistance au Maroc et convaincre Pierre Boisson, gouverneur général de l'A.O.F. de livrer cet immense territoire ainsi que le port de Dakar, sans qu'un seul coup de feu soit tiré. Plus que n'importe quel autre ce port inquiétait Roosevelt. Il constituait à ses yeux la plus grande menace pour le continent américain. J'entendis Darlan exhorter par téléphone l'amiral Jean Esteva, alors résident en Tunisie, à résister à l'invasion imminente des troupes aéroportées allemandes. Darlan demanda : "Esteva, voulez-vous devenir Américain ?"

/***/ Darlan fit tout son possible pour persuader l'amiral de Laborde d'amener la flotte française de Toulon à Alger.

/***/ Lors de l'armistice, en 1940, et fréquemment au cours des vingt-huit mois qui suivirent, Darlan affirma que les Allemands n'utiliseraient jamais cette flotte. Lorsqu'elle se saborda, à Toulon, le petit amiral eut du moins la satisfaction de voir que sa promesse était tenue. A plusieurs reprises il me déclara : "Je vous en prie, dites à votre Président que s'il voit en moi une entrave plus qu'une aide, c'est bien volontiers que je me retirerai." Il offrit même de nous remettre une lettre de démission non datée, utilisable à notre convenance.

/***/. Vingt-quatre heures avant que Darlan ne soit abattu, je déjeunai avec lui /***/ A l'issue du déjeuner, Darlan porta un toast à la victoire britannique. Nous allions nous quitter quand il me demanda de l'accompagner à son bureau. Une fois seul avec moi, il écarta les papiers qui encombraient sa table et me déclara tout de go "Vous savez sans doute qu'il se trame actuellement quatre complots visant à m'assassiner. Supposez qu'un de ces complots réussisse. Que ferez-vous alors, vous, Américains?" Il tira un feuillet de sa poche et déclara qu'il avait établi la liste de ceux qui pourraient utilement lui succéder. De Gaulle y figurait. Mais Darlan précisa: "Ce serait prématuré. Au printemps 1943, peut-être. Actuellement, il vous attirerait des ennuis." Quant à Giraud, l'amiral ne voyait en lui qu'un bon divisionnaire et rien de plus. Suivaient les noms de quelques civils : Flandin, Herriot, Reynaud et d'autres que je ne me rappelle plus.

/***/ Lorsque nous arrivâmes à l'hôpital militaire, Clark et moi, Darlan venait de mourir sur la table d'opération. Nombre de chroniqueurs américains et britanniques présentèrent cet assassinat comme un événement heureux. Selon eux, la "carte Darlan" imposait aux Alliés un intolérable fardeau de compromission. La mort de Darlan les en débarrassait. Tel n'a jamais été mon sentiment. le président Roosevelt savait qu'il lui suffisait, de demander la démission de l'amiral pour l'obtenir instantanément. A l'hôpital, Clark et moi tombâmes d'accord : plus qu'aucun autre Français, Darlan avait contribué au succès d'une aventure militaire et diplomatique terriblement aléatoire

J’invite les lecteurs à compléter leur opinion par la lecture des accords Darlan avec les Allemands



et par cette page dans laquelle j’ai essayé de mettre en évidence leur application.



Amicalement
Jacques

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