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Dernière Guerre Mondiale - Daniel Laurent & alii
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Pour qu'il trouve un mot, il doit ètre orthographié et accentué correctement

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le Glossaire de Francis a trouvé :


Führer - Allemagne nazie
-

Chef suprême, guide et conducteur de la nation.
Le titre fut adopté officiellement par Hitler en août 1934. Le Führer incarne la nation et le peuple et concentre tous les pouvoirs entre ses mains. Le Führerprinzip fonde le régime nazi: "Hitler ist das Gezetz" (Hitler est la loi).


Région fortifiée - RF - France

Résistance
-

Henri Michel dans un de ses livres, - Les idées politiques et sociales de la Résistance, PUF, 1954, p.3 - fait une description très vivante, parlant de la Résistance française.

"Le mot Résistance est apparu pour la première fois dans le discours que le général de Gaulle a prononcé à la radio britannique, le 22 juin 1940; il sera repris ensuite par un des premiers journaux clandestins de la France occupée, puis servira de nom à plusieurs mouvements. Il finit par designer tous ceux qui refusaient d'accepter l'armistice et de croire la défaite définitive, et qui luttaient, chacun dans sa sphère et selon ses moyens, pour être délivrés de l'occupation allemande."
(publié par Laurent Boussaton)


AFN - Afrique Française du Nord
-

Territoire de l'Empire français.


OKW - Oberkommando der Wehrmacht - Allemagne nazie
-

Haut commandement de l'armée allemande.

Dans ce texte :

L'option africaine ou l'impossibilité de poursuivre la lutte en Afrique de Francis Deleu le lundi 02 juillet 2012 à 19h21

Bonsoir,

En 1956, le colonel Alphonse Goutard publiait le livre 1940 - La guerre des occasions perdues.
Il y est notamment question de l'option africaine et la poursuite de la lutte en AFN. Plutôt que de résumer un long texte avec les risques d'interprétations abusives, je vous les reproduis sans altérations.

********** On a dit que nos moyens en Afrique étaient insuffisants, mais l'évaluation de ces moyens est généralement faussée par le fait que l'on n'envisage que les moyens réduits dont disposait réellement le général Noguès le 25 juin 1940 (une dizaine de divisions, dont trois d'active et une de région fortifiée), et non les moyens dont il eût disposé si la solution de la résistance en Afrique avait été adoptée en temps voulu, à la fin de mai ou au début de juin, lorsque l'impossibilité de tenir en France devint manifeste, et si l'on avait entrepris aussitôt d'évacuer sur l'Angleterre et l'Afrique nos moyens de l'intérieur.

A Dunkerque, on avait improvisé et réalisé en huit jours l'évacuation de 380.000 hommes, sous le nez de l'ennemi !
De nos ports de l'Ouest et de la Méditerranée, on aurait certainement pu procéder à des évacuations beaucoup plus importantes en personnels et en matériels, ce qui eût changé la face des choses en Afrique.

Et cependant, bien qu'il n'eût encore à peu près rien reçu de la métropole, le général Noguès, chef responsable du théâtre, croyait pouvoir résister, puisque, le 18 juin, il télégraphiait à Bordeaux : « Avec notre Flotte intacte, les formations d'aviation qui passent la Méditerranée » [1] et quelques moyens supplémentaires en cadres et en matériels, nous tiendrons longtemps, et sans doute assez pour pouvoir contribuer à la défaite de nos adversaires.» Aussi, « avec une brûlante insistance », pressait-il le gouvernement « de venir poursuivre ou de laisser poursuivre la lutte en Afrique du Nord », ajoutant que ce serait « entreprendre dès maintenant le redressement de la France ».

Nos forces étaient insuffisantes, a-t-on dit cependant. Mais, pour savoir si des forces sont « insuffisantes » ou non, il faut déterminer à quelle menace il s'agit de faire face !

