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Hitler m'a dit

Confidences du Führer sur son plan de conquête du monde

Hermann Rauschning

Voilà un témoignage direct des propos et desseins d'Hitler. Cela se passait en 1933-34

Extrait de l'avant-propos de Marcel Ray

Rauschning nous apporte, abondantes, précises, puisées à la source, les pièces décisives du procès d'Hitler
Hermann Rauschning est né en 1887 à Thorn, en Pologne alors prussienne, d'une ancienne famille de grands propriétaires et d'officiers de l'armée. C'est un Junker de la Marche orientale, un représentant typique de cette classe de pionniers qui formait, de père en fils, l'armature du vieil Etat prussien et mettait son point d'honneur dans l'obéissance au roi et le service désintéressé du drapeau noir et blanc. Le jeune Rauschning fait ses études, comme il convient, à l'école des Cadets, puis aux universités de Munich et de Berlin; il apprend ainsi tout ce dont un Junker a besoin pour le métier des armes et l'agronomie. En 1914, il a vingt-sept ans. Lieutenant dans un régiment prussien, il fait la guerre sur tous les fronts. Grièvement blessé en 1917, il passe des mois dans un hôpital de l'arrière. Au terme de sa convalescence, il est déclaré inapte au service armé et affecté à ce que nous appellerions le « deuxième bureau » du Ministère de la Guerre : on verra dans son livre ce qu'il pense de ce service « inefficace et puéril ». L'Allemagne s'effondre M. Rauschning quitte l'uniforme et chausse les grosses bottes du propriétaire éleveur. La paix de Versailles lui apporte un excès d'amertume: quelques-unes de ses fermes sont maintenant en territoire polonais; son principal domaine, où il s'installe, fait partie de l'Etat libre de Dantzig. On supposerait que ce conservateur prussien va s'inscrire au parti national-allemand de Hugenberg et rejoindre, dans les rangs des Casques d'acier, ses camarades de l'ancienne armée. Mais il a mesuré les forces du passé et les a trouvées débiles; il cherche ailleurs que dans la vieille Prusse disjointe des compagnons d'armes et des chefs. Ses anciens condisciples de Munich lui parlent d'Hitler, de cet inconnu qui entraîne les foules. Il s'inscrit, en 1931, au parti national-socialiste, et deux ans plus tard il est élu président du Sénat de Dantzig, c'est-à-dire premier ministre de l'État libre. Chef du Gouvernement, il aura bientôt, à ses côtés, le Gauleiter Forster comme chef du parti; il cherchera à jouer consciencieusement le rôle d'arbitre entre Forster et le Haut-Commissaire de la Société des Nations, entre les intérêts allemands et ceux de la population polonaise de Dantzig. Tâche ingrate et sans issue. Ce qu'on attend de lui à Berlin, c'est tout autre chose: c'est qu'il couvre de son autorité les manigances, les déprédations et les violences de Forster; c'est qu'il les rende provisoirement tolérables en feignant la résistance; c'est qu'il envenime les querelles au lieu de les apaiser. Il ne dit pas oui, il ne dit pas non; il hésite et s'obstine; la tradition prussienne et sa propre conscience le détournent d'abandonner une tâche parce qu'elle est trop difficile, de rejeter une responsabilité parce qu'elle est trop lourde.. Hitler, sans doute, voit plus clair et plus loin que ses grossiers lieutenants; il ne peut pas ignorer que l'Allemagne a besoin d'une longue période de paix, qu'elle doit se plier à des accommodements avec ses vainqueurs, qu'il lui faut vivre et grandir pour assurer sa revanche. Il va sans dire que M. Rauschning lui-même ne veut la paix que pour la revanche. Comme Stresernann. Comme Hindenburg. Comme les neuf dixièmes et demi du peuple allemand, humilié dans sa fierté, arrêté dans son essor, décidé à reprendre un jour ses anciennes frontières. Cela seul et rien de plus.
M. Rauschning prend donc le train pour Berlin, quand il ne sait plus où donner de la tête, et va demander au Führer-Chancelier aide et réconfort. C'est la série de ces audiences et de ces conversations qu'il nous présente dans son livre. Conversations? Le terme est impropre. Dans les rencontres le la première période, en 1931 et 1932, M, Rauschning, membre important du parti, est admis à la table ou aux réceptions du Führer; il écoute et se tient modestement à sa place. De janvier 1933 à la fin de 1935 il est le chef national-socialiste du Gouvernement de Dantzig; il vient à Berlin, à Nuremberg ou à l'Obersalxberg pour soumettre à Hitler ses difficultés et ses dossiers. A chacune de ses visites, il fait la même expérience, à la fois décevante et fascinante. Hitler l’écoute à peine, écarte d'un geste les paperasses, lui coupe la parole : « - C'est votre affaire. Je ne m'occupe pas de ces sottises. Débrouillez-vous. Pas d'entretien ni de débat; un monologue, une conférence, une harangue passionnée pour un seul auditeur. L'homme chétif, insignifiant, balbutiant, qui tient dans ses mains le destin de l'Allemagne, s'anime, s'excite, s'exalte, exactement comme à la tribune de l'Opéra Kroll ou du congrès de Nuremberg, Son débit se précipite, sa voix siffle et tonne, ses yeux, fulgurent; il entre en transe, il vaticine, il se tord sur le trépied, éjecte des sentences sybillines, conjure d'étranges visions. L'auditeur pétrifié voit surgir de cette bouche médiocre les vapeurs rouges du Brocken, les rêves malsains de la plus sombre Allemagne, les divagations séculaires et secrètes d'un peuple qui se rue à la servitude collective, pour échapper à son destin physiologique d'anarchie et de dispersion. Brusquement, le médium se réveille : il ricane, il plaisante lourdement, il pousse son visiteur vers la porte et lui frappe l'épaule d'une main familière et cordiale, le renvoie troublé, magnétisé, servile et content. Un vieux renard comme Schacht confesse qu'il n'est jamais sorti de l'antre sans trembler de tous ses membres.
L'Allemand du Nord, quand il est de bonne souche, est peu accessible aux incantations. Rauschning mesure froidement, avec un mélange d'admiration et d'inquiétude, l'homme singulier qui l'étourdit de son flux de paroles; il dose la mesquinerie et la démesure, soupçonne une pointe de charlatanisme, prend mentalement des notes qu'il fixera, tout à l'heure sur le papier. Il nous affirme que ces transcriptions « ont, dans une très large mesure, la valeur d'une reproduction littérale ». A quiconque possède la moindre habitude de la critique des textes, cette caution d'un esprit scrupuleux et probe est à peine nécessaire. Rauschning a son style; Hitler a le sien. Impossible de concevoir deux modes d'expression plus dissemblables. Rauschning, écrivant pour son compte, est correct, didactique, un peu compassé; il dénoue sa pensée en longues phrases abstraites; il semble descendre, en lignée spirituelle, de Schelling ou de Schleiermacher, plutôt que de Nietzsche ou de Bismarck. Hitler est négligé, débraillé, vulgaire, mais sentencieux et concret. Il parle, quand il est calme, à la bonne franquette, à la viennoise, et même avec le jargon et l'accent viennois. Quand il est en transe, ses phrases se gonflent, ondulent, bouillonnent, fleurissent en une éloquence prolixe et brutale qui n'appartient qu'à lui et que la radio nous a trop fait connaître. Les transcriptions de Rauschning sont d'une fidélité phonographique. Hitler lui-même, virtuose du mensonge, ne les pourrait renier qu'en propos du même ton et de la même saveur.


