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Edition du 21 octobre 2004 à 12h26

Histoire de Guerre / collectif

En réponse à -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2
-1Existe-t-il donc des hommes tout à fait mauvais ? de Jean-Robert GORCE

Je crois qu'Irving a touché le fond, oui... de Nicolas Bernard le jeudi 21 octobre 2004 à 00h55

C'est vrai, je suis très affirmatif - trop affirmatif ? - sur Irving, et c'est vrai, j'écris beaucoup sur lui. A cela, deux raisons :

1) Tout d'abord, c'est le négationniste que je connais le mieux. J'ai lu tous ces ouvrages ou presque, et j'ai lu les documents du procès qu'il a intenté à Lipstadt, ainsi que les livres relatifs à cet individu et au procès. Je "maîtrise" bien mieux Irving que Faurisson, par exemple, c'est pourquoi j'en parle avec davantage de facilité.

2) Ensuite, David Irving est l'un des premiers écrivains de la Deuxième Guerre Mondiale que j'ai eu l'occasion de découvrir, dans ma prime jeunesse. Et déjà à l'époque, s'agissant de ses bouquins les moins minables, je me me demandais s'il produisait des analyses ou se contentait d'accumuler pêle-mêle les faits collectés. Apprenant qu'il était négationniste, je me suis ensuite demandé comment un type aussi manifestement cultivé avait aussi mal tourné. Et j'ai fini par apprendre que c'était un tocard dès le début, et que ses ouvrages les plus réputés, les plus dignes d'être sauvés, étaient soit frauduleux, soit peu travaillés. C'est parce que je veux éviter aux passionnés de l'Histoire de se retrouver dans ma situation d'antan (à savoir une très désagréable sensation de s'être fait rouler dès le départ) que je ne cesse de sonner l'alerte dès que je tombe sur son nom.

David Irving, en d'autres termes, est un type extrêmement dangereux. Ce d'autant que certains de ses "travaux" sont cités par Kershaw - mais il faut bien voir d'une part que Kershaw, dans ses notes de référence, d'abord cite la totalité des bouquins et articles relatifs au sujet de la note (rien d'étonnant donc à ce qu'il renvoie à Irving, entre autre auteurs), ensuite est assez critique envers Irving, à qui il reproche souvent de ne pas citer ses sources, ou de défendre des thèses indéfendables.

Quant à Irving, il tenait une occasion inespérée d'obtenir une réhabilitation, étant cité dans la plus célèbre biographie du plus célèbre dictateur de l'Histoire. Que croyez-vous qu'il a fait ? S'est-il vanté ? A-t-il loué les mérites de Ian Kershaw ? Non, rien à voir. Il a accusé frauduleusement Kershaw de l'avoir plagié. Si. L'accusation était pire que fausse : stupide, car il a définitivement grillé un moyen de regagner en crédibilité.

Chauvy et Baynac, à présent.

Ils ne jouent assurément pas dans la même cour politique, et je n'ai pas envie de les assimiler à ce sinistre personnage.

Chauvy, tout d'abord.

Il n'est pas antisémite, il ne s'inscrit pas dans un mouvement totalitaire, mais c'est, pour autant que je puisse en juger, un diffamateur, ce qui a été confirmé par les juridictions françaises et par les historiens - que ce soit à l'occasion de la Table Ronde de Libération ou par François Delpla dans son livre paru en 1997.

La Cour européenne des Droits de l'Homme, pourtant attachée à défendre la liberté d'expression (elle estime par exemple que la défense de Pétain et de ses actes, même mensongère par omission, doit être effectuée sans barrière étatique), la Cour donc a noté "que les juridictions françaises ont procédé à un examen détaillé et très minutieux de l’ouvrage en cause [celui de Chauvy, NDLR] et notamment de la présentation des faits et arguments exposés, avant de conclure à la condamnation des requérants pour diffamation publique envers les époux Aubrac. La Cour est d’avis que la condamnation des intéressés est fondée sur des motifs pertinents et suffisants. A cet égard, elle est convaincue par les éléments et le raisonnement retenus pour conclure que le contenu de l’ouvrage en question n’a pas respecté les règles essentielles de la méthode historique et a procédé à des insinuations particulièrement graves." ().htm)

Je suis tout à fait d'accord avec cet arrêt. De ce constat, je regrette - mais je vous l'ai déjà écrit - que vous ayez laissé ce personnage s'exprimer dans "Histoire de Guerre" en juin 2003 : votre décision laisse penser qu'un auteur qui n'a pas respecté les règles de la méthode historique pour mieux faire passer une entreprise de diffamation (très lâche, car procédant par insinuation) et qui, à ma connaissance, n'est jamais revenu sur ses propos calomniateurs, peut malgré tout avoir droit à être publié dans une prestigieuse revue d'Histoire et être mis sur un pied d'égalité avec d'autres chercheurs, dont Daniel Cordier : en bref, vous lui offrez une réhabilitation sur mesure lors même qu'il n'a pas fait amende honorable.

Vient ensuite Baynac.

A son égard, je me fie à Daniel Cordier, qui a écrit de très bonnes pages à propos de son livre dans "La République des Catacombes". J'étais néanmoins prêt à lui accorder des circonstances atténuantes, mais son interview publiée dans le numéro d'Histoire de Guerre précité m'a fait changer d'avis et m'a définitivement éclairci sur son honnêteté et son esprit critique - à propos de Caluire (car je n'oublie pas qu'il s'est comporté de manière tout à fait honorable en d'autres domaines historiques) : en 2003, Baynac s'est contenté, de manière générale, de reprendre les mêmes arguments *déjà* réfutés par Cordier en 1998-1999, en faisant mine d'ignorer ces critiques. A mon sens, il a adopté la méthode du disque rayé, espérant peut-être convaincre à force d'être répétitif.

Certes, je ne veux pas remettre en cause ses talents de chercheur. De la même manière, il tient à citer ses sources - à la différence de Pierre Péan. Mais je ne vais pas l'excuser parce qu'il a mis à jour des documents et qu'il apprécie les notes de bas de page, bien au contraire. Ce n'est pas parce que son ouvrage a les apparences du raisonnement scientifique qu'il mérite cette qualité. Il me semble avéré, si je lis Cordier, que la "méthode Baynac" est sévèrement défectueuse, c'est à dire hypercritique (à l'égard du dossier à charge contre Hardy, qui je trouve solide au point qu'il correspond à la réalité) et sélective - seront mises en avant les preuves qui favorisent la thèse défendue, et tant pis si elles se contredisent ou ne sont en définitive pas si solides, tandis que les éléments contraires passent à la trappe.

Par contre, vous pensez à quelqu'un de particulier, en évoquant un "historien Y" ? (je sais, la question est idiote, mais mon message était initialement plus long)

*** / ***

lue 1867 fois et validée par LDG
 
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1 Un ouvrage ne doit pas faire condamner une carrière ou une œuvre de René CLAUDE 21 octo. 2004 16h08
1 Irving, Chauvy, Baynac et "Y" de Jean-Robert GORCE 22 octo. 2004 08h43

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