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OPERATION TIGER

Sources diverses via P. Vandenbroucke

Suite à l'annonce parue dans la rubrique "Images qui bougent" de la diffusion sur arte le 28 avril prochain d'un documentaire concernant l'Opération "Tiger",  je me permets de vous soumettre l'article suivant que j'avais fait paraître dans le bulletin mensuel ( février 1999 ) de mon association.

OPERATION TIGER. Le drame caché d’une répétition.

Avril 1944 : résumé d’un drame.

Lors de l’exercice TIGER, 749 soldats et marins U.S. perdirent la vie. Ceci dû à une grave erreur du commandement ayant négligé leur escorte. Ils seront secrètement enterrés dans une fosse commune située dans une ferme du sud-ouest de l’Angleterre.
L’exercice géant "TIGER" qui se déroula sur les côtes du Devonshire, était une simulation de débarquement en vue du D-Day sur Utah-Beach le 6 juin 1944. Les pertes lors de cet exercice seront versées sur le compte du débarquement.

Evacuation forcée :
Durant l’hiver de 1943, 3.000 résidents de la zone de South Hams dans le Devon, furent contraints de quitter leurs propriétés lesquelles devinrent des terrains d’exercices pour l’armée des Etats-Unis et ce pendant une année.

L’opération TIGER.
Il s’agissait du troisième exercice en vue du débarquement du 6 juin 1944. En voici les détails.
- Durée de l’exercice : 3 jours
- Unités prévues : 4th Infantry Division
- 101st Airborne
- 82nd Airborne
- 1st Engineers Special Brigade
- plus les unités navales et aériennes

Mission : Embarquer les troupes et matériel dans '' TOR BAY '' et les débarquer à '' SLAPTON SANDS '' avec un support naval et aérien et utilisation de munitions réelles.( voir carte )
La première vague devait débarquer après les bombardements et sauts de parachutistes. Cette première vague était composée de LCT lançant des chars amphibies et des Dukws précédant l’infanterie.
La deuxième vague était composée de huit LST - convoi T4 – Elle devait se diriger vers les plages en transportant les troupes du 1st Engineers Special Brigade ainsi que l’équipement de cette dernière. Elle transporte également des LCT avec leurs équipages de l’armée de terre.

Chargement d’un LST : ( exemple LST 507 )
- 478th Amphibian Truck Company
- 557th Railhead Company
- 33rd Chemical Company
- 1st Platoon of 440th Engineer Company
- 3891st Truck Company
- 2 camions ¼ , 1 camion ¾ T , 13 camions 2 T ½ , 22 Dukws
- Armement : 2 canons de 40 mm et 2 canons de 20 mm.

Caractéristiques des forces adverses ( semblant êtres ignorées par le commandement allié ) :

Vedettes lance torpilles basées à Cherbourg et patrouillant la manche.
- 5ième Flottille : 6 vedettes travaillant par paires : S 100 et S 143. S 140 et S 142. S 136 et S 138.
- 9ième Flottille : 3 vedettes.

Caractéristiques de ces vedettes :

Longueur : 35 mètres.
Equipage : 21 hommes.
Vitesse : 45 nœuds
Armement : 1 canon de 40 mm et 1 de 20 mm, 2 tubes lance-torpilles et 2 torpilles de réserve.

Chronologie :

