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Site personnel de F. Delpla, Historien 1939-45 / François Delpla

 

Hitler « omniscient » ? Plutôt homme, et « sciant » ! de françois delpla le lundi 02 mars 2015 à 15h02


Lettre d’information n° 106 du site de François Delpla




Chers abonnés fidèles et infidèles,


« Vous nous présentez un Hitler omniscient » : l’objection faite depuis le début de son travail au biographe français du chef nazi ne désarme pas, en dépit de la publication d’une Histoire du Troisième Reich (Perrin, novembre 2014) dont chaque page contient de quoi la désamorcer.
Ce dictateur intelligent et fou à la fois, dont les succès stupéfiants et constants tout au long des années 1930 sont dus pour une grande part au caractère sans précédent d’une telle conjonction de rationalité et d’irrationalité à la tête d’une grande puissance (et dans la tête de son principal dirigeant), possédait à un haut degré deux qualités précieuses pour diriger quelque entreprise que ce soit : l’art de choisir ses collaborateurs et celui de leur déléguer l’accessoire en gardant la capacité de les guider sur l’essentiel.
Trop simple, cette vérité reste scandaleuse (comment donc, personne ne s’en serait aperçu ?) et ici se combinent les intérêts de deux sortes de boutiques : celles des partis politiques, dont les ancêtres de l’époque, sur toutes les cases de l’échiquier, ont été roulés dans la farine et se sont mal orientés faute de percer les brouillards hitlériens, et celles de l’histoire universitaire en ses multiples chapelles, rodées à considérer que la simplicité du regard est mauvaise conseillère et que toute avancée dans la recherche ne saurait survenir qu’au terme de fastidieuses compilations d’archives (mais hélas, cette condition proclamée nécessaire n’est pas toujours jugée suffisante !).
Si l’on ajoute au rôle sans précédent de Hitler pour changer le cours de l’histoire la contribution irremplaçable de Churchill pour lui arracher l’initiative et l’empêcher d’arriver à ses fins, on multiplie encore les occasions de frictions et de malentendus, avec les uns comme avec les autres.
En résumé, il reste plus sûr, pour naviguer tranquillement, de ne pas trop s’éloigner des routes bien balisées : Hitler est un violent servi par une chance insolente, qui ne pouvait, à la longue, que se casser la figure, et mal lui a pris de ne pas savoir éviter la guerre avec une Angleterre apparemment ramollie, mais unanimement indignée par ses procédés.
Néanmoins, si les livres fondés sur ces postulats trouvent encore preneur, l’avenir appartient à qui s’en éloigne, et le présent en porte déjà largement témoignage. La guerre nazie à l’est se dévoile de plus en plus comme une entreprise qui ne doit rien à l’improvisation (mais que l’urgence créée par la résistance churchillienne a dangereusement accélérée) dans les travaux de Timothy Snyder, de Nicolas Bernard, de Jean Lopez et de bien d’autres. La Shoah, souvent analysée comme un processus bureaucratique acéphale, est en train de retrouver toute sa tête à en croire un récent livre de Johann Chapoutot , en dépit de sa conclusion en forme de repentir et d’un fréquent oubli du rôle moteur de Hitler dans la genèse de l’idéologie. Son dessein ferme et constant d’écraser la France avant de se lancer vers l’est est enfin mis au jour par Jean-Paul Cointet même si son corollaire, le caractère inévitable d’un état de guerre temporaire avec l’Angleterre, reste implicite. La puissance d’attraction de Hitler sur Vichy est dégagée dans un livre sur Darlan où Bernard Costagliola confirme le beau tempérament d’iconoclaste qu’il avait déjà montré dans sa thèse sur la marine de Vichy, éditée en 2009. Sa cible principale est le regretté Hervé Coutau-Bégarie, bon spécialiste des questions stratégiques mais auteur à partir de 1989 de travaux sur Darlan entachés d’un parti pris pétainiste, qui ne peut plus désormais être nié. Hubert Delpont avait d’ailleurs sonné l’alarme en 1998 en dévoilant un long texte d’allégeance au nazisme, signé de l’amiral et daté de juillet 1942, dans un livre sur Darlan et dans une indifférence générale (l’auteur, qui est aussi l’éditeur, avait inondé les spécialistes de services de presse, en vain, jusqu’à qu’il serve Costagliola en raison de son livre de 2009, puis votre serviteur en raison de sa recension précitée).
Toutes ces parutions sont stimulantes. Ainsi, hier même, voulant illustrer la manipulation de Darlan par le Reich, je suis tombé sur un « propos de table » de Hitler sur Vichy rarement cité, et ô combien éclairant, que j’ai déposé en conclusion d’un billet de Mediapart .
Vous trouverez aussi sur le site

-un exemple flagrant de trucage de l’image de Hitler par lui-même : sa réputation de « bouffeur de tapis », dont la genèse nazie a été mise en lumière depuis peu, notamment grâce aux débats de forums .
-un éditorial inspiré par l’expression « islamo-fascisme », stupéfiante dans la bouche d’un premier ministre.
-une première « lettre sur l’histoire du nazisme », annonçant une longue série .
-un florilège des recensions de mon livre, très brièvement commenté .
-une chronologie du Troisième Reich (revendiquée par un lecteur de ce livre) .

Vendredi dernier 27 février, j’ai été invité à parler de cet ouvrage dans un endroit voué aux cultures (celle de la vigne n’étant pas la dernière ; connaissez-vous le vignoble de Montlouis ?), l’Auberge de la Treille à Saint-Martin le Beau, entre Tours et Amboise. Auparavant j’avais été invité sur le plateau de TV Tours (mon intervention à 7’ 30) puis sur la radio de l’évêché (lien sur la page d’accueil du site), et longuement interrogé sur la personnalité d’Adolf Hitler.

Point omniscient donc, mais homme sciant, funambule dont un public figé guette la défaillance, dominant son époque et projetant sur la nôtre des ombres sinistres, il laisse aux historiens beaucoup à découvrir et parmi tous les proverbes qu’il illustre un est d’actualité : mieux vaut tard que jamais !


Montigny, le 2 mars 2015

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