En France, en juin 1940, dans une atmosphère de débâcle, on pouvait penser, comme l'a écrit le général Weygand, que « les Allemands s'attaqueraient sans désemparer à l'Afrique du Nord, d'autant plus vite et plus sûrement que le gouvernement y eut cherché refuge », que l'attaque serait exécutée dans le Sud tunisien par l'armée italienne de Tripolitaine et au Maroc par une armée allemande ayant traversé l'Espagne. Et le général Héring ajoute qu'il aurait même été impossible de procéder aux évacuations sur l'Afrique, parce que « les avant-gardes motorisées allemandes auraient atteint la Méditerranée avant nous » et que la Luftwaffe « aurait coulé notre flotte de transport avant même l'embarquement des troupes »

Or, en ce qui concerne l'invasion allemande de l'Afrique du Nord en 1940, nous connaissons aujourd'hui son peu de vraisemblance ! Tous les écrits et les propos de Hitler nous le montrent comme « l'Homme de l'Est », se désintéressant de l'Afrique. « L'avenir de l'Allemagne est dans une politique de conquêtes de l'est », « La Russie sera notre Inde », « Je ne suis heureux de ce que notre vocation de l'est nous ait distraits de la Méditerranée. Le sud, pour nous, c'est la Crimée ! Aller plus bas serait en non-sens ! Demeurons Nordiques », etc ...
Hitler considérait du reste tout ce qui était au sud des Alpes comme un théâtre italien, réservé à Mussolini, et le partage était admis entre les deux dictateurs. Si le Führer intervint pourtant sur ce théâtre en 1941, ce fut à contrecœur, pour empêcher l'écroulement de son alliée, et avec des moyens très faibles, qu'il refusa de renforcer.

« Enfermé dans sa mentalité continentale », écrit le maréchal Kesselring, Hitler sous-estimait l'importance du théâtre méditerranéen ... et le Haut Commandement allemand, de formation continentale également, méconnaissait totalement son importance ! » Par la suite, raisonnant en « maritime » et en « orientaliste », M. Churchill déclarera au général Georges, en janvier 1944, que le Führer aurait dû nous refuser l'armistice, passer en Afrique avec ses armées et marcher sur l'Égypte et le Moyen-Orient. Mais Kesselring doute fort que « cette idée fantastique de marcher sur le Caucase par l'Égypte ait pu, à aucun moment, être envisagée sérieusement par l'O.K.W.! » Et le général Doerr écrit : « Notre tradition continentale était trop forte. Du reste, matériellement, nous ne pouvions songer à une guerre intercontinentale. Et même devant les côtes anglaises, en 1940, il apparut d'une façon presque honteuse combien nous étions peu préparés intellectuellement à une véritable guerre mondiale. »

De plus, à la fin de juin 1940, l'attention du Führer était attirée d'un tout autre côté. Les Russes venaient d'envahir la Bessarabie et la Bucovine, menaçant les pétroles roumains de Ploesti, indispensables à l'économie de guerre allemand. « Cette menace alarmait le Führer, écrit von Ribbentrop, et il me dit qu'il envisageait de prendre des mesures militaires. » Quelques jours plus tard, au milieu de juillet 1940, Hitler exposera à Jodl son « intention bien arrêtée d'en finir les armes à la main avec l'Union soviétique ».

Le repli du gouvernement français en Afrique du Nord, dans une situation qui n'aurait pu être que défensive, eût-il suffi à détourner Hitler de ses préoccupations et de ses préparatifs orientés vers l'est, et même vers le nord étant donné l'attitude anglaise ? Se serait-il vraiment lancé vers le sud, avec son armée et sa Luftwaffe, dans une aventure africaines pour laquelle rien n'était préparé, à 2.000 ou 3.000 kilomètres de ses bases, au-delà de la Méditerranée dominée par les flottes française et anglaise réunies ?