- 27 avril 1944 : convoi repéré par radar et sa présence est signalée aux vedettes de Cherbourg
- 27 avril 1944 : 19h30 : Le convoi se déplace à 6 nœuds dans l’obscurité et le brouillard. Il vient de "TOR BAY'' et se dirige vers les plages de la côte du Devon pour y débarquer.
- 27 avril 1944 : 22h00 : Les vedettes allemandes quittent Cherbourg pour engager le convoi T4
- 27 avril 1944 : 24h00 : Le convoi aperçoit des fusées éclairantes dont il ignore la provenance. Ces fusées sont en fait lancées par les E-Boot
- 28 avril 1944 : 01h30 : Le destroyer d’escorte est en réparation d’avaries à Plymouth. Aucune autre escorte n’a encore été dépêchée sur le convoi.
Le QG de Plymouth est averti de la sortie des E-Boot. Le QG réalise enfin que le convoi ne dispose plus que d’une corvette d’escorte. Le HMS ''SALADIN '' et le HMS "TANATSIDE"' sont envoyés pour renforcer l’escorte du convoi lequel se trouve à 17 miles de Portland. Les escorteurs, si tout se passe bien, mettront au moins 1h30 pour le rejoindre. Le convoi avance à 6 nœuds vers la côte.
Le LST 515 signale un tir de balles traçantes sur la fin du convoi. Le LST 507 en fin de convoi signale des tirs de balles traçantes qui ne le touchent pas. Il suppose que cela fait partie de l’exercice.
- 28 avril 1944 : 02h00 : Les E-Boot S 138 et S 136 lancent leurs torpilles sur le LST 507.
Le LST 507 est touché dans la salle des machines. L’incendie est incontrôlable et on donne l’ordre d’abandonner le navire.
L’incendie est remarqué par les LST 515 et 531. Pas de message de détresse. Dans l’obscurité et le brouillard le leader suppose que l’incendie n’a rien a voir avec le convoi, mais demande à l’opérateur radar s’il a repéré quelque chose de suspect sur son écran.
Il y a beaucoup de signaux sans pouvoir en déterminer la teneur. Le convoi continue sa route sans se douter du drame qui a frappé le dernier bateau.
- 28 avril 1944 : 02h15 : Le LST 531 est frappé de deux torpilles lancées par les E-Boot S 100 et S 143. Il est touché au centre à tribord et s’enflamme. après avoir donné l’alerte au convoi, l’ordre d’abandon est donné. Puis il chavire et coule.
- 28 avril 1944 : 02h20 : Le convoi se disloque et zigzague pour éviter les attaquants qu’il n’arrive pas à repérer. Ordre de concentrer les tirs sur les échos radar.
Le LST 496 tire par erreur sur le LST 511 blessant 14 occupants. La confusion est totale due à l’obscurité, le brouillard, la vitesse et le profil bas des vedettes confondues avec des sous-marins.
Appel de détresse du convoi signalant qu’il est attaqué par U-Boot. ( LST 499 ).
- 28 avril 1944 : 02h25 : La plupart des LST doivent éviter des torpilles. Ordre est donné de changement de cap. Dans la confusion la corvette d’escorte est prise pour cible par les LST. La corvette ne peut intervenir tant que les E-Boot sont proches des LST, les frôlant, puis reprenant leurs attaques. Totale confusion dans les échos radar.
- 28 avril 1944 : 02h30 : Le LST 289 ouvre le feu sur un E-boot qui vient de lui lancer ses torpilles. Malgré une tentative d’évitement la torpille frappe à l’arrière pulvérisant la pièce de 40mm de droite et déformant les superstructures. Les incendies sont maîtrisés mais le gouvernail est endommagé et le moteur avarié. Le LST décharge cinq péniches de débarquement et leurs équipages. La sixième est trop avariée pour être lancée. Le LST rejoint, sévèrement endommagé le port de Dartmouth.
- 28 avril 1944 : 02h37 : Le LST 58 attaque à son tour et doit se débarrasser de ses deux pontons en remorque. Il évite une torpille qui passe juste devant son étrave.
- 28 avril 1944 : 03h00 : Les E-Boot rentrent à Cherbourg, torpilles épuisées.
- 28 avril 1944 : 03h15 : Le HMS '' SALADIN '' dépêché en escorte s’approche des épaves brûlantes. Une épave de LST présente sa coque debout dépassant de l’eau avec cinquante survivants s’y accrochant. L’escorteur récupère ces derniers mais ne peut s’occuper des autres survivants, sa mission étant de rejoindre le convoi.
- 28 avril 1944 : 03h30 : Ce qui reste du convoi de LST se reforme et se dirige vers Portland pour rejoindre West Bay. La corvette se met à l’arrière du convoi et demande une aide urgente pour secourir les survivants des autres LST.
- 28 avril 1944 : 04h40 : Le LST 515 retourne sur les lieux du naufrage et est rejoint par HMS '' ONSLOW '' Ensemble ils récupèrent des survivants et coulent les épaves.
- 28 avril 1944 : 05h00 : Le convoi, ou ce qu’il en reste arrive à West Bay ( Portland ). La corvette
'' AZALEA '' retourne sur les lieux du naufrage.

Conclusions :

La destruction du LST 531 et du LST 507 causèrent de nombreuses pertes dont voici les causes déterminées après enquête.
1) Beaucoup d’occupants dans la cale du bateau n’ont pas été avertis par haut-parleur, suite à la rupture d’électricité et ne se doutaient pas de la gravité de la situation. Ceux qui ont été avertis oralement ont négligé de se mettre à l’eau croyant qu’il s’agissait d’un exercice. D’autres ont perdu beaucoup de temps à chercher leurs effets personnels ou étaient simplement endormis dans leurs véhicules. Pendant plus d’une semaine leurs corps, bien souvent mutilés, s’échoueront sur les plages.
2) Des officiers ont paniqué et envoyé leurs hommes à l’eau sans organisation avant l’ordre d’abandon.
3) Les ceintures de sauvetage étaient défectueuses au niveau du système de gonflage et il n’y avait pas d’instructions pour leur utilisation. Ajouter à cela un trop long délai pour l’arrivée des secours.

