L'opinion publique sous Vichy ? - Le petit nazi illustré - forum "Livres de guerre"
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Le petit nazi illustré / Pascal ORY

En réponse à -4 -3 -2
-1Un antisémitisme latent de Claire

L'opinion publique sous Vichy ? de Francis Deleu le mardi 05 avril 2005 à 12h38

Bonjour Claire, bonjour à tous,

Bien entendu l'antisémitisme n'est pas un phénomène qui est apparu en 1940. Il remonte au début de notre ère et plonge ses racines dans la chrétienté qui fit porter la responsabilité de la mort du Christ au peuple juif .
Au fil des siècles, cette connotation religieuse, bien que toujours présente, cèdera le pas à des sentiments plus diffus. Le "Juif" sera le bouc-émissaire responsable des maux qui accablent la société. Ce sera en périodes de crise économique que l'antisémitisme sera le plus virulent.
Sous la dictature de Pétain, l'antisémitisme entrera dans les lois. On devrait toutefois ajouter qu'une forme larvée d'antisémitisme codifié, voit le jour en 1938 lors de la promulgation des lois sur les naturalisations. (1) La mention "juifs" n'apparaît pas de manière explicite mais il est évident que ce sont eux les premiers concernés.

L'antisémitisme sous Vichy? Pierre Laborie, "L'opinion française sous Vichy" (2) tente d'analyser la persistance et l'évolution du sentiment antisémite dans l'opinion publique. Laborie précise qu'il s'agit d'une approche et en fixe les limites tant il est difficile d'aborder le phénomène.
Dès les années 30, les Juifs étaient identifiés à "l'étranger" fauteur de troubles et de divisions, cause de la décadence du pays. Le Front populaire et l'accession au pouvoir de Léon Blum conforta ce sentiment. L'antisémitisme devint une forme d'opposition au pouvoir qui amalgamait le "juif" à un régime politique méprisé. La défaite de mai/juin 40 trouva tout naturellement ses boucs-émissaires. La propagande pétainiste ainsi que le presse alimentèrent les fantasmes en entretenant la confusion et en martelant les poncifs antisémites: les judéo-gaullistes, les judéo-saxons, judéo-bolchevistes, etc... autant de qualificatifs qui abondaient dans les journaux. Les premières mesures antisémites suscitent l'indifférence ou la passivité. Laborie parle "d'attentisme d'indifférence" et de "banalisation" de l'inacceptable.
"L'apathie et la lenteur d'une prise de conscience sont aussi renforcées par un engrenage de perceptions. Elles mêlent à propos des Juifs, des éléments puisés dans les problèmes prioritaires de la réalité quotidienne avec les égarements habituels des fantasmes antisémites". Les soucis des Français étaient essentiellement le ravitaillement, les prix et le marché noir. Apparaît aussitôt le stéréotype commun de l'antisémitisme: l'assimilation séculaire du "Juif" et de l'argent. Les rapports des préfets indiquent clairement la relation entre la place tenue par aggravation des difficultés matérielles et la mise en cause par l'opinion publique du comportement des Juifs. Les Juifs sont perçus comme échappant par leur fortune aux privations, comme pratiquant de véritables rafles sur les denrées rares, comme démoralisant la nation par leur vie désoeuvrée. Ils seront accusés de trafiquants, de pourvoyeurs du marché noir, etc...etc... bref tous les délires habituels de l'imaginaire antisémite.

Pour en arriver à votre interrogation! Les Français commencèrent-ils à s'émouvoir lors des arrestations massives de l'été 42 ? La réponse n'est pas très évidente. Il semble bien, selon l'opinion des préfets, que l'opinion fut choquée et même bouleversée par les images ou les récits du spectacle des rafles. A cette émotion s'ajoutent les protestations d'une petite partie de l'épiscopat. Les historiens parlent d'un retournement de l'opinion publique. Le facteur émotionnel suscité par les persécutions a certainement joué un rôle. Mais pas autant qu'on pourrait le croire. Il semble plutôt que l'opinion évolue vers une réprobation du régime de Pétain sans qu'il n'y ait retournement fondamental de l'opinion à l'égard des Juifs. Le sort réservé aux Juifs devient un argument dans l'enracinement des attitudes hostiles à l'occupation allemande et à ses méthodes brutales et - c'est nouveau - le régime de Pétain dans sa politique de collaboration, en participant activement aux persécutions, y est associé.

Bien cordialement,
Francis.

(1)Scoop! Bientôt, en page/perso, la plupart des textes (in extenso) de lois antisémites y compris les lois de 1938.

(2)Je sais! Je sais! Les "fondateurs" de LdG devraient donner l'exemple et proposer les livres auxquels ils font référence. Je m'y attelle!

*** / ***

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