Table des matières

- La prochaine guerre
- Une soirée et une matinée à l'Obersaltzberg
- "Nous devons être cruels."
- Le plan dans le tiroir
- Dantzig, future Anvers de la mer Baltique
- Les haras de la nouvelle noblesse allemande
- L'Antéchrist
- Propos de table
- Invasion de l'Amérique latine
- Le Mexique inséré dans l'espace vital
- La conquète des Etats-Unis
- L'arme nouvelle ou la guerre sans armes
- "Oui, nous sommes des barbares!"
- La terreur
- L'heure du café au lait et les gâteaux
- Enrichissez-vous
- Apologie du cynisme
- La question d'argent n'a aucune importance
- Hitler se retire de la SDN
- Hitler dévoile sa politique extérieure
- La Russie amie ou ennemie ?
- Le devoir de dépeupler
- Un mythe nordique
- L'équipe de propagande mondiale
- Hitler devant la Reichswehr
- Préparation de la "purge"
- Guerre intérieure sur deux fronts
- Cadavres à gauche et à droite
- Le plan d'une Etat corporatif
- Le réalisateur du marxisme
- Le triangle mystique
- "Je ne suis pas un dictateur!"
- "Jamais d'inflation ni de cartes de pain!"
- Le secret de la domination des masses
- Magie noire et magie blanche
- L'Apocalypse du nouveau Messie
- Divagations wagnériennes ou Parsifal au pouvoir
- Ecoute, Israël!
- L'élevage du surhomme
- Révélations sur la doctrine secrète
- La Révolution éternelle
- Hitler tel qu'il est et tel qu'il se voit
- L'aire de l'aigle
- Le nouveau Machiavel
- Le testament d'Adolf Hitler


Comme j'ai tendance a favoriser les témoignages directs celui-ci me paraît particulièrement éloquent et révélateur.
Voir la préface de H. Rauschning sur la contribution.

Cordialement

cf

 

Editeur : Coopération Paris
Date edition : 1939
ISBN ou ref : Censure visa n° 194 - 20.12.1939
Support : livre
Genre : pas défini
Période concernée : de 1870 à 1939
Région concernée : Ouest Europe

Proposé par Christian Favre le vendredi 04 juillet 2008 à 08h14

Dernière contribution le dimanche 11 décembre 2011 à 12h56

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