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Edition du 27 mai 2010 à 13h37

l'appel du 18 juin 1940 / François Delpla

En réponse à -4 -3 -2
-1bloc de Bertrand H

Scrogneugneu ! de françois delpla le jeudi 27 mai 2010 à 09h09

Vous allez devoir me pardonner ma véhémence mais à travers vous j'ai de gros bonnets politiques et journalistiques dans mon collimateur.

De Gaulle a en juin 40 des mérites patriotiques immenses, et les isolés qui se mettent en marche vers son étoile, plus encore.

Ces mérites, si on regarde le dessous des images pieuses, ne sont pas ternis, mais considérablement amplifiés.

Car le renversement de conjoncture de 1945 n'était pas seulement regardé comme impossible par Pétain et les compassés (en un mot ou en deux) de son entourage. Il était vu comme une utopie dangereusement irréaliste par tout ce que les grandes capitales comptaient de cerveaux compétents.

Pour agir ou penser autrement il fallait, en effet, un peu plus que de la compétence. Un grain de folie, une aptitude au pari, un instinct permettant de flairer que le nazisme était inacceptable et que tout, même la mort, valait mieux que son triomphe absolu après un sans faute : car c'est ce qu'aurait signifié le rétablissement de la paix en juin 1940.

La résistance de De Gaulle s'est donc faufilée par un trou d'aiguille... dans le sillage de celle de Churchill.

L'affiche "A tous les Français" placardée sur les murs de Londres début août est le plus vrai des faux.

Reprenons : de Gaulle quitte Bordeaux au plus vite après la formation du gouvernement Pétain, pour lancer depuis Londres un appel à lui désobéir, en direction des Français en général et des gouverneurs de colonies en particulier. Spears a obtenu par téléphone un accord de Churchill sur ce point. Le premier ministre reçoit les deux voyageurs à Londres le 17 en début d'après-midi... et il n'est pas question d'un appel ce jour-là (un gros mensonge franco-britannique, maintenu jusqu'aux années 1980, prétendant que c'est parce qu'on ne sait pas encore que Pétain a demandé l'armistice alors que la planète est sous le choc du "il faut cesser le combat" de 12h 30, immédiatement connu du cabinet de Londres alors en réunion).

L'appel est finalement émis le 18 à 22h après une discussion pleine de rebondissements (que tout le monde a tus et que l'historien doit reconstituer comme un puzzle très incomplet) et sur le texte de l'émission, et sur son principe même.

Le texte n'est pas sorti indemne des tractations. De Gaulle a dû dire au micro que Pétain recherchait un armistice "dans l'honneur". La bagarre continue dans la nuit et accouche, dans les journaux anglais du 19, d'un texte un peu moins monstrueux, qui deviendra canonique (à un ajout près, effectué début août). Mais ce texte induit jusqu'à nos jours des analyses grandement fausses, suivant lesquelles ce saint-cyrien attardé n'avait pas encore achevé sa mue en homme politique et voyait la situation uniquement sous l'angle d'une guerre à poursuivre outre-mer : d'où son appel à le rejoindre en Angleterre, comme s'il se moquait désormais du sort de la métropole.

En fait, de Gaulle, comme le suggèrent une esquisse de son appel datée du 17 et surgie en 1988, mais aussi tout ce qu'il dit à Spears, et la logique même de son refus immédiat de collaborer avec Pétain, pratique dès le début (c'est-à-dure le 16 juin au soir) une rupture politique et a vocation à prendre la tête de la nation elle-même, s'il ne se trouve au-dessus de lui quelque Reynaud ou Mandel pour franchir le pas.

Les nouveaux discours qu'il prononce à partir du 22 juin sont destinés à faire passer, par petites touches, les idées qu'on l'a obligé à dénaturer, à édulcorer ou à dissimuler le 18. Mais comme cette date est bel et bien celle d'une rupture politique capitale, prouvant que ce que fait Vichy n'engage en rien la France, il va falloir amener du renfort ! C'est-à-dire (que celui qui a toujours joué la transparence dans les communiqués du temps de guerre lui jette la première pierre !) de faux documents dévoilant ce qu'il pensait et a été empêché de dire. Ce sera la fonction d'un appel dit du 19 juin (dont je n'ai pas trouvé pour l'instant de trace antérieure à 1941) disant qu'il n'y a plus de pouvoir à Bordeaux... et de cette fameuse affiche d'août proclamant que l'armistice a été signé par "des gouvernants de rencontre". Personne n'osera prétendre qu'elle a été placardée en juin, mais les récits diront vaguement : "en juillet". Cependant sa fonction est clairement, dès le début, de se substituer à l'appel, dont elle ruine les pudeurs. Et dans un certain nombre de cas, elle sera reproduite en portant en bas à gauche la date du 18 juin.

Cette ruse de guerre devient, après le 8 mai 1945, une pure et simple imposture. Et celle-ci n'a pas, à ma connaissance, été commise dans une seule publication dont on puisse attribuer la responsabilité au Général. Il s'est certes refusé, tout comme Churchill, à publier un récit vrai des événements : cela nous renvoie aux limites de la victoire de 1945, de ses procès, de ses épurations et de ses premiers historiens de tous bords, qui s'attardèrent plus volontiers sur les fauteurs de violences directement homicides que sur les décideurs qui, à travers le monde entier, avaient tendu devant les pas de Hitler en juin 1940 la carpette de leur résignation.

Mais enfin, Clio a tout son temps et aura le dernier mot ! Et quand cet objet historique encore enfoui, le désespoir planétaire du milieu de 1940, aura enfin été dégagé, il y aura aussi à écrire l'histoire de 70 ans, au moins, de dérobades. La mauvaise action des postes françaises en 2010, donnant pour la première fois en temps de paix une caution officielle à la datation en juin d'un texte d'août, figurera en bonne place dans le palmarès des semeurs de brouillard.

Il reste à se mobiliser tous ensemble pour que cette forfaiture soit la dernière, et acquière le statut d'un chant du cygne.

*** / ***

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1 s'il ne devait y en avoir qu'un... de 13emeDBLE 27 mai 2010 12h06
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