Comment, d'autre part, l'armée italienne de Libye eût-elle pu forcer la Ligne de Mareth et envahir la Tunisie en juillet ou en août 1940, alors que, en septembre, il suffira d'un mince rideau britannique pour la bloquer à la frontière égyptienne, en attendant qu'elle soit mise en complète déroute par la première contre-offensive de Wavell ? Quant à la flotte italienne, la seule qu'eussent pu utiliser les Allemands en Méditerranée, elle se montrera incapable d'assurer la sécurité du canal de Sicile, en 1941 et 1942, contre les seules forces britanniques !

La suite des événements ne devait pas davantage confirmer la réalité de la menace du côté espagnol, puisque, dès octobre 1940, à Hendaye, et plus tard, le Führer étant dans toute sa puissance, le général Franco refusera obstinément de livrer le passage aux troupe allemandes.

Enfin, comment les avant-gardes motorisées ennemies auraient-elles pu atteindre la Méditerranée avant nous puisque le 25 juin, en faisant tout ce qu'elles pouvaient, elles étaient encore bloquées devant Tournon, dans le couloir du Rhône, et devant Grenoble, sur la route des Alpes ? D'autre part, en concentrant tous ses efforts sur Dunkerque, à proximité immédiate de ses bases, la Luftwaffe n'était pas parvenue à entraver sérieusement les embarquements alliés. Comment eût-elle pu couler tous nos navires en dispersant ses efforts, à la limite de portée, sur tous nos ports de l'Océan et de la Méditerranée, en partant de bases encore au nord de la Somme et de l'Aisne ?

Au reste, nous avons vu l'état de la Luftwaffe, « déjà mal en point en août 1940 » nous a dit le général Rieckhoff. En fait d'aviation de chasse, « elle n'avait plus à cette époque que 700 appareils en escadres » a écrit également le maréchal Kesselring; et ce n'étaient pas ses quelques 550 Junkers-52 de transport, qui avaient tout juste suffi pour l'opération limitée de Hollande, qui lui auraient permis d'assurer une invasion aéroportée de l'Afrique du Nord !

Que se serait-il passé si nous avions poursuivi la lutte en Afrique et sur mer ? Nous n'en savons rien ! Il est seulement permis de dire que les catastrophes annoncées avec tant d'autorité ne présentaient aucune certitude !

En réalité, pour cette question comme pour les autres, c'était le moral qui était atteint, et nous étions plus que jamais paralysés par notre complexe d'infériorité ! L'ennemi pouvait tout, nous rien ! Tout ce qui sortait de nos normes était déclaré impossible : la manœuvre napoléonienne impossible, en raison de l'abondance et de la lourdeur des matériels; - le rembarquement de Dunkerque impossible; - la manœuvre en retraite impossible; - les évacuations sur l'Afrique du Nord impossible, faute de bateaux, bien que d'après M. Rio, ministre de la marine marchande, nous eussions 600.000 tonnes dans nos ports libres, sans parler de l'aide anglaise; - la poursuite de la lutte sur mer et l'Empire impossible, et inadmissible quand la Métropole déposait les armes. **********
[1] Nous savons que notre Aviation était alors en situation meilleure qu'au 10 mai. Près de 700 de ses avions modernes arrivèrent en Afrique du Nord, sans possibilités de rechanges, il est vrai, pour les appareils français tout au moins. Mais nous pouvions compter sur l'aide des Etats-Unis. A la mi-juin, il y avait, en mer ou en cours de chargement dans les ports américains, des centaines d'avions et un matériel de guerre considérable destinés à la France et qui furent déroutés sur l'Angleterre. Il eût suffi d'une demande de notre part pour qu'ils le fussent sur l'Afrique du Nord.
Pour conclure, je ne résiste pas à reproduire un extrait des conclusions :
Il semble donc bien que notre défaite puisse être imputée essentiellement à une carence intellectuelle qui se traduisait par le conservatisme, le conformisme, les idées préconçues et les spéculations hors du réel, bref à une colossale erreur de commandement, rendue irrémédiable par le manque de ressort de l'époque, bien plus qu'à une impuissance foncière de notre Armée et du Pays dont elle émane
Bien cordialement,
Francis.

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