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Edition du 11 mai 2011 à 09h01

La Suisse et la guerre 1933 - 1945 / Werner Rings

 

L'immunité suisse, un postulat d' historiens de Christian Favre le mercredi 11 mai 2011 à 08h57

Voici un texte tiré de "Diplomatie dangereuse" de Théo Tschuy p. 180

Pour rappel Carl Lutz était consul à Budapest et s'est engagé à sauver des milliers de Juifs.


Il fallut un certain temps pour que le courrier de Londres, qui passait par Berne, se saisisse du cas. Lutz avait informé le Foreign Office qu'il essayait de proposer un arrangement pour le contingent inutilisé des quarante mille du Livre blanc et que pour simplifier les choses, il se servait de l'argument comme quoi huit mille familles représentaient quarante mille individus. Visiblement troublé par l'idée, un fonctionnaire du Foreign Office répondit sèchement au consul qu'il outrepassait ses compétences et que sa proposition était déplacée. Le fonctionnaire ne se référait pas au Livre blanc sur la Palestine. Le contingent inutilisé ne l'intéressait pas davantage. Le chiffre maximum que le consul était autorisé, désormais à discuter avec le gouvernement hongrois était cinq mille. Il ne mentionnait même pas les huit mille noms d'émigrants acceptés que 1e gouvernement britannique avait transmis au consul avant le 19 mars 1944 et que Hitler lui-même était prêt à reconnaître. Le fonctionnaire londonien épela le nombre de cinq mille en toutes lettres, comme si Lutz ne savait pas lire. Il écrivit « 5000 - cinq mille individus, et non familles (! ) », soulignant toute la phrase deux fois, et les mots « et non » trois fois.
Ce fut un choc pour le consul, isolé à Budapest. Il ne savait plus d'où pleuvaient les coups. Les Allemands et les Britanniques avaient beau être en guerre, songea-t-il, contre les juifs, ils n'étaient que trop heureux de faire front commun. Ses propres supérieurs à Berne, ne trouvaient rien non plus à redire aux remarques de Londres.
C'est alors qu'il donna libre cours à ses sentiments. Le 22 août, i1 écrivit à ses supérieurs bernois que, d'après toutes les informations dont il disposait, les juifs de Budapest étaient désormais gravement menacés. La Suisse se devait d'intervenir contre une mesure qui signifiait l'extinction de tout un peuple. Le gouvernement suisse pouvait-il au moins envoyer une missive formelle au gouvernement allemand demandant l'arrêt immédiat de toutes les déportations ? Lutz pensait que n'ayant plus à redouter de réactions allemandes, maintenant que les Alliés progressaient sur tous les fronts, Pilet-Golaz pouvait se permettre d'être plus courageux.
Le consul avait raison de pressentir la reprise des déportations. Le pasteur Bereczky et d'autres l'avaient prévenu plusieurs fois que Veesenmayer et Horthy attendaient le 25 août 1944, tandis qu'Eichmann avait alerté son Sortderkommando et les gendarmes. Le rideau se levait sur le dernier acte.
Cependant Pilet-Golaz n'appela pas l'ambassadeur allemand Köcher pour exiger que le Führer mette fin aux déportations une fois pour toutes. C'était un homme sans convictions profondes, que la Suisse eut la malchance d'avoir pour ministre des Affaires étrangères pendant la guerre. Pilet-Golaz considérait que la requête de Lutz était importune, mais il ne pouvait pas l'ignorer. IL choisit jonc la voie bureaucratique, comme il le faisait toujours quand il souhaitait remettre à plus tard une décision difficile, ce qui était fréquent. Il écrivit à l'ambassadeur de Suisse à Berlin, Hans Frölicher, de sonder les autorités allemandes. Des semaines de silence ensuivirent. Pas une seule fois Pilet-Golaz ne rappela à son ambassadeur que la demande de Lutz était urgente. En novembre 1944, finalement, Frölicher rapporta que ses interlocuteurs au ministère allemand des Affaires étrangères avaient été indignés par la requête helvétique. De quelles déportations le gouvernement suisse parlait-il ? voulaient-ils savoir. Les Suisses ne savaient-ils pas qu'il n'y avait jamais eu de déportations ? La Hongrie avait inclus depuis longtemps avec l'Allemagne un traité international valable pour lui fournir de la main-d'oeuvre. Cela était légitime, et ni l'Allemagne ni la Hongrie n'avaient de comptes à rendre à qui que ce fût. Si quelqu'un avait le droit de se plaindre, c'était bien l’Allemagne, dont les autorités étaient fâchées par les activités exaspérantes du consul de Suisse à Budapest…[…]