Notes et témoignages des survivants.

LST 507 : Essaie de libérer ses péniches de débarquement sans succès. Les munitions sautent après l’impact de la première torpille. Deux autres torpilles manquent le LST 507. L’essence des véhicules s’enflamme et se propage au gasoil se trouvant à la mer autour du LST, brûlant les naufragés. Le personnel de l’armée qui se trouve sous les ponts est pris au piège et brûle avec ses véhicules. Des radeaux de secours sont entourés de survivants mais la plupart périront de froid et par la lenteur des secours.
Les gilets de sauvetage sont défectueux et de plus ils maintiennent la tête des naufragés vers le bas s’ils sont évanouis.
La plupart des corps seront retrouvés dans cette position, noyés à cause de leurs gilets, qui seront remplacés suite à cette tragédie.
Ordre du QG de maintenir le secret : Les survivants sont consignés et gardés militairement. Les médecins civils sont écartés. Les blessés sont soigner uniquement par des médecins militaires gardés au secret.
Les plages de Slapton Sand et des environs reçurent une partie des victimes couvertes d’huile ou carbonisés.
Les morts arrivaient sur la plage en position assise, puis à la vague suivante à genoux, à la suivante encore couché. Il y avait des corps de G.I.’s et de marins à perte de vue, la plupart des G.I.’s portaient encore leurs équipements.

La batterie de Blacknor Fort:

En 1988, une enquête informelle dévoile des faits troublants concernant la batterie de Blacknor Fort, située sur les falaises de la côte ouest. Batterie destinée à défendre une partie du Channel, elle est équipée de 2 pièces de 9,2 Inches, portée de 16 miles et équipée d’un radar de tir.
Servie par le Royal Coastal Artillery, cette batterie à ouvert le feu au moment du drame.
Les survivants des LST n'ont pas vraiment vu les E-Boot dans la nuit, mais décrivent le bruit de ces E-Boot comparables à celui d’un train express, ce qui équivaut au bruit d’arrivée d’obus de gros calibre.
Le jour de l’attaque, cette batterie a demandé à un convoi de s’identifier. Ce convoi avait été repéré au radar et la batterie n’était pas avertie de son passage.
Suite à non-réponse de la part de ce convoi ( silence radio de rigueur ) , la batterie a ouvert le feu, tirant six projectiles avant de recevoir l’ordre surprenant de ne plus tirer. Se renseignant sur la raison de cet ordre, le chef de batterie s’est entendu répondre :
NOUS AVONS TOUCHE UN CONVOI U.S., IL Y A DES CENTAINES DE PERSONNES A L’EAU !
Le lendemain du drame, le personnel de la batterie a été remplacé et dispersé à Nairn en Ecosse et à la batterie de Cornwall. Il y eut également menace de cour martiale si quoi que se soit était divulgué. Cette méprise aurait été camouflée par une attaque de E-Boot par les autorités.

Réflexions :

Jamais une flottille de neuf E-Boot se serait aventurée à portée d’une batterie équipée de radar. A pis aller on peut supposer une reconnaissance de maximum deux E-Boot dans le but d’espionnage. L’erreur de tir de la batterie anglaise aurait été mise sur le compte des E-Boot, chose défendable vu la sortie des neuf E-Boot de Cherbourg. Les rapports de la "Kriegsmarine"' auraient été falsifiés en 1945 par les Alliés.
De plus la propagande allemande n’aurait certainement pas manqué l’occasion de mettre cette victoire en avant, surtout suite aux défaites consécutives de l’Allemagne. Le secret frappant ce drame rend plausible cette version !

Sources :

The invasion before Normandy :Edwin Hoyd
The secret battle of Slapton Sand :Edwin Hoyd
Exercice Tiger :U.S. National Archives—Nigel Lewis
Archives de la Kriegsmarine.
A soldier story :Omar Bradley
Sands of silence :Leslie Thomas

 

Support : inclassable
Genre : étude historique
Période concernée : de 1939 à 1945
Région concernée : Ouest Europe

Proposé par Prosper Vandenbroucke le lundi 05 avril 2004 à 15h19

Dernière contribution le jeudi 29 avril 2004 à 10h56

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