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L'Eglise sous Vichy / Michèle Cointet

En réponse à
-1Un franc-tireur de René CLAUDE

L'Eglise face au STO de Francis Deleu le mardi 17 août 2004 à 19h02

Bonsoir,

"L'Eglise n'accepte pas les régimes bâtis sur le travail forcé, ni sur le déracinement des populations, ni sur les déportations collectives ou individuelles, sur l'exportation des peuples, sur la dispersion des familles".

Sauf erreur de ma part, l'ouvrage de Michèle Cointet ne mentionne pas cette importante déclaration de Radio-Vatican. Est-elle passée inaperçue en France ou tout simplement occultée par la hiérarchie de l'Eglise française?
Toutefois, notons d'emblée que l'Eglise n'est pas restée indifférente au STO (1). Cette mesure eut un impact considérable sur l'opinion publique et fut probablement la loi la plus impopulaire du gouvernement de Vichy. Pour la première fois, l'Eglise se trouva directement confrontée à une opinion publique hostile au STO alors que de nombreux prélats y voient l'occasion d'un bel apostolat.
L'Eglise se déchire entre la base - JOC, JEC, "Témoignages chrétiens" - résolument hostile au STO et l' ACA proche du pouvoir. En outre, l' ACA se déchire, à son tour, entre les évêques "conservateurs" (la majorité) et quelques évêques "progressistes". La JEC fut la première à se rebiffer. Elle rédige une protestation qui ne recueillera pas l'accord de Mgr Gerlier. La protestation est présentée à Avignon au conseil national de l' ACJF, non sans susciter de vifs débats entre partisans du refus et jeunes sensibles à l'obéissance au régime et surtout - oh! qu'il est difficile d'être chrétien - et surtout donc, le devoir de solidarité avec les autres corps de la nation.

L'Eglise, dans son ensemble, ne s'oppose pas à la réquisition. Une autre position aurait été contraire à sa doctrine du respect du pouvoir. Elle n'encourage pas non plus de manière trop voyante, elle compatissait seulement au sort des jeunes requis.
"On peut s'y dérober sans péché. Je n'ai pas davantage à conseiller le départ. Nous sommes sous la contrainte" Cette déclaration de Mgr Liénart, progressiste, - ne l'appelle-t-on le "cardinal des ouvriers" -, montre bien toute ambiguïté de l'Eglise.

Lorsqu'il est question d'imposer le STO aux femmes, l' ACA élève enfin la voix. Le 17 février 1944, la menace de travail obligatoire des femmes "porte une atteinte grave à la vie des familles et à l'avenir de notre pays, à la dignité et à la délicatesse morale des femmes et des jeunes filles à leur vocation providentielle".
Michèle Cointet fait remarquer que Mgr Saliège, absent de l' ACA, reprocha à Mgr Liénart d'être responsable de ce texte insuffisant, qui aurait dû mentionner "La non-obligation en conscience (2) pour les jeunes filles et les femmes de répondre à l'appel du service obligatoire".

Enfin - nous l'avons déjà souligné - l'historien ne peut séparer le temporel du spirituel et c'est, à nouveau, toute l'ambiguïté de l'Eglise. Mgr Saliège, dans une lettre aux scouts de son diocèse, trace la mission de ces jeunes chrétiens français qui témoigneront aux yeux des Allemands des vertus morales du catholicisme: "Vous m'avez compris. Vous allez en mission. Ce n'est peut-être pas le but que l'on poursuit, mais c'est la consigne que je donne. Vous êtes en mission française, en mission chrétienne. Que par vous la France soit aimée, soit respectée, soit estimée. Que par vous le Christ soit adoré".
Ce n'est pas le moindre des paradoxes, l'épiscopat demanda des prêtres volontaires pour s'engager comme travailleurs clandestins. Ils furent deux cents à se présenter pour encadrer les travailleurs requis et porter la bonne parole. A la fin de la guerre, 3.200 séminaristes et 275 prêtres avaient assuré une assistance religieuse. Quelques-uns sont morts en camp de concentration... il faut le mentionner également.

On peut aisément comprendre que la désobéissance civile provoqua d'insolubles drames de conscience chez les jeunes chrétiens. En guise de conclusion provisoire, je retiendrais la position de l'abbé Pierre, résistant de la première heure, qui se refusa d'encourager les jeunes à fuir le STO. Lorsqu'il était sollicité par un jeune, révolté à l'idée de partir en Allemagne, l'abbé Pierre lui présentait toujours les dangers du statut de réfractaire. Ce n'est qu'après s'être assuré de la fermeté de caractère et de la résolution du jeune requis, que l'abbé Pierre indiquait les filières vers la clandestinité ou la résistance.

Bien cordialement,
Francis.

(1) Pour découvrir la signification des sigles, il suffit de cliquer sur la petite loupe à décrypter en bas de contribution.
(2) Souligné par mes soins.

*** / ***

lue 2046 fois et validée par LDG
 
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1 Dans le sens ... de René CLAUDE 17 août 2004 19h14
2 Préservation des acquis de Francis Deleu 17 août 2004 22h13

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