Ce qui m'intéresse dans ces quelques lignes c'est le jugement envers Pilet: couardise, incapable d'engueuler Hitler...Ce fait revèle une chose à peine croyable: toute l'historiographie menée par ce type d'historien, càd celle qui s'est montrée dans les médias, a été construite sur le postulat que quoi que fasse ou agisse la Suisse, elle ne risquait strictement rien. Ce qui en faisait en fait une puisance extraodinaire, capable de clouer le bec à l'Allemagne. Et bien entendu si cela n'a pû se faire c'est à cause de ce poltron de Pilet qui n'a pas sû utiliser le langage de Churchill. Eh oui. Vous voulez une preuve ? Je suis passé à la bibliothèque universitaire à Lausanne, en feuilletant un livre je lis ceci (à peu près, je n'ai pas relevé exactement le texte). ...Si dans l'entourage d'Hitler une personne suggérait d'envahir la Suisse, il aurait été immédiatement envoyé combattre sur le front de l'Est..

Ajoutons à cela l'idée que les promesses de respect de la neutralité faite par Hitler font partie de ce postulat qui met Hitler sur pied d'égalité avec n'importe quel démocrate.

Ce type d'historien refuse de comprendre ce qu'à été à la fois Hitler et le nazisme en tant que puissance manipulatrice, provocatrice, pratiquant la surenchère, le mensonge et pratiquement toutes les perversions possibles. Et c'était avec ce genre de machinerie qu'il fallait négocier l'approvisionnement du pays....

Dans le cas précis de Pilet, j'y reviens, l'absence de toute étude concernant son action autorise n'importe quoi. Ce qui est extraordinaire chez lui c'est qu'il savait à l'avance ce qui allait lui arriver, càd qu'il serait totalement rejeté, et comme il le savait il n'a, à ma connaissance pas protesté, comme l'a fait Roger Masson. Pilet savait qu'en traitant avec les Allemands il traitait avec le diable et qu'on ne le lui pardonnerait jamais. Son intelligence était plus reconnue par les Alliés occidentaux en Suisse que par les Suisses. Pilet savait qu'il eut été pratiquement impossible à la Suisse de survivre sans l'approvisionnement de base et que cela, bon grè, mal grè, passait par des compromis, épouvantables, c'est lui-même qui l'a dit.
On me dira peut-être que ce n'est pas cela que l'on reproche
à Pilet mais ses déclarations dans son discours ou il parle de paix
Quelle que soit la tristesse qu'éprouve tout chrétien devant les ruines et les deuils accumulés, c'est pour nous, Suisse, un profond soulagement de savoir que nos trois grands voisins s'acheminent vers la paix (dans son discours du 25 juin 40)

C'est évidemment sur le mot "paix" qu'il faut revenir et sur le contexte. Ce mot paix selon moi ne signifiait pas du tout que la défaite et l'occupation des pays européens lui était favorable mais simplement que les souffrances de la guerre, telles qu'elles avaient été vécues, prenaient fin.
Et si l'on imagine que Pilet était favorable à l'Allemagne il faut alors souligner un fait que je tiens de source sûre:
Lors d'une séance du Conseil fédéral, aussitôt après la défaite de la France, plusieurs Conseillers montraient une mine...défaitiste, se demandant s'il ne fallait pas conclure alors un accord avec l'Allemagne. Ce qui serait revenus à une occupation allemande comme au Danemark ou pour le moins au libre passage de la Wehrmacht comme en Suède. Or Pilet leur répliqua: rien n'est fini, n'oubliez pas la Grande-Bretagne qui combattra et résistera jusqu'au bout !
Seulement voilà, cette réplique est connue par des historiens mais jamais divulguée car elle irait à l'encontre de l'image négative de la personne, que l'on tient à préserver.

Theo Tschuy tape sur Pilet mais reste bien silencieux par exemple sur le financement des 72 maisons-refuges achetées à Budapest pour loger les réfugiés. Qui a payé ? En fait on ne sait quasimment rien sur le rôle exact de Pilet, on sait seulement que les Britanniques, dont la Suisse représentait les intérêts en Hongrie, avaient demandé au gouvernement suisse d'intervenir en faveur des juifs. L'ambassadeur Jaeger, le chef de Lutz, approuvait totalement l'action du consul, ce qui signifie donc clairement que l'on n'avait pas nommé un ambassadeur antisémite. Qui est "on" ?

En conclusion il faudra bien qu'un jour on comprenne en Suisse qu'une biographie sur Pilet s'impose si l'on veut avancer un peu dans cette histoire compliquée.
J'ai aussi remarqué à la bibl. uni que de nombreux livres en allemand étaient sur le rayon traitant cette histoire. Tous ces livres n'étant pas traduits, on a donc l'histoire du pays divisée.

*** / ***

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